Je pouvais entendre les battements de mon cœur s'intensifier rien qu'en la sentant derrière moi.
L'homme qui se tenait un peu trop proche éclata de rire après un court instant de réflexion. Il laissa tomber la main qu'il avait glissé dans le creu de mon dos le long de son corps. Laïla passa un bras devant moi puis me fit reculer doucement vers elle comme pour me protéger.
- Excuse-moi mais tu ne me fais pas peur, rit-il.
- C'était pas mon intention. C'était juste un avertissement.
La mine hautaine de l'inconnu s'affaissa pour laisser place à un sentiment qui voulait se faire intimidant. Il posa les mains sur ses hanches et avança d'un pas vers la blonde qui me servait de rempart.
- Écoute Barbie. Si je veux la draguer, je la drague. Copine ou pas copine, c'est clair ?
Je pouvais sentir Laïla se tendre. Ma main remonta sur le bar, attrapant une bouteille de bière à moitié entamée sans doute par elle. L'homme s'était avancé d'autant plus vers Laïla qui n'en démordait pas pour autant. Celle-ci releva même le menton en signe de provocation ce qui eu pour effet de mettre encore plus en rogne notre interlocuteur qui lui attrapa soudainement le poignet, l'amenant vers lui.
- Lâche-moi, aboya Laïla.
- Pourquoi tu résistes, c'est ta copine que je veux. Décale-toi.
Il tenta de la pousser de force mais la jeune blonde ne vacilla pas, à mon grand soulagement.
- Tu ne la toucheras pas. Allez, casse-toi.
L'homme lâcha un rire mesquin puis raccourci son bras, le poing serré pour la frapper. J'avais beau ne pas apprécier Laïla mais je ne supporterai pas que quelqu'un d'autre que moi la frappe et encore moins cet inconnu. Au moment où son bras allait user de son élan, j'employai la télékinésie pour briser les os contre une paroi invisible. Sous l'incompréhension, il ne réagit pas tout de suite, ce qui me laissa assez de temps pour lui briser la bouteille sur le crâne avec violence. Il poussa un cri de rage, portant la main à son front ensanglanté. Sans lui laisser d'ouverture, je lui décrochai un coup de poing dans la tempe, l'assommant net. Il tomba lourdement sur le plancher sans attirer l'attention des fêtards.
Moi-même abasourdie par la violence de mon geste, je ne pris même pas la peine de cracher le sang qui m'avait inondé la bouche parce que, bordel que ce mec avait de la force. Laïla ne bougeait pas, éberluée. Je lui pris le poignet pour la tirer hors de la masse compacte de fêtards.
Le seul endroit que j'avais trouvé de calme, c'était ma chambre. Je fermai la porte à clef derrière Laïla puis me laissai glisser contre la porte, épuisée.
- Dis moi qu'il est pas mort, bégaya-t-elle.
Je me passai les mains sur le visage, les faisant remonter sur mon crâne avec désespoir.
- Je viens de t'éviter des coups et tu me demande s'il est mort ? Derien, dis-je en riant nerveusement.
La blonde passa ses doigts dans les boucles qu'elle s'était sculptées. Elle soupira.
- Je viens de t'éviter un viol et c'est comme ça que tu me parles ? Super, dit-elle sur le même ton que le mien.
Je ne pus m'empêcher de ricaner nerveusement à sa répartie. En m'aidant de mes mains, je me relevai pour aller m'asseoir sur le rebord de mon lit qui était nettement plus confortable. La blonde poursuivit :
- T'as pas peur qu'il se demande comment ses doigts se sont brisés ? Ou même qu'il te traque après ça ?
Je n'y avait pas pensé, mais ça n'allait pas devenir un soucis majeur dans ma vie. Laïla avait commencé à se ronger les ongles, anxieuse.
- Non, je ne m'en fais pas, répondis-je.
Un silence. Elle vint finalement se laisser choir à mes côtés en soupirant, les bras en croix sur les draps lavés. À mon habitude, je lui aurait ordonné de se redresser immédiatement avant de la mettre dehors mais là, c'était différent. Elle était différente par sa vulnérabilité.
Ma colone ne supporta plus mon poids et mon dos s'affaissa sur le lit aux côtés de la blonde. Son bras était coincé dans le creu de ma nuque mais elle ne l'ôta pas. Mes yeux se fermèrent inconsciemment. L'alcool chutait petit à petit me mettant dans un léger état de transe idyllique.
- Merci, chuchota-t-elle.
Je pivotai la tête pour la regarder en silence, elle fit de même. Nos regards s'accrochèrent un énième fois. Ses mèches claires créaient un contraste dans la pénombre de la pièce et ses yeux brillaient d'émotions. Elle tourna son corps vers le mien, réduisant la distance entre nous. Je ne pus m'empêcher de faire la même chose comme si être dans des positions similaires nous ouvrirait plus l'une à l'autre. Son autre main vint délicatement se poser sur ma hanche. Chacune des pressions qu'exerçaient ses doigts firent monter une vague de chaleur dans mon corps. Elle dû le sentir car son sourire s'élargit dans le noir.
- Merci à toi.
Sa main fit pression sur ma hanche avant de s'adoucir pour devenir plus innocente. Du bout des doigts, elle remonta le long de mes côtes, mon épaule, mon cou pour aller se nicher dans mes cheveux avec une douceur inouïe. Ma respiration se saccada légèrement. Elle savait l'effet qu'elle me faisait et elle en jouait.
Je sentis les draps se froisser et la chaleur humaine de Laïla s'incorporer dans la mienne. Son visage avait attiré le mien si bien qu'un tremblement pourrait nous lier. Je chavirai dans ses yeux océan. Je pourrais m'y perdre encore et encore, jamais je ne m'en lasserai. Son souffle qui résonnait contre ma joue et ses lèvres entrouvertes qui appelaient les miennes me rendaient folle. Folle d'elle.
Ses doigts aggripèrent mes cheveux pour les tirer doucement vers l'arrière, exhibant ainsi la peau sensible de mon cou. Un soupir d'aisance m'échappa et elle profita de ma vulnérabilité pour poser ses lèvres contre ma clavicule. Ses baisers étaient si doux et tellement réels qu'au fur et à mesure qu'elle montait, je perdait un peu plus le contrôle. Je me fichait du fait qu'elle puisse laisser des marques d'appartenance. J'étais dévouée à tout ce qu'elle me faisait subir. Corps et âme. Elle me perdait. Quand ses lèvres atteignirent ma mâchoire, mes jambes se raidirent comme exaltées. Je ne prenais même plus la peine de dissimuler mon pouls qui augmentait à une vitesse folle. Je poussai un faible gémissement, la suppliant de mettre fin à ça et de m'embrasser. Elle aborda le coin de mes lèvres avant de suspendre le moment. Nos yeux se rencontrèrent, révoltant nos passions en silence. Elle passa son pouce sur ma lèvre inférieure en se mordant la sienne. Mon cœur lâcha à ce moment là. Je pris son visage entre mes mains pour sceller passionnément nos lèvres. La tension qui s'était accumulée durant ces dernières minutes tomba brusquement pour laisser place à de l'envie. Sa langue ne tarda pas à retrouver la mienne. Mes mains qui reposaient sur le matelas eurent un soudain besoin d'accrocher cette fille avant qu'elle ne s'envole. Laïla cambra le dos quand l'une de mes main remonta le long de sa jambe nue, innocemment. Je quittai un instant ses lèvres pour renverser la tête en arrière. La blonde m'embrassa le menton, puis sous l'oreille, heurtant mon point faible.
Je ne pourrais pas vous expliquer la sensation que j'avais en ce moment. Cette sensation que l'on ne peut comprendre qu'une fois qu'on l'a ressentie au moins une fois dans sa vie. Ce désir d'aller plus loin avec cette personne, d'en avoir plus, toujours.
Les yeux clos, le souffle haletant je parvint à lui avouer cette chose taboue entre nous :
- Je t'aime aussi Laïla.
Nos vêtements ne tardèrent pas à disparaître. Ce fut ainsi que je trompai véritablement Sarah.
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Un(lim)ited
RomanceQuand Tess reçoit une mystérieuse enveloppe, elle ne se doute pas de ce qui l'attend. Un nouveau lycée, un secret à garder, une nouvelle petite amie... Une seule fille viendra littéralement bousculer sa petite vie. Entre amour, haine et trahison, il...
