Chapitre 10

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Les Meules, Claude Monet (1890)

Je me réveillai en sursaut, les yeux ronds.

Mes rideaux filtraient parfaitement la lumière, me laissant seule, rougissante, avec l'obscurité. Seule avec ma honte et mes pensées salaces, dignes d'une adolescente en recherche de frissons dans sa vie pathétique, pas d'une adulte.

Putain.

J'avais rêvé de Nathan. Du petit ami de ma grande sœur.

Quand bien même sa présence m'avait semblé floue, presque irréelle, je savais qu'il s'agissait bien de lui. De Nathan. Sa voix grave et suave s'était glissée à mon oreille comme une caresse invisible.

— Sois une gentille fille et ouvre les cuisses pour moi, avait-il intimé, plaquant une main autoritaire sur mon ventre.

Ses murmures empreints de contrôle avaient réveillé en moi un frisson qui s'étirait le long de ma colonne vertébrale. Mon corps tout entier avait vibré sous le poids de cette invitation. Puis j'avais senti son souffle chaud effleurer ma peau laiteuse et je m'étais abandonnée. Complètement. Mes jambes s'étaient écartées lentement, comme guidées par une force aussi douce qu'irrésistible, dans ce rêve où Nathan ne semblait pas appartenir à Eleena.

J'étais paralysée dans mon lit, les joues en feu. Je n'osais pas allumer la lumière, ne voulant pas rendre la chose réelle. Néanmoins, c'était déjà trop tard, l'impression d'avoir encore sa langue chaude et humide sur ma féminité, me dévorant comme si j'étais son putain de dîner, me ramenait à la réalité.

Je pris mon coussin entre mes mains et enfonçai ma tête à l'intérieur de celui-ci, essayant de m'étouffer. Avec un peu de chance, celle-ci serait la bonne.

Je glissai une de mes mains à l'intérieur de ma culotte en coton, et remarquai, à mon plus grand malheur, que j'étais chaude et mouillée. À l'instar de mon front, mon dos était recouvert d'une fine couche de sueur. Quant à mes joues, elles, elles étaient rouges. J'avais chaud. Beaucoup trop chaud.

Hésitante, je commençai à jouer avec mon clitoris. Rapidement, la culpabilité laissa place à un plaisir intense et incontrôlable. J'écartai un peu plus les cuisses, imaginant cette fois Nathan de l'autre côté du couloir. Dans le lit de ma grande sœur. Ses cheveux en batailles, ses abdominaux et sa mâchoire bien définie.

Cette image fonctionna immédiatement puisque je ne contrôlais plus rien. J'étais à l'entière disposition de ce désir sexuel, de ce péché. Je savais que je ne devrais pas faire ça en pensant à lui, mais j'étais scandaleusement attirée par tout ce qu'il était. J'étais fascinée par la façon dont il me regardait, par la façon dont il lisait en moi. Pour la première fois de ma vie, j'avais l'impression que quelqu'un me voyait.

Et puis Nathan était cruellement beau. Je n'étais pas certaine qu'un manipulateur pareil méritait d'être aussi séduisant ; cela le rendait d'autant plus dangereux pour ses victimes.

J'étais désormais terrifiée. Non pas à l'idée d'avoir rêvé de lui, mais d'être si faible au point de vouloir l'appeler et de lui demander d'achever ce désir, de le rendre réel. D'assez apprécier sa compagnie au point de le laisser m'embrasser s'il le souhaitait.

Je sentis l'orgasme approcher alors j'accélèrai la cadence, souhaitant me procurer le plaisir qui m'était défendu. J'ondulai le bassin sous mes doigts sans ralentir pour autant. Cependant, quelqu'un toqua à ma porte et je me levai d'un bond, honteuse.

— Entrez, fis-je doucement en affichant un sourire innocent, les joues cramoisies.

Eleena entra alors dans la chambre, allumant la lumière en entrant et mon sourire. En me voyant, elle s'arrêta, me scrutant, les sourcils froncés. Comme si elle me soupçonnait de cacher un inconnu sous mon lit, un inconnu que je me tapais et que je comptais garder secret.

VenimeuseDes histoires addictives. Découvrez maintenant