21. Don du vide.

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Mon réducteur tomba contre le sol dans un bruit métallique. Mon regard ne quittait plus le Darknil. Au lieu de me jeter sur lui pour lui faire payer toutes ses horreurs, je m'emparai des chaînes d'Aleth et la libérai.

Des bruits retentirent dans les couloirs de terre, les renforts arrivaient. On devait se tirer d'ici tant qu'on en avait encore l'occasion.

Aleth se releva lentement et je l'aidai à se défaire de son réducteur. Le Darknil aux mains de lames poussa un cri rageur et se jeta sur nous, les lames à la place des bras. Occupée à retirer le réducteur, je ne fus pas en mesure de me défendre. Rox reprit forme humaine, s'empara des chaînes échouées sur le sol et tira dessus au moment où le Darknil s'avança pour nous planter sa lame. Il se prit les pieds dans les chaînes et tomba contre le sol. J'en profitai pour retirer définitivement le réducteur d'Aleth et on rejoignit Rox avant de filer dans les couloirs de terre. Il fallait impérativement que l'on sorte de cet endroit tout droit sorti des enfers.

Les renforts venaient d'arriver, on entendit des voix hurler derrière nous. On continuait de fuir, parcourant les chemins de terre.

- On ne sait même pas où se trouve la sortie, gémit Aleth.

- Moi si, lui répondit Rox. Lorsqu'on a été emmenée dans cet endroit, j'ai simulé être inconsciente, mais je ne l'étais pas. J'ai mémorisé le chemin.

La rouquine nous fit signe de la suivre et tourna sans hésitation dans un tunnel. Les Darknils nous traquaient. Bientôt, un de leur groupe nous barra le passage, se dressant droit devant nous. Nos poursuivant firent irruption derrière nous. Nous étions cernées.

- Vous comptiez allez quelque part ? tonna la voix de Samaël tandis qu'il s'avançait face à nous. Ne croyez pas qu'on vous laissera filer aussi facilement.

Je serrai les poings, le regard incendié. Il était hors de question qu'ils nous attrapent de nouveau. La colère palpita dans mes veines. Ne sachant pas comment appeler les cendres et n'ayant pas le temps d'essayer, j'en créai l'illusion, voulant avant tout les faire reculer.

- Je te connais Diablesse, s'agaça Samaël, ce sont des illusions que tu as là.

- Tu veux prendre le risque ? le provoquai-je.

Sans prévenir, Samaël fit jaillir un jet de lave qui frappa mes cendres. L'illusion disparut aussitôt. Je retins un râle de frustration. L'acte du Lycanthrope sonna comme un ordre aux oreilles des Darknils qui se ruèrent en notre direction afin de nous reprendre sous leur contrôle. La rage pulsa dans mon sang. Je ne voulais pas retomber entre leurs mains. Il en était hors de question. La détermination enfla en moi. Je me concentrai, cherchant cette énergie familière. Voulant l'apprivoiser. Nous étions sans armes, à la merci de l'ennemi. J'étais la seule à posséder un pouvoir permettant d'attaquer. Si je n'agissais pas, nous allions tous y rester. Nous allions mourir. L'urgence de la situation, le danger planant au-dessus de nous, fit jaillir un flot d'adrénaline le long de mon corps. Je me concentrai sur cette adrénaline qui gonflait peu à peu, l'alimentant de ma rage, ma colère, mes amertumes, puisant dans tous mes sentiments négatifs pour faire grossir cette énergie. Quelques flocons de cendres jaillirent de mes mains. Je les envoyai voler vers le chef des Darknils. Il haussa un sourcil, croyant encore avoir affaire avec une illusion. Les cendres se déposèrent sur sa peau et il jura de douleur et de rage. De rage de s'être fait avoir. Malheureusement, il n'y avait pas assez de cendres pour blesser gravement.

Je canalisai toute mon énergie pour faire jaillir mes cendres en surnombre. Quelques flocons apparurent, mais ce n'était pas suffisant. Il m'en fallait plus. Il en fallait bien plus pour les vaincre. Samaël me toisa avec colère, et le regard mauvais, il fit jaillir un torrent de lave qui se rua vers moi. La lave se déversa sur mes jambes. Je tombai à la renverse en poussant un cri de douleur. Les cendres que j'avais réussi à faire apparaître foncèrent sur le toit de terre et causèrent un maigre éboulement qui eut pour seul don de faire reculer quelques Darknils. Avec la douleur de la lave ravageant la chair de mes jambes, il m'était impossible de me concentrer sur mes pouvoirs. La douleur me consumait et je ne pouvais que serrer les dents pour ne pas lâcher un nouveau cri de douleur.

Obscuras Tome 3 : L'intouchable.Des histoires addictives. Découvrez maintenant