Soon you'll get better

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Ça faisait longtemps, hein ? Taylor a sorti son album aujourd'hui et Lover m'inspire beaucoup mais ce soir, alors que le chagrin s'emparait de moi, j'ai décidé de le rendre beau. Poétique. Cette chanson inspire le premier texte d'une multitude d'autres.

Récemment, j'ai perdu mon oncle. Je n'arrive pas à mettre de mots sur ce que je ressens - Taylor y est parvenue. Alors, à ma manière, j'ai voulu rendre hommage à son travail, à la femme qui l'a élevé et cracher sur le cancer qui détruit trop de vies.
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Rentrer à la maison avait perdu de son intérêt depuis que tu n'y étais plus. Les photos de toi sur les murs figeaient à jamais des moments de bonheur qu'on espérait mais qui n'existeraient plus. Tu étais partout mais nulle part. Il y avait les clichés de ta folle jeunesse, de tes soirées jusqu'au bout de la nuit et des lendemains difficiles. Il y avait papa en photo, te tenant fermement dans ses bras. C'était le début. Doux et fragile. Il savait déjà à l'époque qu'il avait trouvé l'unique perle du coquillage. Et enfin, il y avait nous. Ta fierté. La famille que tu avais quitté assez jeune pour venir fonder la tienne. Je n'ai jamais su si c'était ton rêve mais tu nous aimes, je le sais. Je me souviens de tes bras me berçant, des bisous magiques posés sur des plaies imaginaires et tes applaudissements quand je me donnais en spectacle. Trop souvent, sans doute, mais tu as toujours prétendu aimer ça.

Les rires ont fini par disparaître. Il n'y avait plus de longues conversations sur la terrasse, ni de coup de fils interminables. Le silence hantait la maison dans laquelle j'avais grandi. Ce foyer n'existait que si tu étais là. Mais tu n'y étais pas.

Je venais de te quitter. Un baiser sur ton front, tel un enfant malade. La promesse de venir te voir le lendemain alors que les pompes poussaient dans tes veines un produit qui te sauverait, s'il ne te tue pas d'abord.
Et je continue de me répéter « bientôt, tu iras mieux » tandis que les cheveux désertent ton crâne, tout comme ta joie de vivre.

Le lendemain, me revoilà. Les cadres ont quitté les murs mais leur emprunte reste là ; des fantômes de notre vie passée. Tu ne voulais plus les voir ; tu l'as murmuré à papa. Je les ai retiré. Un à un. Comme tes vêtements que je t'aide maintenant à enlever pour t'aider à en enfiler des plus chauds. C'est l'hiver et cette fois, tu rentres.

La maison redevient un endroit sûr. Tu es là avec ton pyjama devenu trop grand pour toi. Après les cheveux, se sont les kilos qui s'envolent. On nous a prévenu. Alors, pourquoi ça fait si mal ?

Bientôt, tu iras mieux.

Je me force à sourire, à faire semblant que rien n'a changé. Pour toi. Mais je vois tes lèvres se pincer quand tu te lèves ou tes yeux qui se ferment quand le dîner dure trop longtemps. Et j'ai peur. S'il te plaît, ne les ferment pas trop longtemps. Reviens-moi vite. Reviens-moi toujours.

Je prie un dieu qui m'a abandonné. Bientôt, tu iras mieux. Tu rouvres les yeux à cet instant et me sourit parmi tes larmes. Elles ne couleront pas - je le sais. La cancer t'a tout pris. Tu refuses qu'il aspire l'eau de ton corps. Alors, tu prétends à ton tour que tout va bien quand ton monde s'effondre. Je m'en veux de tout ramener à moi mais je pleure. Tu me berces à nouveau et du bout des lèvres, je murmure :

- Tu iras mieux... bientôt.

One shot.Stories to obsess over. Discover now