Des voix appellent mon nom dehors. J'attends qu'elles passent, recroquevillé.e dans l'obscurité des vestiaires dans lesquels je me suis réfugié.e. Ceux des filles, le premier qui venait. Évidemment, faire des vestiaires mixtes ça serait trop demander. M'enfin. C'est pas la priorité pour l'instant. Je dois juste me faire discret, et avec un peu de chance ils n'iront pas me chercher ici.
J'ai raison. Bien vite, les voix s'éloignent, et de brefs coups d'œil dans le couloir m'indiquent qu'il est vide. Bien. La confrontation désagréable, ça sera pas pour aujourd'hui.
Je reprends mon exploration sans trop savoir où je vais, et vaguement malaisé.e par le silence ambiant, seulement interrompu par le bruit de mes pas. Un rire résonne au loin, et je marche dans sa direction, un peu machinalement. Une porte me barre le chemin, je la pousse, et elle s'ouvre sur…
Putain.
Je sais que les Monokuma sont plein aux as, et qu'ils se servent de leur argent pour construire tout et n'importe quoi dans leurs tueries, mais quand même, une patinoire ? Ça fait beaucoup, là, non ?
Comme le gymnase, la pièce est immense. Une étagère remplie de patins trône dans un coin, et une immense étendue de glace artificielle entourée de rambardes prend tout le reste de la salle. Je suis sûr.e que le fric qui a servi à construire cette tour ridiculement gigantesque serait suffisant pour éradiquer le choléra. Sauf que c'est un peu tard pour y penser maintenant. N'empêche, quel gâchis.
… Ou pas, parce que l'une des deux personnes présentes sur la patinoire a l'air de follement s'amuser vu la façon dont elle rit en tirant derrière elle une autre personne coiffée d'une casquette très reconnaissable et l'air beaucoup moins enthousiaste.
Kiseki et Shun. Évidemment. L'un ne va pas sans l'autre, surtout ces derniers temps.
Si la Biathlète semble comme un poisson dans l'eau, Shun en revanche se cramponne au sweat de cette dernière, les jambes tremblantes et les pattes en canard. Le pauvre.
Après, Kiseki finit par remarquer qu'il galère et se retourne pour lui prendre les mains.
– Je vais te montrer, t'inquiète pas ! Faut que tu te tiennes plus droit, que tu regardes bien devant toi et- Oh, salut Mika !
À peine mon nom a-t-il été prononcé que Shun sursaute, lâche les mains de Kiseki, perd l'équilibre, fait un magnifique plat sur la glace en beuglant des insultes peu gracieuses et finit les quatre fers en l'air sous le regard effaré de sa partenaire de glisse.
Je devrais pas rire, mais c'est quand même drôle un peu. Il croit que je l'ai pas cramé ? Il a beau faire la gueule avec tout le monde, ça se voit bien qu'il est plus complaisant avec Kiseki. Pas besoin d'être devin pour savoir qu'il a le béguin pour elle. Après, Kiseki elle-même a le crâne aussi épais qu'un parpaing et à peu près aussi vide que le grand Canyon, donc elle va pas s'en apercevoir de sitôt, à mon humble avis. Heureusement pour lui, tiens. Jackpot, mon vieux, ta crush est débile ! Profites-en bien.
– Ça va, Furusawa ?
Mon ton est plus moqueur que prévu, et Shun l'a bien remarqué au vu du regard noir qu'il me jette alors que Kiseki l'aide à se remettre sur pied. Il se retient de m'insulter parce qu'elle est là. Est-ce que j'en profite ? Totalement.
– Ouais. Je me suis sûrement pété le coccyx, mais ouais, grogne-t-il.
– Tu veux aller à l'infirmerie ? Faut faire attention avec ce genre de chute, tu sais ! s'exclame Kiseki en l'examinant sous toutes les coutures.
– Ça va, c'est bon.
– Mais une fois ma petite sœur est tombée comme ça, elle s'est cognée la tête par terre et on a dû aller à-
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Danganronpa : Babel's Curse
Random« Dieu savait. Il savait que s'ils finissaient la tour, alors... les humains pourraient L'oublier complètement. » L'illusion de pouvoir choisir son destin, d'être autre chose qu'un simple rouage dans la sinistre machinerie de ce jeu... Une carotte q...
