AIDEN
AUJOURD'HUI
Mon plan avait fonctionné comme prévus. Rose avait acceptée le dîner et Caroline semblait autant excité que moi à l'idée de pouvoir enfin arranger cette situation familiale désastreuse. L'idée du dîner venait de moi, et j'avais envoyé un message à Caroline pour qu'elle convainc sa mère de revoir Rose en ma présence, rien que pour une soirée.
Celle-ci avait acceptée, non sans beaucoup d'hésitation. J'espérais juste une chose, que tout ce passe bien. Parce que si le cas contraire se présentait, j'allais devoir avouer à Rose que l'idée venait de moi, et elle allait m'en vouloir à mort de l'avoir mit dans une situation délicate avec sa mère.
J'avais pris un taxi pour me rendre chez Rose, et je montais la chercher en ayant demander au taxi de m'attendre en bas.
Rose était magnifique, comme toujours. Elle avait laissé ses cheveux bouclés libres sur ses épaules et était un peu plus maquillé que d'habitude. Elle portait une jupe patineuse grise, un pull court légèrement plus clair et des baskets blanches à semelles assez épaisse.
Lorsque je croisais son regard, je vis tout de suite qu'elle était angoissée et qu'elle n'avait aucune envie d'affronter sa mère maintenant.
Mais je savais que si je ne l'y forçais pas un peu, jamais la situation ne s'améliorerais. J'étais à moitié sur de mon coup.
Elle enfila son long manteau et me prit la main.
Je l'embrassais avant de descendre rejoindre le taxi.
Une fois arrivé en bas de son ancien immeuble, je me plaçais devant elle.
- Rose, tout va bien se passer, lui dis-je.
- Comment peux-tu en être si sur ? me demanda t-elle, apeurée.
- C'est quand même ta mère, elle t'en veut peut-être, mais elle t'aime.
Elle pinçait les lèvres et me fit signe de la suivre.
- Vous voilà enfin, s'exclama Caroline quand elle nous ouvrit la porte de l'appartement.
Elle prit Rose dans ses bras et me fit la bise ensuite. Rose était tétanisée, je ne lui lâchais pas la main.
-Maman, papa, ils sont arrivés, cria Caroline dans l'appartement.
Monsieur et Madame Lauvret arrivèrent dans l'entrée avec un léger sourire sur les lèvres en me voyant. Ils étaient visiblement heureux que je sois là, et je me dis que j'avais bien fait de m'auto-inviter. Mais j'étais là pour Rose avant tout.
- Rose, bonsoir, lança son père en lui embrassant la joue. Tu es très belle, ma petite fille, dit-il d'un ton doux.
Sa femme lui lança alors un regard noir et ignora sa fille. Une petite dame aux cheveux tirés en arrière et à la tenue pour le moins confortable s'approcha de nous et nous pris nos manteaux.
- Bonjour, Carla, chuchota Rose.
Celle-ci lui fis un sourire et s'éclipsa.
- Installez-vous dans la salle à manger, je vais dire à la gouvernante de commencer à servir le repas, dit cette dernière.
Le petit groupe s'installa alors autour de la grande table de la salle à manger, sans un bruit. La pièce était très bien décorée, et bien agencée. Les grandes fenêtres laissaient la lumière du dehors pénétrer dans la pièce et la vue était absolument magnifique. La pièce avait conservé un atmosphère chaleureux, avec ses tapis et son lustre au plafond, nous englobant tous les cinq dans son sillage.
Monsieur Lauvret était en bout de table, j'étais à sa gauche et la place à droite de lui avait été laissé vide pour sa femme. Rose se trouvait à côté de moi et Caroline était en face d'elle. J'échangeais quelques banalités avec Monsieur Lauvret quand enfin, sa femme s'installa à son côté.
- Bien, dit-elle une fois assise. Comment vas-tu depuis la dernière fois, Aiden ? me demanda t-elle.
- Je vais bien, merci, lui dis-je.
- Tu peux remercier Caroline d'avoir repris contact avec Rose en secret, tu n'aurais jamais pu rencontrer Rose autrement, lança t-elle froidement.
- Maman, on en a déjà discuté, répliqua Caroline.
Elle fit un petit mouvement de tête et ne dit rien. Je remarquais que depuis notre arrivé, elle n'avait pas une seule fois regardé ou adressé la parole à Rose. Les choses allaient être plus compliqué que prévus.
- Vous saviez que Rose avait repris ses études ? Une double licence Gestion et Droit à la
Sorbonne, dis-je à l'intention de ses parents.
- C'est une bonne initiative, répondit sa mère.
- Est-ce que ça te plait ? demanda son père.
- Ou... oui, hésita Rose.
C'était le tout premier mot qu'elle prononça à l'attention d'un de ses parents depuis que nous étions arrivé.
L'entrée fut servis et le silence régnait dans la salle à manger.
Caroline brisa enfin le silence une fois le plat servis en racontant à son père son dernier projet professionnel. Je sentis Rose mal à l'aise à mon côté, je pris sa main sous la table et la ramena sur ma cuisse. Elle me lança un regard timide et bu une gorgé de son eau.
- Tu bois de l'eau, maintenant ? demanda alors sa mère.
- Maman, lança fermement Caroline.
- C'est une question comme une autre, répondit-elle.
- Je ne bois plus depuis plus d'un an, maman, dit calmement Rose.
- Bien. C'est déjà ça.
- Si tu voulais bien me parler, tu le saurais déjà, renchéris Rose.
Madame Lauvret me lança un regard que je ne fus même pas en mesure de supporter.
- Excusez-moi, lança soudain Rose.
Elle s'était levée et avait quitté la table. Sa mère leva les yeux au ciel pour montrer son exaspération.
- Maman, tu pourrais faire un effort, dit alors Caroline.
Elle ne répondit rien.
- Je... je vais la voir, dis-je.
Je me levais et partait à la recherche de Rose, cet appartement était encore plus grand que le sien.
- Rose ? appelais-je.
- Je suis là, dit-elle d'une petite voix.
Je poussais une porte et la trouvait debout au milieu d'une chambre d'enfant visiblement, avec des murs bleu foncé, tous les jouets rangé proprement et le lit fait.
- C'est la chambre d'Ariel, dit Rose.
- Bébé... dis-je en m'avançant vers elle.
Je l'enlaçais et respirait l'odeur de ses cheveux.
- Je ne vais pas y arriver, Aiden.
- De quoi parles-tu ?
-Ça ! Moi, nous ! lança t-elle en se tournant vers moi.
- Ma mère est en train de me descendre, mon père fait comme si de rien n'était et moi je...
mon frère me manque tellement... termina t-elle. Je n'étais pas revenu ici depuis...
- Aiden, peux-tu nous laissé un instant s'il te plait ? entendis-je derrière moi.
Madame Lauvret rejoignais sa fille au milieu de la pièce et la fixa de ses yeux sombres.
- Bien sûr, dis-je en quittant la chambre. Je retournais m'asseoir à table avec Caroline et son père, essayant de trouver une sujet de discussion pour éviter de penser au fait que ma copine était en train d'affronter sa mère.
VOUS LISEZ
Mes heures, tes jours
Ficção Adolescente*** CONTENU MATURE 🔞*** Rose, tout juste 20 ans, n'a plus vraiment de vie social ou de cercle d'ami. Et pour cause, même sa famille lui a tourné le dos. Elle est bénévole dans un hôpital et ce travail est presque la seule chose qu'il lui reste. Ce...
