Des cris.
Les cris résonnaient partout, se répercutaient à travers les murs. Des échos d'agonie brisaient perpétuellement le silence des lieux. Nous n'étions pas les seuls captifs et à entendre les hurlements sans fin qui se répercutaient autour de nous, pour l'instant, on s'en sortait plutôt bien. Mais je savais que cela n'allait pas durer.
Pour le moment, les Darknils nous avaient un peu mis de côté, s'occupant de captifs dans une autre salle, mais cela n'avait duré qu'un jour. Ils avaient bien fait comprendre que le répit serait de courte durée. Nous étions leur priorité.
J'entendais déjà les pas des bourreaux résonner, la lame tranchante crissant contre les parois des murs. Ce Darknil aux mains de lames. Toujours et encore lui. Nous rejoignant en quelques pas, ses bras transformaient en armes coupantes, il fit le tour des prisonniers, nous contemplant un à un.
Une fois qu'il eut fini son petit manège, il s'arrêta auprès de Kalidas. Je me crispai. Je ne pouvais rien faire. Rien faire contre ce monstre. Et il avait fallu qu'il jette son dévolu sur le Rôdeur alors que j'étais complétement impuissante. Le Rôdeur était toujours dans un état lamentable, l'empêchant d'user de ses capacités pour s'enfuir de ces lieux. Mais il était conscient.
Le Darknil saisit son menton entre ses mains gantées et releva le visage du Rôdeur pour que ce dernier puisse le contempler. De son autre main, le Darknil joua avec quelques mèches de ses cheveux de néant, comme désireux de découvrir le Rôdeur dans les moindres détails.
- Tu es sacrément coriace, lui lança-t-il, il y a belle lurette que tu aurais dû être mort.
Le Darknil lâcha un rire désabusé.
- Tu n'aurais même pas dû quitter l'âge du berceau.
Kalidas, qui n'avait pas bronché jusque-là, cligna vivement des yeux. Le Darknil approcha son visage camouflé vers celui du Rôdeur. Un rire sadique s'échappa de lui.
- Tu t'es admirablement battu depuis l'enfance pour avoir le droit de vivre, je devrais en ressentir de la fierté, mais te voir vivant, respirant sur cette planète, ne cesse de me rappeler les erreurs de mon passé.
Le Darknil relâcha enfin Kalidas, l'étudiant de ses yeux de contrefaçons. Le Rôdeur abordait un regard complétement perdu. Le Darknil émit un rire las.
- Avant que tu ne meures, il me tient à cœur que tu connaisses enfin toute la vérité.
L'atmosphère de la pièce devint rapidement étouffante.
- Ta naissance n'a été qu'une regrettable erreur. Je n'ai jamais compris comment tu es parvenu à survivre malgré tes privations et tes mauvais traitements. J'imagine que je t'ai transmis ma résistance à toute épreuve.
Kalidas, confus, ne quittait plus le Darknil des yeux.
- Tu es... voulut-il commencer avant de s'interrompre.
Sa voix était faible, émise dans un pénible murmure. Le Darknil le contempla de toute sa hauteur.
- Je suis quoi ? souffla-t-il.
Le Rôdeur resta d'abord silencieux, refusant d'admettre les réponses plausibles qui lui traversaient l'esprit.
- Qui es-tu ? finit-il par demander.
Le Darknil éclata de rire. Un rire qui fit froid dans le dos.
- Voyons Kalidas, tu dois en avoir une petite idée, non ?
Le Rôdeur le toisa d'un regard égaré. Le Darknil se remit à jouer avec les cheveux de son otage, sans aucune gêne.
- Tu as beaucoup grandi depuis la dernière fois que nous nous sommes vus. Tu es devenu plus fort, plus robuste, lui intima-t-il. Plus sûr de toi aussi. Tu as appris à survivre seul. Dommage que les choses doivent se terminer ainsi, dans d'autres circonstances, les choses auraient pu se dérouler différemments.
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Obscuras Tome 3 : L'intouchable.
Fantasi/!\ ATTENTION !!! Ce tome est le TOME 3 d'Obscuras, ne le lisez surtout pas si vous n'avez pas lu le Tome 1 et le Tome 2 ! Ce résumé contient des spoils des deux premiers tomes. Si vous n'avez pas lu les autres tomes, quittez immédiatement ce résumé...
