Chapitre 5

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ROSE

AUJOURD'HUI

Lorsque j'ouvre les yeux, les rayons du soleil filtrent à travers les fins rideaux blancs de ma chambre. Je cache mes yeux de mon avant-bras pour atténuer la brûlure.

Je ne doit pas me rendre à l'hôpital aujourd'hui et je n'ai aucune idée de ce que je vais bien pouvoir faire de ma journée. Je devrais être en train de faire des études, comme toutes les personnes de mon âge. Me réveiller le matin à l'aube et être angoissée à l'approche des examens.

Mais ma vie n'a plus aucun sens, alors je ne parviens pas à trouver la motivation ou même l'ambition de commencer quoi que ce soit. De toute façon je ne finis jamais ce que je commence. J'ai des dizaines de projets en suspens, et je ne fais rien pour leur faire voir le jour.

Comment est-on censé faire pour construire quelque chose lorsque nous n'avons plus rien ?

***

Je finis par me lever et avale un maigre petit déjeuner. La solitude est le meilleur allié que je possède. Elle me permet de ressentir véritablement les choses ; de faire en sorte que ma peine soit profonde et sûre. Oui, sûre. Il n'y a que cela de permanent dans ma vie, fidèle.

Je me demande ce que fait ma soeur à cet instant. Ainsi que mes anciens amis. Sont-ils toujours là ? Ont t-ils déménagés ? Pensent t-ils à moi comme je le fais quand la nostalgie s'empare de moi et me plonge dans un abîme si familier ?

J'en ai assez de me poser ces mêmes questions chaque jour, à chaque heure. Mais comment les retrouver ? Je ne sais absolument pas comment retrouver ma famille... Cela fait plus d'un an que je vis seule dans cet appartement trop grand. C'est la seule chose qu'il m'est resté de ma famille.

Au bout de quelques heures occupées à errer entre ma chambre et la cuisine, vidant tous les placards, je décide de prendre une douche et sortir faire un tour.

Je me retrouve Ile Saint Louis et arpente les petites ruelles en laissant le brouhaha ambiant me bercer et couvrir les bruits de mon esprit, trop présent.

En face de moi, les quais de la seine. Je m'y installe et laisse le soleil me réchauffer la peau.

Sur le chemin du retour, je décide que cette balade deviendra une habitude, un rituel. C'est bien la première fois depuis des mois que je décide réellement quelque chose. Bizarrement, cela me fait un bien fou.

Mes heures, tes joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant