TW : Sang, pensées de self-harm
____
C'est l'anniversaire de Judicaël, aujourd'hui. Mais cette fois, pas de fête. Babel est de plus en plus silencieux. On y entend de moins en moins les cris du groupe des extravertis, et ni Monokuma ni Monoaku n'ont donné de signe de vie. Ça me rassure pas. L'agitation des premiers jours me manque presque. Moi qui n'arrête pas de demander le silence, je me rends compte que je déteste ça. Le silence, c'est le vide, un vide avec rien d'autre que de l'angoisse pour le remplir.
Ça fait un mois et demi. Et toujours rien.
C'est peut-être ça, le mobile que Monokuma nous donne. Le vide. L'angoisse. L'ennui.
Je sais très bien qu'il existe des gens qui peuvent tuer par simple ennui. Voire... Voire pire.
Allongé.e dans mon lit, les yeux fixés sur le plafond, le bras engourdi, j'essaierai de faire une liste de tous les trucs positifs que je peux trouver.
Sora a l'air d'aller un peu mieux. C'est cool. Ça me rassure, immensément. Iel s'est remis.e à cuisiner, et si on joue un peu à la Wii avant de dormir, ça l'aide à passer une meilleure nuit. En général, c'est juste nous deux, parce qu'on est pas forcément d'humeur pour la compagnie. Après, Judicaël s'incruste de temps en temps, ça fait pas de mal.
Lan Yue a eu le tatouage qu'Hibiki lui avait promis, mais iel a refusé de nous le montrer, même après avoir enlevé son pansement. Tout ce qu'on sait, c'est que c'est sur sa nuque.
Mon bras me fait beaucoup moins mal, donc j'imagine que ça se soigne tranquillement.
Quand j'y réfléchis, c'est à peu près tout. Consternant. Je n'arrive plus à trouver du plaisir dans quoi que ce soit. Je pourrais aller me promener, vu que les températures commencent à excéder cinq degrés. Mais une fois que j'aurai fait le tour du sentier balisé, il ne restera plus grand-chose. M'enfin. J'imagine que je vais tenter le coup quand même. J'ai rien à y perdre, à part le peu d'énergie qui me reste.
Je me lève et me rend dans le salon. Sora n'est pas là, et la porte de sa chambre est grande ouverte. Je suis seul.e.
Dehors, il pleut des cordes. Les gouttes tapent furieusement contre la vitre, annulant ainsi tous mes plans. Je ne sais pas où Sora a bien pu partir par ce temps, mais en tout cas, je suis livré.e à moi-même ce matin. Ou plutôt ce midi, si j'en crois l'heure sur mon portable. Je me réveille de plus en plus tard, ça va pas du tout.
Je vais me faire un café, ce qui est probablement pas la meilleure des idées vu que je tremble déjà, mais rien à foutre. J'ai juste besoin d'un truc réconfortant. Familier. Quelque chose qui m'emmène loin d'ici. C'est tout ce à quoi je pense alors que la machine crache un liquide brun dans la tasse que j'ai placée à cet effet.
Je prends une gorgée de café. Noir. Amer. Beaucoup trop amer.
Je tousse, mais je continue de boire. Ma langue me brûle. Ma main tremble encore. La tasse est trop chaude.
Elle m'échappe et s'écrase au sol, explosant en mille morceaux. Le café s'écoule et s'infiltre dans les rainures du parquet, encore fumant. Ça a giclé sur mes pantoufles.
Ah.
Ah-ah.
Ah ah ah...
Putain, mais quel con.
Je laisse échapper un sanglot étranglé avant de m'accroupir au sol pour sauver ce qui peut encore l'être. C'est foutu, je peux rien faire d'autre que de ramasser les bouts de céramique et les jeter.
Un bout mal attrapé m'entaille l'index. Bah oui, c'est ça de ramasser sans penser à prendre une balayette, hein... Grosse merde. Grosse merde grosse merde grosse merde. Même pas foutu.e de nettoyer quoi que ce soit correctement.
VOUS LISEZ
Danganronpa : Babel's Curse
Random« Dieu savait. Il savait que s'ils finissaient la tour, alors... les humains pourraient L'oublier complètement. » L'illusion de pouvoir choisir son destin, d'être autre chose qu'un simple rouage dans la sinistre machinerie de ce jeu... Une carotte q...
