24. Symbolique florale.

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Mes paupières étaient lourdes. Des maux de tête me fracassaient le crâne. Du sang séché maculait mon visage. Mes doigts effleuraient lentement le sol, essayant d'identifier un peu mieux l'endroit où je me trouvais. Les évènements me revenaient petit à petit à l'esprit. Nérée. L'invasion. Les Darknils. Ils nous avaient guidés dans le repaire principal. C'était mauvais signe. Très mauvais signe. Ils n'auraient jamais pris le risque de nous mener dans leur repaire fétiche s'il y avait eu une chance qu'on puisse en réchapper.

Sous mes doigts je reconnus un sol dur, froid et poussiéreux. J'eus un frémissement lorsque mes doigts rencontrèrent quelque chose de piquant. Une texture étrange caressa mon épiderme.

Je me concentrai sur ma respiration. La douleur m'irradiait toujours, mais je me sentais plus repausée. Perdre connaissance m'avait permis de récupérer. Je n'étais pas en pleine forme, mais je n'étais plus vide de toute énergie. Combien de temps avais-je passé inconsciente ? Je n'aurais su y répondre.

Après de longues minutes à combattre la douleur, je réussis à ouvrir les yeux, lentement, un poids pesant sur mes paupières. J'étais allongée contre le sol. Des chaînes me retenaient les poings et les chevilles. Un réducteur m'enserrait le cou. Mon regard se riva sur le sol froid. De la roche grise. Je compris bien vite ce qu'était que la texture étrange et l'élément piquant qu'avait rencontré ma main. Le sol était recouvert de roses rouges complétement ensanglantées. Il y avait du sang séché sur le sol, sur les murs, sur les chaines, mais également du sang frais et l'odeur me prit à la gorge. Je voulus bouger, mais mon bras s'écrasa contre la tige des roses et les épines me perforèrent la peau. Je serrai les dents, retenant une volée d'insultes.

Mes yeux volèrent dans la pièce, cherchant des visages familiers. Je n'étais pas seule. Tout le long du mur, étaient alignés les autres membres de la patrouille. Des Lycanthropes dont je ne connaissais même pas l'identité, Circé, Maève et Kalidas. Circé était assise, le dos courbé, ses longs cheveux blonds cachant son visage. Maève, était-elle, étalée contre le sol, inconsciente. Bien que pâle, sa respiration régulière me rassura. Kalidas était celui qui m'inquiétait le plus. Inerte, il était complétement ensanglanté. Le Rôdeur était deux fois mieux enchaîné que nous tous. Il avait des chaînes au niveau du cou qui le maintenaient en position assise alors qu'il n'était même pas conscient. Il avait les poings enchaînés contre le mur, des liens lui tenant la taille et d'autre ligotant ses chevilles, ainsi qu'un réducteur. Il était trop loin pour que je puisse voir son torse se soulever, mais il avait l'air mal en point. J'aurais voulu me précipiter en sa direction. Lui crier à quel point il était stupide d'être resté. J'aurais voulu remonter dans le temps, remonter au temps de notre rencontre et faire les choses autrement. J'aurais voulu ne pas lui demander d'aide, ne pas l'impliquer dans mes histoires. Je ne voulais plus mettre les miens en danger par mes actions ou mon passé.

L'ombre d'une silhouette se dessina sur le mur de roche grise. Quelqu'un arrivait. Je me redressai lentement, serrant les poings sous la douleur. Ils n'auraient pas le plaisir de me voir faible. Relevant la tête pour voir l'ensemble de la pièce, je pris conscience de ce qui m'entourait. Les captifs ne recouvraient qu'une partie des murs de la pièce, l'autre partie était ensevelie d'objets destinés à la torture. Il y en avait tellement qu'on ne voyait même plus le gris des murs. Plus loin, une table ronde de marbre trônait. Un serpent se mordant la queue y était gravé au centre.

La silhouette que j'avais aperçu fini par entrer dans la pièce. Drapé de ses habits bleu nuit et de sa large capuche, un Darknil s'avança. Je vis ses deux diamants briller dans la semi-obscurité et un frisson me parcourra l'échine. Les bras du Darknil étaient changés en lames et du sang suintait, tombant contre le sol déjà taché de la même substance. Visiblement, nous n'étions pas les seuls captifs des lieux. Quelqu'un venait de passer un mauvais quart d'heure.

Obscuras Tome 3 : L'intouchable.Des histoires addictives. Découvrez maintenant