CHAPITRE SOIXANTE-DEUX

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12 AOÛT 2022, 11H — AYLIN

Je suis couchée sur le ventre en train de bronzer, le soleil tape sur mon dos. La vie est belle. De la musique italienne se fait entendre sur toute la plage, elle provient d'un bar qui est un peu plus loin. Ce genre de musique me détend.

Je reçois un baiser sur l'épaule, j'ouvre les yeux et je souris en voyant Nabil venir se coucher à côté de moi. Les transats me font mal au dos donc j'ai décidé de me coucher à même le sol, sur une serviette parce que le sable reste très chaud.

- Quand je ferme les yeux, j'ai l'impression d'être en Turquie, dis-je en souriant.
- T'y allais souvent?
- Quand mon père était encore là on y allait chaque été et il arrivait parfois qu'on y aille plusieurs fois par année. Mon père s'y sentait le mieux donc ma mère et moi aussi.

Je souris et il fait de même.

- J'imagine pas le choc que ça doit faire de grandir dans une famille aussi riche que la tienne et se retrouver sans rien du jour au lendemain.
- Ouais, t'imagines pas. Enfin, c'est surtout le fait que j'aie été sortie de mon enfance de façon brutale. C'est l'absence de mon père qui m'a le plus fait souffrir mais voir ma mère faire toutes sortes de boulot et se retrouver sans toit, ça a été dur.

Il me regarde sans rien dire, il a l'air de réfléchir.

- T'as eu quel genre d'enfance toi? dis-je en me couchant de sorte à pouvoir le regarder.

Il soupire. Je sais que sa mère les a abandonnés et qu'ils ont grandi au quartier mais je ne connais pas tous les détails.

- C'était la misère. Quand ma mère nous a lâchés, mon père a dû quitter son boulot et faire des bails illégaux. Son ancien boulot était pas bien payé, ça lui permettait pas de subvenir à nos besoins. On galérait, on vivait chaque jour sans savoir si on aurait à manger le lendemain. Mais on était les 3, on avait besoin de rien d'autre. C'était la misère mais la misère est si belle.

Il sourit nostalgiquement et je baisse la tête. J'avais déjà remarqué qu'ils étaient très proches dans leur famille mais l'entendre parler de ça me fait réaliser que la différence entre nous, c'est que même en temps de misère, il était riche parce qu'il était aimé. L'amour familial est la plus grande richesse qu'il soit. C'est pour ça que peu importe tout l'argent que je pourrai avoir dans ma vie, je resterai pauvre.

Il tend la main vers mon visage et il relève mon menton avec son doigt. Il me fait un petit sourire et comme s'il pouvait lire dans mes pensées, il me dit:

- Je sais que t'as pas connu ça mais on va le construire ensemble, d'accord?

Je hoche la tête et je sens les larmes me monter aux yeux. J'essaie de fuir son regard mais il insiste pour que je le regarde.

- On te l'a jamais dit mais tu mérites d'être aimée Aylin.

20H

Nabil me fait signe de le suivre, un sourire niais sur les lèvres. Je ne suis pas rassurée. Il m'a dit qu'il avait une surprise mais être au bord d'une falaise ne me fait pas vraiment rêver...

J'attrape l'algérien par le bras quand je vois qu'il y a des cailloux au sol. Il me regarde et soupire.

- Quoi encore? On y est presque, fais pas ta relou!
- J'ai des talons! T'aurais pu me dire.

Il soupire et il me soulève pour me porter comme une princesse. Ce geste me surprend mais ça ne me déplaît pas. Je souris et il lève les yeux au ciel quand il le remarque.

AYLIN / N.O.S (PNL)Des histoires addictives. Découvrez maintenant