Chapitre 33

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ROSE

AUJOURD'HUI

Alors que j'étais prête à m'offrir à lui, Aiden brise cet instant magnifique et me dit finalement d'aller me préparer pour aller rencontrer ses parents.

Je suis un peu déçue mais en même temps très heureuse. Il ne va pas me fuir, même après tout ce que je lui ai révélée.

Je ne me suis pas sentis aussi bien depuis longtemps. Il m'accepte comme je suis, et j'adore ça.

Dans la douche, je me lave de cette terrible soirée. J'ai toujours une descente impressionnante, mais je supporte moins les lendemains de cuite qu'avant.

L'eau brulante me réchauffe, m'apaise. Je laisse couler l'eau sur moi et lève le visage vers le jet.

J'étais dans état si piteux cette nuit que ma bonne humeur actuelle m'étonne. Tout ça grâce à Aiden...

Je me rappel alors son corps pressé contre le miens, ses bras autour de moi, réconfortant. J'étais si mal en point que je n'ai pas perçu la portée assez indécente de ce rapprochement, mais ce matin... ce matin état différent.

J'étais prête, j'en avais envie. Comme pour le remercier de m'avoir épaulé toute la nuit, de sa présence, de son aide. Peut-être qu'il n'a pas envie de moi, tout simplement. Je me fais peut-être des films, mais je suis sur qu'il ressens exactement la même chose que moi. Un mélange d'affection, de douleur, d'envie et d'amitié. Et surtout beaucoup d'envie.

Oui, j'ai très envie de lui...

En parlant du loup, j'entend la porte de la salle de bain s'ouvrir et sa voix légèrement étouffée retentir.

- Tu as bientôt finis ? ça doit faire 20 minutes que tu es la dedans, plaisante t-il.

- Oui, presque, dis-je en souriant.

J'aperçois sa silhouette à travers la porte de douche légèrement flouttée, il est devant le lavabo, sans bouger. Il fat quelques mouvements mais je n'arrive pas trop à voir ce qu'il fait.

Je me mords la langue pour éviter de dire une bêtise, de lui dire de me rejoindre dans cette douche. Je ferme les yeux, sert fort, et me retiens.

Lorsque je réouvre les yeux, la silhouette d'Aiden a disparu.

Je relâche la pression et pousse un gros soupir.

La journée risque d'être très intense.

***

Aiden et moi prenons le métro pour nous rendez chez lui.

Je suis angoissée à l'idée de rencontrer ses parents, mais Aiden m' assuré qu'ils étaient impatient.

J'espère qu'ils vont m'apprécier.

Ma propre mère ne m'aime plus, alors la moindre des choses serait que la mère d'Aiden, elle, apprenne à m'aimer.

- Eh, calme toi... me dit Aiden en posant sa main sur la mienne.

- J'essaye, lui dis-je.

- Tout va bien se passer.

Je hoche la tête, je lui fais confiance.

Lorsque nous arrivons devant la porte d'entrée, tout mon sang quitte mon cerveau et je ne sais plus quoi faire de mes bras ni de mes jambes.

Il ouvre la porte et j'ai soudain envie de m'enfuir en courant, mais avant que j'ai pu essayer, Aiden attrape mon bras et m'invite à entrer.

Nom de Dieu.

Sa mère émerge du couloir et arrive dans l'entrée. Elle est plutôt petite et ressemble comme deux gouttes d'eau à son fils. Je l'apprécie de suite. Son père lui à l'air dur, mais je vois que son sourire est sincère.

Ils m'attendaient et ils ont visiblement réellement envie de me connaitre.

Bien, il est temps de montrer qui tu es, Rose.

Bonjour, dis-je à l'intention des parents de Aiden.

- Rose, je ravie de vous rencontrer enfin ! me dis Madame Garland.

- Il en est de même pour moi, dis-je poliment.

Aiden sourit et je me sens soudain mal à l'aise. Ils m'invitent à enlever ma veste et me propose à boire. Je m'installe dans le salon et Aiden s'assoit à côté de moi.

- Tu es magnifique, me dit-il en chuchotant.

- Alors, Rose. Parle moi de toi, bien que Aiden nous ai parlé de toi pendant des jours, j'aimerais entendre ta version.

Un instant, mon sang se glace dans mes veines. Ma version ? Que veut-elle dire ? Elle veut que je lui raconte l'accident ?

Je commence à paniquer, et elle a du s'en rendre compte car elle reprend :

- Qu'est ce que tu fais dans la vie ?

- Je... je viens de commencer mes études, je fais une double licence droit-gestion, répond-je.

- Oh, ça m'a l'air interessant. Mon mari pourras surement discuter avec toi d'économie d'entreprise et de tout un tas de chose auxquelles je connais rien, plaisante t-elle.

- Ah oui ? il travail en entreprise ?

Quelle question idiote.

En fait, je suis. dirigeant de ma propre entreprise, intervient justement celui-ci.

- Je vois, dis-je.

- Et à part ça, que fais-tu d'autre ? me demande t-il.

- Papa, intervient Aiden.

J'ignore Aiden et répond :

- Pas grand chose, à vrai dire avant de rencontrer votre fils, ma vie était un peu en suspend... avoué-je.

Monsieur Garland hausse un sourcil et je sens qu'il veut entendre de ma propre bouche tout ce que lui a déjà dit son fils.

- Après l'accident, comme vous le savez surement déjà, j'ai du partir de chez moi pour aller vivre ailleurs, seule. Je me suis isolée de tout mon entourage et je passais le plus clair de mon temps à l'hôpital en tant que bénévole au service d'oncologie de l'hôpital Georges-Pompidou. J'ai du arrêter une fois que j'ai repris mes études. Et entre temps, j'ai revu quelques amis, et j'ai rencontrer votre fils, dis-je en regardant Aiden.

 Pourquoi avoir choisis ce genre d'activité ? me demande à nouveau le père d'Aiden.

- Je ne sais pas trop... un besoin de me sentir utile, de me faire pardonner...

- Tu sais, nous ne t'en voulons pas, me dit soudain la mère d'Aiden.

Aiden pose sa main sur le bras de sa mère et lui sourit.

- Aiden nous a tout raconté, renchérit son père.

Une vague de bonheur déferle en moi, et entendre ça de la bouche des parents de Aiden me fait un bien fou. Au fond de moi, je sens que quelques chose vient de se réparer.

Oui, je suis sur la bonne voie.

Mes heures, tes joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant