Chapitre 39

829 60 0
                                        

AIDEN

AUJOURD'HUI

Quel connard, ce taxi.

Rose et moi avions quitté l'appartement de ses parents peu après la discussion entre Rose et sa mère. Son père avait proposé de nous ramener, mais Rose avait refusé. Humiliée, elle avait voulu quitter l'endroit le plus vite possible, et sans personne.
Mais je ne pouvais bien évidemment pas la laisser seule, et je devais bien rentrer chez moi, moi aussi.
J'avais appelé un taxi, sauf que Rose avait eu la bonne idée d'allumer une cigarette dans la voiture sans demander la permission au chauffeur. Il nous avait alors éjecté de la voiture alors qu'il ne nous restait que quelque minute avant d'arriver chez Rose.
Celle-ci ne m'avait d'ailleurs pas adressé la parole depuis que nous avions quitté l'appartement et je commençais vraiment à paniquer.
Ce que je redoutais était arrivé, et j'allais devoir assumer.
J'avais littéralement jeté Rose dans la gueule du loup. J'avais voulu bien faire et, au final, j'avais empiré la situation.
Nous marchions depuis quelques minutes quand je décidais de briser la glace.
- Bébé, je pensais vraiment que tout allait bien se passer, je suis désolé, dis-je.
Rose s'arrêta de marcher et se tourna vers moi. Elle était livide, le regard vide.
- Tu pensais, répéta t-elle avant de marquer une pose, que tout allait bien se passer ?
Je hochais la tête, ne sachant pas trop quoi répondre.
- Quand j'ai rencontré Quentin, je pensais que tout allait bien se passer. Puis quand je l'ai
quitté, j'ai aussi pensé que tout allait bien se passer. Quand mon frère s'est retrouvé encastré dans le pare-brise, j'ai continué de penser que tout allais bien se passer ! cria t-elle. Comment as-tu pu agir à ma place, concernant un sujet si sensible, Aiden ? Ma mère me hait ! Rien ni personne ne pourra changer ça ! Pas même ta gentillesse, ta bonté et ton amour !
- Rose, je voulais simplement t'aider...
- Je sais ! C'est bien ça le problème ! Quoi qu'il arrive, seule ou non, rien ne sera jamais
pareil... une larme solitaire roula sur sa joue, et mon coeur se serra.
Je comprenais parfaitement la signification de ses mots. Elle allait me quitter, retrouver sa vie solitaire, persuadé qu'elle ne méritait que cela.
- S'il te plait, laisse moi te raccompagner, lui demandé-je.
- Rentre chez toi, Aiden.
- Mais c'est toi, chez moi.
Elle me regarda, et je ne vis ni peine, ni regret dans ses yeux. Elle avait prit sa décision.
Rose me planta là, en plein milieu de la rue, seul.

Moi qui avait tout fait pour la trouver, la sauver, voilà qu'elle me quittait comme un malpropre.
Pendant une seconde, je m'imaginais une vie où Rose n'existait pas, ou je ne l'avais jamais retrouvé, et je maudissais ce monde imaginaire.
J'étais tombé amoureux d'elle, cette fille brisée et magnifique. Mon erreur était que j'avais essayé de la sauver, alors qu'elle devait se sauver elle même.
Pour cette raison, je ne la suivais pas. A la place, je pris mon portable et appelait Sam pour qu'il vienne me récupérer.
Ce soir là, j'étais finalement rester chez mon ami, ressassant cette soirée encore et encore. Me remémorant chaque seconde que j'avais passé avec Rose. Ces quelques semaines où j'avais appris à la connaitre, à l'apprivoiser, à gagner sa confiance.
Mais je pouvais me battre encore et encore, jusqu'à en perdre mon souffle, perdre mon âme et faire imploser mon coeur, Rose avait besoin de s'en sortir seule. Sans cela, notre relation était vouée à l'échec.

En fixant le plafond, allongé sur un matelas trop fin, je me promis de laisser Rose, pour mieux la retrouver par la suite.

Mes heures, tes joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant