AIDEN
AUJOURD'HUI
Le lendemain de ma rencontre avec Rose, j'étais d'une humeur extraordinaire. Même si j'avais toujours mal à la jambe, je sentais que la rééducation fonctionnait. J'étais en forme, mentalement et physiquement.
J'avais passé trois ou quatre mois un peu compliqué, à ma sortie du coma, mais j'ai su relever la tête assez vite, ne voulant pas laisser la frustration d'avoir perdu six mois de ma vie m'envahir. Il y a plus grave dans la vie, et après tout, j'étais bel et bien vivant.
J'avais retrouvé mes amis, et cela me comblait largement.
Alors que cherchait quelle université je pourrais intégrer à la rentrée prochaine, ma mère entra dans ma chambre.
Installé à mon bureau, je sentais sa présence juste derrière moi. Elle devait fixer mon écran d'ordinateur.
- Je ne savais pas que tu voulais reprendre tes études, mon chéri.
- L'année prochaine seulement, mais oui... il faut bien que je fasse quelque chose de ma vie... lui dis-je.
- Quel domaine t'intéresserait ? me demanda t-elle.
- Je ne sais pas trop... tout dépend de mon dossier, puis je ne sais pas trop ce qui me plait vraiment.
- Tu as le temps d'y réfléchir, tu es un jeune homme intelligent, tu trouveras, me rassura t-elle en se mettant face à moi.
- Je pourrais peut-être trouver un petit job histoire de m'occuper cette année, non ?
- C'est une excellente idée ! se réjouis ma mère. Mais fait attention tout de même, avec ta jambe. Ne choisis pas quelque chose de trop fatiguant...
- Ne t'en fais pas, maman. Je pourrais demander à Sophia de...
Merde, Sophia. J'ai oublié de la rappeler.
Ma mère fronça les sourcils et se mit à rire.
- Bon, je te laisse mon grand, j'ai des choses à faire ! me dit-elle.
Elle quitta ma chambre et je me mis à chercher mon portable pour rappeler Sophia, elle va être en rogne contre moi.
Je composais son numéro et attendit qu'elle réponde, stressé.
- Allo ? entendis-je enfin.
- Sophia, excuse moi de ne pas t'avoir rappelé plus tôt, j'étais occupé et j'ai oublié de...
Je laissais ma phrase en suspend, remarquant que Sophia n'était pas seule, j'entendais des rires derrière elle.
- Qu'est-ce qu'il y a ? me demanda t-elle en voyant que je ne parlais plus.
- Tu m'as appelé hier, lui dis-je d'un ton plus froid.
- Ah, oui ! je voulais te parler de quelque chose... tu es libre aujourd'hui ?
- Oui, je n'ai rien de prévus.
- OK, je peux passer chez toi dans l'après-midi ? me demanda t-elle d'un ton enjoué.
- OK, à plus, répondis-je.
Je raccrochais, légèrement tendu. J'avais un mauvais pressentiment.
***
Sophia arriva chez moi en fin d'après-midi. Mon père ne travaillait pas le dimanche, encore heureux, et faisait une sieste dans sa chambre. Ma mère n'était toujours pas rentrée.
Elle était vêtue d'une robe légèrement épaisse qui lui arrivait sous les genoux, moulant chaque centimètre de son corps. Je tiquais un instant sur sa tenue, puis me rappelait que je n'avais plus vraiment mon mot à dire.
- Tu es très belle, lui dis-je.
- Oh, merci... répondit-elle, gênée.
Je remarquais tout de suite que quelque chose avait changé. Elle n'étais pas gêné du compliment que je lui avais fais, elle était gêné qu'il vienne de moi.
- Tu voulais me parler de quoi ? m'impatienté-je.
On s'installa sur mon lit, celui la même où l'on avait couché ensemble des dizaines et des dizaines de fois. Tout à coup, l'ambiance devint oppressante. On était mal à l'aise tout les deux.
- Avant ton accident, comme tu le sais, on s'est quitté. Et, quelques mois plus tard, alors que tu étais encore dans le coma, j'ai rencontré quelqu'un, me dit-elle.
Je le savais, au fond. Je m'en doutais. Sophia n'aurait jamais pu rester célibataire aussi longtemps. Cela me fait tout de même un petit pincement au coeur. Il n'y avait définitivement plus rien entre nous, même si j'avais espéré le contraire en me réveillant du coma. Mais plus rien n'était pareil aujourd'hui. Aujourd'hui, j'avais rencontré Rose.
- D'accord, et bien, je suis heureux pour toi, lui répondit-je.
Sophia parut étonnée de ma réponse.
- C'est tout ? Tu es heureux pour moi ? laisse moi deviner, tu me souhaites tout le bonheur du monde ?
- Que veux-tu que je te dise ? On est séparé, tu fais ce que tu veux, Sophia.
Elle se mit alors à rire, un rire amer.
- Toi aussi, c'est ça ? Tu as rencontré quelqu'un toi aussi ? elle avait des éclairs dans les yeux.
- Non, absolument pas. Je n'ai pas du tout besoin de ça en ce moment.
- Ne me fais pas croire que tu as autant changé, Aiden. C'est dans ta nature !
Je ne comprenais pas vraiment ce qu'elle me reprochait à cet instant, mais son ton ne me plaisait pas, si bien que lui demandait de partir.
- Parfait, alors bonne continuation à toi, Aiden. J'espère que tu te rétablies bien, me répondit-elle.
- Tout va bien pour moi, merci, lui dis-je.
Elle quitta l'appartement sans même un dernier regard. Et cela ne me dérangea pas vraiment, au contraire.
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Mes heures, tes jours
Teen Fiction*** CONTENU MATURE 🔞*** Rose, tout juste 20 ans, n'a plus vraiment de vie social ou de cercle d'ami. Et pour cause, même sa famille lui a tourné le dos. Elle est bénévole dans un hôpital et ce travail est presque la seule chose qu'il lui reste. Ce...
