Chapitre 36: Retrouver ta mère.

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Le moteur de la voiture s'éteint, nous laissant ainsi dans un silence lourd de sens. 

- Pourquoi nous avoir conduit ici Arzhel ? murmurais je, presque pour moi même.

Mon regard restait fixé sur cette maison qui nous appartenait toujours, ma mère et moi. Le blanc de la façade était impeccable. J'avais cru qu'après tant d'absence, la maison serait en piteux état, qu'il y aurait des graffitis partout sur la devanture. J'avais oublié que nous avions emménagé dans une banlieue tranquille et paisible, où le taux de criminalité était au plus bas. 

- Dros doit nous rejoindre ici, répondit simplement Arzhel en posant son regard brûlant sur moi.

Je me demandais si tout était resté correct à l'intérieur. Bien sûr, quelle question. Rien n'avait du bouger depuis le temps. Seule la poussière devait recouvrir l'ensemble des surfaces. 

Je décidais de détacher mes yeux de cette maison pour les poser dans ceux de Arzhel.

- Pourquoi ici ? 

- Tu te souviens que ma maison est spéciale ? 

Je me remémorais parfaitement ce qu'il avait dit à ma mère lorsque nous étions prit en chasse par des démons. Je hochais la tête pour lui répondre même s'il avait sûrement lu dans mon esprit. 

- Eh bien, pour éviter tout problème il est préférable d'invoquer un démon dans ma maison plutôt que dehors où tout pourrait dégénérer. 

- Tu es le roi des démons, aucun problème ne devrait arriver, argumentais je.

Il eut un sourire arrogant que je n'avais pas vu depuis longtemps. En l'observant minutieusement, je me rendis compte que son sourire suffisant m'avait manqué. Cela lui donnait un air viril et très sexy, je dois l'avouer. 

- C'est vrai, je le suis mais les démons sont des fois très tête de mule. Il est parfois difficile de les contenir dans ce royaume ci. 

Arzhel m'adressa un regard très étrange lorsqu'il parlait de tête de mule. J'étais tentée de lui envoyer une remarque acerbe mais je me ravisais. Lui répondre lui donnerait trop de satisfaction. Arzhel adorait me taquiner et cherchait constamment à me sortir de mes gonds. Il est vrai que j'appréciais l'embêter et le défier moi aussi mais nous avions mieux à faire que de nous chamailler comme des enfants.

Je sortis de la voiture, Arzhel m'imita et ouvrit le coffre afin d'accéder à nos affaires. Je claquais la portière et posais  une fois de plus mon regard sur la maison d'à côté. 

- Vas y jeter un coup d'œil, je peux m'occuper de Dros tout seul, proposa Arzhel en arrivant en haut des marches du perron.

Je savais très bien qu'il avait lu dans mes pensées ce besoin d'aller voir la maison, ce besoin de voir des choses familières, rassurantes. Je ne lui en tiens pas rigueur et parcourais les mètres qui me séparaient du perron avant de gravir les marches. Je cherchais la clé que j'avais caché sous une pierre et entrais silencieusement dans la maison. La porte s'ouvrit sans un bruit et vient se caler contre le mur de l'entrée. Par automatisme, je la refermais derrière moi et survolais les alentours de mon regard. Lorsque je respirais, une étouffante couche de poussière s'incrusta dans mon nez, ce qui me provoqua une quinte de toux. Je calmais ma respiration devenue trop rapide par la toux et marchais vers la cuisine. Une odeur désagréable s'échappait du frigo et de la cuisine en général. Comprenant que de la nourriture avait probablement pourri à l'intérieur du frigo, j'attrapais un sac poubelle et pris une profonde inspiration avant d'ouvrir la porte du frigidaire. Je jetais tous ce qu'il y avait dedans et déposais le sac précautionneusement fermé devant la porte d'entrée puis décidais de monter à l'étage. Les marches grinçaient sous mon poids. Mes pas se dirigeaient naturellement vers ma chambre, je poussais la porte du bout des doigts et constatais qu'elle était aussi intacte que dans mon souvenir. Je me déplaçais vers mon bureau et fouillais celui ci sans réelle intention de chercher quelque chose. Je trouvais mes calepins à dessin, des livres de lycée, tout un tas de photos. Je fermais les tiroirs et me tournais vers la fenêtre. Cette même fenêtre qui m'avait vu tant de fois observer la maison voisine, enfin plutôt son occupant. A l'époque j'étais loin de me douter que ce fascinant démon m'appartenait. Mon regard se tournait vers les saules qui poussaient le long du lac. Je courais alors à travers la maison et sortis par la porte arrière. Je ne m'arrêtais pas jusqu'à ce que mon corps fut tourner vers le lac. Un doux rayon de soleil vient se refléter sur la surface lisse de l'eau, la faisant scintiller comme des milliers de petits diamants. Je trouvais le spectacle magnifique. Avant j'aurais de nouveau couru jusqu'à la maison pour prendre mon matériel à dessin et une fois revenue face au lac, j'aurais capturé ce pur moment de beauté. La majorité des jeunes de mon âge, avant, auraient simplement prit leur téléphone et photographier le paysage. Moi je ne trouvais pas que les téléphones rendaient justice à la beauté et ce n'était pas personnel. Par le dessin, j'occupais mon esprit, je ne pensais à rien sauf à la précision de mes gestes. Déterminer quelle couleur choisir, combien de fois je devrais estomper cette ombre ou cette couleur pour être au plus proche de la réalité. 

Tombée du ciel: ange sans LOù les histoires vivent. Découvrez maintenant