Chapitre 7

1.9K 98 0
                                        

ROSE

 AUJOURD'HUI

Je n'avais aucune envie de rester cloitrée chez moi ce soir.

Ça fait longtemps que je ne sors plus vraiment, mais je décide aujourd'hui d'aller m'installer dans un petit café un Saint Paul, un des quartiers que je préfère de Paris.
Quelle que soit l'heure, il y a toujours du monde et du mouvement.

Des gens ris, discutent, se disputes, et moi je suis là, à les regarder. À espionner une infime partie de leur vie, et je les envies.

Puis un visage familier apparaît devant moi, et mon coeur marque un arrêt.

- Rose ! J'y crois pas, c'est bien toi !
Un grand homme dégingandé s'approche de moi avec l'air de celui qui vient d'apercevoir une chose extraordinaire.
Je le connais, je le connais, je le connais...
- Comment tu vas ? Je pensais que tu n'habitais plus à Paris ! Tu avais disparu ! me dit-il.
Comment s'appelle t-il, comment s'appelle t-il, comment s'appelle t-il...
- Ça fait un bail ! Je suis trop content, je vais dire ça à Marie, elle va rappliquer de suite, putain !
Noah et Marie, les inséparables. Je me souviens, maintenant !
- Noah ! Je vais b...  bien, et toi ? bégayais-je.
- Parfaitement ! Ça fait vraiment plaisir de te revoir, Rose. Maris m'a dit qu'elle arrivait dans 5 minutes ! Elle va être dingue en te voyant ! Je peux m'asseoir avec toi ? Ou tu attends quelqu'un, peut-être... me demande t-il
J'ai eu envie de rire.
- Non, non. Tu peux t'asseoir ! répondis-je.
- Super ! Alors raconte, qu'est-ce que tu deviens ?
- Eh bien, rien de très passionnant en fait... je suis bénév...
- Putain, j'y crois pas ! Rose !
Je suis coupée par l'arrivée en trombe de Maris qui me saute dessus.
- Quoi ? Tu me prends pour un menteur, maintenant ? dis Noah.
- Non mais cette fille avait carrément disparus de la circulation, OK ? Et puis, je m'attend à tout avec toi - elle se retourne vers moi - je peux prendre un verre avec toi ? me dit-elle.
- Bien-sûr, oui. J'étais en train de dire à Noah que je faisais du bénévolat dans un hôpital depuis 1 an maintenant et que je vivais toujours à Paris, repris-je.
- Ah ouai, c'est plutôt cool. Tu as pas repris tes études alors, depuis... hum... l'année dernière ?
Oh non, on arrive au sujet que je veux éviter à tout prix... la raison pour laquelle je ne parle plus à personne, la raison pour laquelle j'ai coupé les ponts avec toutes les personnes que je connaissais... Tout le monde sait ce que j'ai fais...
- Non... heu... j'ai... pas encore... repris mes études, dis-je. Mais c'est prévus ! Dans quelques mois, sûrement ! Et vous, alors ? je demande, surtout pour détourner leur attention de moi.
- Je suis toujours à l'ESAA, dis Noah.
Ah oui, son domaine à lui, c'est l'art.
- Et moi en école d'architecture, me dit Marie.
- Wouah, c'est génial, je leur répond.
- Toi qui étais si forte en maths ! Jamais vu ça ! me lance Noah.
Je ris et lui réplique que je n'ai rien perdu de mes talents.

On reste assis là, dans le quartier où j'ai passé toute mon adolescence avec deux de mes plus proches amis d'avant.

Et ça fait un bien fou.

***

La nuit est déjà bien ancrée dans le ciel lorsque je décide de rentrer. Je n'ai plus l'habitude de sortir si bien que je suis déjà épuisée.
- Tu veux qu'on te ramène ? me propose Marie.
- Non merci, ça ira, dis-je. Je suis à 10 minutes à peine à pied.
- OK, comme tu veux. Tu as bien enregistré mon numéro ? me demande t-elle.
- Oui - je me tourne vers Noah - et le tiens aussi.
- C'était vraiment cool de te revoir, on devrait vraiment se revoir, tous ensemble... me dit Noah.
Je hoche la tête et souris. Peut-être que ce serait sympa...
- Alors à bientôt ? je lance.
- Avec plaisir, Rose.

J'arrive chez moi dans un état qui m'est étranger. Je suis à la fois excité et soulagée de voir que mes anciens amis le sont en fait peut-être toujours, et je suis effrayé de devoir reprendre cette vie là...
Je suis sur que quelqu'un d'autre, si ce n'est pas Noah ou Marie, voudra me poser des questions sur ce qu'il c'est passé, sur ce que j'ai fais. Et si cette situation se présente, je ne sais pas quelle réaction je pourrais avoir. Je suis même terrifiée face à cette probabilité.

Que dois-je faire ? Je ne peux pas rester enfermé ici, à ne rien faire. Je me suis tellement coupé du monde que je doutais presque qu'il se souvienne de moi.
Mais serais-je capable de laisser ma solitude et ma culpabilité de côté ? La vrai question est plutôt de savoir si je suis prête à le faire ou non.

Mes heures, tes joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant