14. Les Furies de l'Ombre.

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- Qu'est-ce que c'est que ce truc affreux ? m'écriai-je en laissant tomber le légume gluant sur le plan de travail devant moi.

Hell m'avait demandé, à moi et Alisa, de préparer le repas pour tout le monde. Contre toute attente, j'avais accepté. Pas par plaisir mais pour fuir Martial qui ne cessait de me taquiner à longueur de temps. Je commençais déjà à regretter mon choix.

- C'est une coumalgua, me répondit Hell qui épluchait un aliment douteux, c'est un peu comme une courgette et une algue combinée. On les trouve en bord de mer.

J'avais beau chercher, je ne voyais pas la ressemblance qu'avait cet aliment avec une courgette. Une algue à la rigueur... La pelure avait le même aspect, mais le légume possédant la forme d'une méduse ne semblait avoir aucun point commun avec une courge. Et toucher cette chose me répugnait. C'était gluant, j'avais un liquide visqueux qui me restait dans les doigts, un liquide que j'aurais vaguement pu comparer à celui du gel de l'aloe vera.

- Arrête de grimacer, tu vas devenir toute ridée, me lança Alisa dans un rire lorsqu'une énième grimace franchit mes lèvres.

Je la foudroyai du regard.

- Comment veux-tu que je cesse de grimacer quand on me demande de couper en morceau un légume aussi écœurant ?

Alisa roula des yeux.

- Tu n'as encore rien fait depuis une demi-heure, remarqua-t-elle, je croyais que tu étais venue aider et non te plaindre.

Je soufflai bruyamment. Elle voulait que je découpe ce coulmalgua ? Très bien, elle allait être servie. D'un geste brusque, je m'emparai d'un couteau de cuisine et le fis voler vers le légume.

- Eudora, en douceur ! s'écria Alisa.

Trop tard, je venais d'enfoncer le couteau de toutes mes forces au cœur du légume. Aussitôt, un jus me gicla en plein visage. Je poussai un cri tandis qu'une odeur désagréable vint me titiller le nez. J'éternuai plusieurs fois. Ce légume affreux avait l'odeur de l'oignon en décuplé et j'avais désormais les larmes aux yeux sous les effluences du coumalgua.

Alisa et Hell éclatèrent de rire et je me sentis ridicule. Agacée, je reposai brutalement le couteau sur le plan de travail, reculant.

- Débrouillez-vous tous seuls, j'en ai marre, maugréai-je.

- C'est qu'Evilash est susceptible, s'amusa Hell.

Je levai les yeux au ciel, m'adossant au mur, décidant de ne pas lui répondre. Hell semblait prendre plaisir à m'appeler Evilash, malgré qu'il connaisse mon prénom. Après m'avoir demandé si cette appellation ne me dérangeait pas, il avait avoué qu'il aimait l'idée de côtoyer la version passée de la menace redoutée du royaume. M'appeler ainsi donnait à sa réalité un goût étrange. Je l'avais laissé dans son délire, m'en fichant complétement de la façon dont il voulait m'appeler.

Croisant les bras et me refermant sur moi-même, je me contentai d'observer les deux Obscuras en action, ne voulant plus toucher à un ustensile de cuisine. Je détestais cuisiner. Hell et Alisa ne firent pas attention à mes humeurs et continuèrent leur occupation tout en se taquinant. J'avais pu remarquer que les deux Obscuras s'entendaient bien. Ils se connaissaient depuis peu, mais se comportaient déjà comme de bons amis. Je me sentis rapidement de trop.

- Vous êtes vachement fort pour être parvenu à échapper à la reine autant de fois, lâcha Hell.

Alisa laissa échapper un petit rire.

- Lorsqu'on a formé la Garde Royale Clandestine, c'était simple de filer, nous n'étions pas tous sous surveillance et avec l'élection d'une nouvelle reine, c'était déjà un peu le désordre. Pour la suite, j'imagine qu'on peut remercier Eudora d'être encore en vie.

Obscuras Tome 3 : L'intouchable.Des histoires addictives. Découvrez maintenant