22. Double jeu.

927 135 583
                                        

Je contemplai les Obscuriums rampant autour de moi, statufiée sur place.

- On ferait mieux de partir d'ici avant que les Darknils reviennent, finit par articuler Kairos.

Sa voix, rompant le silence pesant, eut l'effet d'un électrochoc. Les anciens Clandestins, jusque-là hébétés, sortirent de leur état statique, semblant revenir à la réalité. Cassius esquiva les Obscuriums et vint me rejoindre.

- Il faut soigner tes blessures, me souffla-t-il en me prenant les mains.

Heureusement, mes gants faisaient barrière entre sa peau et la mienne. Il s'était passé tellement de chose, bien trop pour que j'ai en plus à supporter le toucher d'un autre. Je sentis ma peau me piquer comme des petites aiguilles alors qu'une douce chaleur m'enveloppait. Les brûlures sur mes jambes disparurent sous des milliers de picotements. Mes hématomes s'effacèrent comme par magie. Mes blessures se gommèrent. Mes coups de couteau dans les côtes se refermèrent.

Une fois le travail achevé, Cassius me lâcha les mains. Son regard dévia vers les Obscuriums non loin de nous, une expression indéchiffrable sur le visage.

- On devrait peut-être s'atteler à trouver un nouveau repaire, retentit la voix de Kairos, bougeant les troupes.

- Euh... intervint alors Martial. Pourquoi est-ce qu'il y a une meute de Lycanthropes avec nous ?

Tous les regards se tournèrent vers la meute de loup se tenant derrière Circé. Le loup gris poussa un grondement menaçant à l'intention de Martial que Circé fit taire d'un mouvement de la main.

Avec les derniers événements, j'en avais complétement oublié les loups qui avaient surgi des broussailles pour prendre notre défense, ou plus particulièrement, celle de Circé. Cette dernière se tourna vers Kairos.

- Tu voulais trouver un nouvel endroit sûr ? lui demanda-t-elle. Je sais où nous pouvons nous rendre.

Les anciens Clandestins s'échangèrent des regards d'incompréhension. L'Animalis de l'aigle fit un signe de tête au loup gris à ses côtés. Ce dernier reprit forme humaine.

Un jeune homme se tint alors aux côtés de la fille aigle. Il était grand et solidement bâti. Il possédait d'épais cheveux d'un rouge très sombre, un teint hâlé, une mâchoire carrée, des crocs de loup, une queue de loup gris. Ses paupières étaient noires et laissaient ressortir l'iris de ses yeux couleur lave.

- Qu'est-ce que... marmonna Ronan, ses yeux volant du Lycanthrope à l'Animalis, ne comprenant plus la situation.

Je plissai les yeux.

- Ce loup, dis-je en désignant le jeune Obscuras aux côtés de Circé, je l'ai eu plusieurs fois dans les pattes. Ne me dit pas que tu l'as envoyé m'espionner ! m'énervai-je, comprenant que ce n'était pas un hasard si j'avais croisé auparavant, à deux reprises, un loup gris.

Un sourire goguenard apparut sur le visage du Lycanthrope.

- Tu devrais t'estimer heureuse, répliqua-t-il, sans-moi, tu ne serais pas ici actuellement.

Martial s'étrangla de surprise, venant à son tour de comprendre que le loup face à nous et celui nous ayant sauvé des cavaliers de la reine était le même.

- C'était toi ! s'écria-t-il. Tu nous as sauvé, moi et Eudo, des cavaliers !

- Tu m'as collée ton copain le loup dans les pattes ! repris-je, désormais sur les nerfs.

L'idée d'avoir été espionnée à mon insu m'insupportait. Circé haussa un sourcil.

- Je ne pouvais pas te laisser errer seule dans Obscuratium alors que tu ne connais rien à se monde, me raisonna-t-elle. J'ai demandé à Zahir d'assurer ta protection pour ta propre sécurité.

Obscuras Tome 3 : L'intouchable.Des histoires addictives. Découvrez maintenant