ROSE
1 MOIS PLUS TARD
- Tu comptes sortir de ce lit un jour ? me demanda Marie, un pain au chocolat à la main, à genoux sur mon lit.
- Hmmmm... grognais-je.
- Rose, faut vraiment que tu sortes de la, et que tu prennes une douche, ou peut-être même un
bain. Genre bien décrassant, tu vois le truc ? Avec une petite boule rose que tu fou dans
l'eau, pour sentir bon. Tes pas d'accord ?
- Hmmmm... grognais-je à nouveau.
- Tu sais, je connais pleins de gens qui ont des mères atroces, des vrais vipères. A côté, la
tienne est un ange, je te jure !
J'entendis l'interphone sonner et Marie se lécha les doigts avant de se lever pour aller ouvrir.
- C'est Noah ! dit-elle joyeusement en revenant s'installer avec moi sous la couette.
- Ça y'est, Marie ta convertie ? demanda Noah en arrivant dans ma chambre.
- Même si j'aimerai bien, toujours pas ! répondit Marie en riant.
- Vous devriez être habillée et vos valises bouclées, je vous signal. On a de la route à faire, dit-il en soulevant la couette pour aller la jeter par terre.
- Eh ! mais ça va pas bien ! il fait un froid de canard, lançais-je.
- On a que deux heures de routes, ça va ! renchéris Marie.
- C'est surement le dernier week-end de beau temps avant que le déluge arrive jusqu'à
l'année prochaine, je veux pas rater une journée pour rien ! Aller, les feignantes ! dit Noah en nous tirant par le bras, Marie et moi.
Nous retombons tous les trois en arrière et un fou rire nous prit tous.
- J'y vais... dis-je à mes amis.
- Je peux utiliser l'autre salle de bain ? demande Marie.
Je hoche la tête et celle-ci s'eclipse en sautillant de la chambre.
- Je vous attend dans le salon, me dit Noah.
***
Il nous restait à peu près une heure de route, sachant que j'avais dormis pendant toute la première heure.
Noah avait décrété qu'un week-end à Deauville nous ferais du bien. J'étais en vacances pour une petite semaine seulement, mais je n'avais pas moins de travail. J'avais donc convaincu Noah qu'un week-end me suffirait.
Je sortais doucement de mon sommeil et entendis soudain mon nom.
- Tu crois que Rose va s'en remettre ? je veux dire, ça fait quand même un mois et... elle est toujours au bout du rouleau.
C'était la voix de Marie. Je refermais les yeux et fis semblant de dormir.
- Il n'y a pas que ça... mais oui, je pense qu'avec le temps, elle ira mieux, répondit Noah.
- J'espère bien, ça me fait de la peine de la voir comme ça, dit Marie.
- Et moi alors, si tu savais... renchérit-il.
- Tu lui en as parlé, du coup ? demanda Marie.
- Non. Et je ne compte pas le faire. J'ai trop peur de perdre son amitié. Puis, je sais qu'elle
aime encore Aiden.
Le silence se fit et je fis mine de me reveiller.
- On est bientôt arrivé ? demandé-je innocemment.
- Encore une petite heure, me répondit Noah sans me regarder.
Je cherchais son regard pendant tout le trajet, mais il ne me regarda que une fois arrivé dans sa maison de campagne, quand il m'avait demandé quelle chambre je voulais occuper.
Après avoir ranger mes affaires dans les étagères encastrées dans le mur de ma chambre, je m'allongeais sur le lit à baldaquins visiblement plus vieux que moi et fermais les yeux.
Les évènements de ces derniers mois me revinrent en mémoire et je chassais les images qui défilaient dans mon esprit.
Non. Je t'interdis d'y penser.
J'avais beau m'empêcher de penser à lui, Aiden revenait toujours au galop dans mes pensées. De même que ma mère, son visage dur, son expression fermée et froide.
Ma souffrance était totalement différente que celle qui me rongeait il y a encore trois mois. J'avais d'abord pleuré la perte d'un membre de ma famille, je faisais face au deuil, grand et bien plus fort que moi.
J'avais ensuite encaissé le rejet de ma mère, fidèle à elle même, elle ne m'avait pas pardonné. Au contraire, elle avait profité de ma faiblesse et de mes aveux pour en remettre une couche, me rappelant que je ne referais jamais partie de sa vie.
Et puis finalement, j'en avais voulu à Aiden. Il avait débarqué dans ma vie morne et ennuyante, secoué le tout, et observer gentiment ce qui en était sortie.
Il m'avait, certes, beaucoup aidé. Oui, j'étais heureuse avec lui, dans cette nouvelle existence peuplé d'amour et d'amitié. Mais tout cela n'était pas pour moi, je ne le méritais pas et bien entendu, il avait fallu que Aiden se mêle un peu trop de mes affaires. Je lui en voulais, et en même temps je comprenais pourquoi il avait agis ainsi. Il voulait simplement m'aider. Me sauver.
Mais ce n'était pas son rôle. J'avais préféré ignorer ses appels et ses messages pour me concentrer sur moi, mon repentir.
Je savais que quoi qu'il arrive, Aiden et moi allions nous retrouvé. Mais pas tout de suite.
A la place, j'étais comme vidée, mon coeur n'avait plus rien à crier, mon cerveau avait bloqué toute émotion. Je me laissais vivre, attendant que le temps passe... et recolle les morceaux de mon corps, de mon coeur et de mon âme.
- Tu es sur que tu ne vas pas t'étouffer, avec toute cette poussière ? me dit Noah en entrant dans la chambre.
- J'aime bien cet endroit. C'est la chambre la plus reculé de la maison, lui répondis-je.
- Je crois bien que personne n'a jamais voulu dormir ici, dit-il en souriant.
- Et bien, j'inaugure cet endroit, alors.
Je me redressais et croisais mes jambes.
- On se fait un restau, ce soir ? Ensuite, on va au casino, me dit Noah.
- Biensur, les vices et l'argent sont tout à fait ce dont j'ai besoin, dis-je pour plaisanter.
- Tu n'es pas obligé de jouer, mais tu peux me regarder dépouillé ce putain de casino ! dit
Noah en me faisant un clin d'oeil.
Je riais et il vint s'installer à mon côté.
- Est-ce que tu vas bien ? me demanda t-il plus sérieusement.
- Je crois... je ne sais pas trop. Ca pourrait aller mieux, dis-je en hésitant.
- Tu ne veux toujours pas parler à Aiden ? me demanda t-il.
- Tu t'intéresse au devenir de ma relation avec Aiden, maintenant ? plaisantais-je.
- Je m'y intéresse seulement si tu as envie de m'en parler.
- Et bien, tu peux continuer de détester Aiden, dans ce cas là.
- Je ne le déteste pas, il a débarquer comme ça et toi, tu as tout de suite répondu à son
contact. Alors que moi...
Il y eu un silence, puis je repris:
- Et toi, quoi ?
- Rien, me dit-il avec un rictus sur les lèvres. Tu te lève, on va aller se balader, me dit Noah
en se levant de mon lit.
Je hochais la tête et il quitta la pièce.
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Mes heures, tes jours
Novela Juvenil*** CONTENU MATURE 🔞*** Rose, tout juste 20 ans, n'a plus vraiment de vie social ou de cercle d'ami. Et pour cause, même sa famille lui a tourné le dos. Elle est bénévole dans un hôpital et ce travail est presque la seule chose qu'il lui reste. Ce...
