AIDEN
AUJOURD'HUI
J'ouvrais la portière avant de la voiture de Sam et m'installais sur mon siège, déboussolé.
- Alors ? me demanda Léo en agrippant mes épaules depuis le siège arrière, derrière moi.
- Alors... j'ai son numéro, dis-je.
- Heureux de voir que tu n'as rien perdu de ton charme d'antan ! se moqua Léo.
- Est-ce que tu te sens mieux, maintenant que tu as pu discuter avec elle ? me demanda plus sérieusement Sam.
- Oui, mais j'ai encore beaucoup de chose à savoir, lui répond-je.
Il hocha la tête en signe de compréhension et redémarra la voiture. Au même moment, je reçu un appel de Sophia.
J'hésitais un instant à répondre, j'avais encore la tête ailleurs après ma rencontre avec Rose. Et puis, j'étais toujours un peu mal à l'aise en voiture, aussi décidais-je de laisser sonner sans répondre. Je la rappellerai une fois chez moi.
Sam remarqua mon geste et me demande :
- Tu ne réponds pas ?
- Ce n'est pas important, réponds-je alors.
En effet, Sophia n'était plus ma priorité désormais.
J'envoyais un message à ma mère pour la prévenir que je n'allais pas tarder à rentrer, et que j'avais rencontré Rose. Elle me répondit rapidement en me demandant de tout lui raconter.
Son message me fit sourire, j'étais heureux de voir que ma mère me soutenait dans n'importe lequel de mes choix. Et malgré mon obsession étrange pour cette fille depuis des mois, j'avais le sentiment que ma mère comprenait.
La vie m'avait offert une deuxième chance, j'allais en profiter au maximum mais avec une certaine retenue. Je ne voulais pas réitérer mes erreurs passées, à enchainer les soirées et surtout les filles sans même me préoccuper une seule de seconde de ce que mes prétend pourraient bien en penser. Auparavant, je n'avais aucune limite. La seule personne qui me maintenait à peu près en laisse était Sophia, mais j'avais finis par la faire fuir elle aussi. Bien que quelques instants avant l'accident j'étais décidé à retourner vers elle, tout avait changé désormais. J'avais changé, mes repères aussi.
Je voulais me rapprocher de ma famille, et devenir quelqu'un de bien. Cette année avait été difficile en tout point, mais maintenant que j'avais enfin atteint mon objectif, je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin.
Cette fille, Rose, avait l'air aussi abattu que moi quelques mois plus tôt. Je voyais bien qu'elle se sentait coupable et qu'elle était écrasée sous le poids de la culpabilité. J'avais envie de l'aidée, de la sauvé d'elle même.
Perdu dans mes pensées, je n'avais pas remarqué que Sam avait coupé le moteur, garé en bas de chez moi.
- Merci, mon pote. On se voit ce soir, comme prévus ?
- Ça marche, me répondit Sam.
- Rentrez-bien ! dis-je à l'intention de mes meilleurs amis en sortant de la voiture.
***
Je suis un peu surpris de voir mon père un samedi en pleine après-midi. D'habitude, il ne finit pas le travail avalant 20 heures.
- Papa ? qu'est-ce que tu fais là si tôt ? lui demandé-je en arrivant chez moi.
- Ta mère m'a parlé de ton projet, et j'estime qu'il est de mon devoir de me tenir informé de tes faits et gestes, mon grand, me répond t-il.
Ah... mon père et son lexique de cadre commerciale... Rose n'était pas qu'un simple projet...
- Très bien, lui dis-je en riant devant son air sérieux. Maman est là ?
- Je suis là, mon chérie, dit ma mère en nous rejoignant.
- Super, bon, je vais tout vous raconter, commençais-je.
Ma mère avait un léger sourire sur les lèvres et mon père semblait gêné. Il n'est pas de nature très bavarde mais je vois bien qu'il essaie de faire des efforts depuis quelques mois. Il ne sait simplement pas comment s'y prendre.
Je raconte à mes parents ma rencontre avec Rose, l'émotion, sa surprise, sa tristesse, sa culpabilité. Je leur explique que je vais surement la revoir puisque on doit encore se parler elle et moi. Je leur dit également pour la photo de son frère, posée au milieu de ce qui semble être son seul lieu de recueillement ainsi que la situation plus que désastreuse avec sa famille.
Peut-être que ses parents ont aussi refusé qu'elle aille sur la tombe de son frère ? Non, ça ne peux pas aller si loin...
Je perçois la pitié dans leur regard, le même que Sophia et mes deux meilleurs amis la première fois qu'ils m'ont revus. Sophia, merde... Il faut que je l'a rappelle.
- Aiden... je te soutiendrais quoi que tu fasses, me dit ma mère.
- Nous te soutiendrons toujours, renchérit mon père.
Je ne m'étais jamais sentis aussi serein et soulagé. J'avais pris le bon chemin.
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Mes heures, tes jours
Jugendliteratur*** CONTENU MATURE 🔞*** Rose, tout juste 20 ans, n'a plus vraiment de vie social ou de cercle d'ami. Et pour cause, même sa famille lui a tourné le dos. Elle est bénévole dans un hôpital et ce travail est presque la seule chose qu'il lui reste. Ce...
