Chapitre 32

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AIDEN

AUJOURD'HUI

Je me réveillais avec des courbatures atroces.
J'avais dormis dans une position inconfortable pour permettre à Rose de ce blottir toute la nuit contre moi, essayant de calmer ses sanglots.
Cette nuit a été éprouvante, longue et absolument magique. Rose s'est enfin confiée à moi, entièrement.
Je redoutais un peu ce moment où j'allais enfin tout savoir des circonstances de l'accident et de Rose elle même, j'avais peur qu'ensuite mon intérêt pour elle s'évapore. Mais c'est tout le contraire.

J'admire cette femme, sa force et ses peurs. Je comprend mieux son comportement maintenant. Et j'ai tout sauf envie de sortir de sa vie. On s'est beaucoup rapproché ces dernières semaines, mais cette nuit à tout changé.
Je l'ai véritablement découverte, son esprit et son âme.
J'ai envie d'aller voir sa mère et de lui crier qu'elle a fait une terrible erreur en rayant Rose de sa vie. Tout ce dont Rose a besoin, c'est d'un peu d'amour pour lui prouver qu'elle existe. Sa souffrance est telle que je ne peux la supporter, mais je ne compte pas partir.

Bien au contraire.

La vie a fait que nous nous sommes croisés, pour rien au monde je ne reviendrais à ma vie sans Rose. Et quelque part au milieu de cette nuit de pleure et de souffrance, de partage et de souvenirs, je suis tombé amoureux d'elle.

***

Rose se réveil avec une tête à faire peur.
Elle prend un cachet et je lui prépare son petit-déjeuner pour lui éviter de sortir du lit. En ce dimanche matin ensoleillé, les yeux encore rouges et le nez gonflés, je la trouve resplendissante.
- Tiens, fait attention c'est chaud, lui dis-je en tendant à Rose une tasse fumante et une
assiette de tartine de Nutella.
Rose ne dit rien et me sourit.
- Comment te sens-tu ? lui demandé-je.
- Comme quelqu'un qui s'est bourré la gueule la veille... me dit-elle d'un air contrit.
Je ris et prend une de ses mèches rousses entre mes doigts. Je croise son regard vert et essaye de ne pas penser à ses courbes pressés contre moi toute la nuit.
- Pourquoi tu me regardes comme ça ? me demande t-elle.
- Pour rien, dis-je en essayant de rester calme.
- Merci pour cette nuit... me dit-elle d'un ton qui trahis sa honte.
- C'est normal, Rose. Je n'allais pas te laisser seule dans cet état.
- Tu aurais pu, pourtant.
- Je n'en avais aucune envie, je suis content que tu m'aies révélé toute la vérité sur l'accident, et sur toi, lui dis-je en souriant pour la rassurer.
- Je comprendrais que tu veuilles partir maintenant que tu sais tout ça sur moi, continue t-elle.
Je secoue la tête, elle ne comprend vraiment rien. Je ne partirais jamais.
- Mais je veux juste que tu saches que ce qui s'est passé hier était exceptionnelle, je n'avais
pas bu un seul verre depuis un an, j'ai craqué mais je ne suis plus comme ça, Aiden.
- Je sais tout ça, t'en fais pas, lui dis-je.
- C'était ta copine ? me demande t-elle d'un coup.
- Qui ça ? dis-je en fronçant les sourcils.
- La jeune femme brune, me répond-elle.
Je met un instant avant de comprendre qu'elle parle de Sophia. En effet, elle m'a parlé d'une fille qu'elle avait aperçut à l'accueil en compagnie d'un policier qui venait de l'interroger sur l'accident.
- Oui, elle s'appelle Sophia. C'était ma copine depuis plusieurs mois mais ont s'étaient séparé
peu de temps avant mon accident.
Je réfléchis quelques secondes et me dit que c'est peut-être à mon tour de lui raconter ma version de l'histoire.
- En fait, j'étais avec elle la veille de l'accident, commencé-je.
Rose me regarde avec de grands yeux, attendant patiemment que je lui raconte mon histoire.
- J'étais en boite de nuit avec Sam et Léo. J'avais croisé Sophia et on avait décidé de passer une dernière nuit ensemble. À l'époque, je l'aimais encore. Alors quand j'ai quitté son appartement le lendemain matin, j'ai beaucoup réfléchis et j'ai décidé de nous redonner une chance. J'étais en route pour la retrouver quand l'accident s'est produit. Mais ça, elle ne le sait pas, terminé-je.
Rose ne dit rien, mais je vois ses yeux se remplir de larmes et je me sens con. Je n'aurais peut-être pas du lui raconter, finalement.
- Rose, je ne voulais pas te blesser... dis-je en la prenant dans mes bras.
- Je suis tellement désolé, me dit-elle dans mon cou.
- Arrête de t'excuser, c'est du passé. Je suis heureux aujourd'hui, et en bonne santé, tenté-je de la rassurer.

Je sens alors ses bras se resserrer autour de moi et je fais de même. Je respire son odeur et prend conscience de son emprise sur moi. Alors, sans réfléchir plus que ça, je dégage ses cheveux de sa nuque et aperçois son duvet fin se dresser sur sa peau. J'embrasse doucement sa nuque en passant ma main dans ses cheveux.
Toute la pression de cette nuit se fait à nouveau ressentir, ainsi que mes mois d'abstinence.
Je ne suis qu'un homme, après tout.
- Rose, chuchoté-je de façon incontrôlée.
Elle s'écarte un instant pour planter ses yeux dans les miens. Je jure y avoir vu du désir pure, ou alors je n'y connais rien. Je peux voir sa poitrine se soulever et s'abaisser au rythme de sa respiration saccadée. Ses lèvres s'entrouvrent et elle agrippe de ses dents le côté de sa lèvre inférieur. Tout mon corps se contracte à cette vision.
Je ne sais plus trop ce que je fais de mon corps à cet instant, je prend son visage entre mes mains et m'approche encore plus d'elle.
Je me rappel soudain tout ce qu'elle m'a dit cette nuit sur son ex petit copain, Quentin.
Toutes les fois où il l'a forcé, violenté et tourmenté. Je réalise que ce n'est surement pas le bon moment de tenter quelque chose avec Rose, elle doit encore être perturbée de tout ça. Je ne veux pas profiter d'elle.
- Va te préparer, je t'emmène rencontrer mes parents aujourd'hui, lui dis-je alors.
Elle parait surprise un instant, puis me sourit et hoche la tête. Elle se lève et sors du lit pour se diriger vers la salle de bain. J'aperçois une petite seconde ses formes voluptueuses et détourne le regard.

Il faut vraiment que je me calme...

Mes heures, tes joursOù les histoires vivent. Découvrez maintenant