Me voilà devant la porte de ce qui est maintenant le chalet d'Eiji et Tritri. Je réfléchis à comment je peux bien annoncer la raison de ma présence ici, autrement que par "salut je suis là pour te tirer les vers du nez". Je flippe pas, je réfléchis juste. Bon ok je flippe. Un peu.
Et si elle veut pas me voir ? Si elle est pas là ? Je pourrais revenir plus tard mais je me connais, si j'agis pas dans l'instant je me dégonfle direct.
Urgh, je pourrais rien savoir avant d'avoir frappé à la porte de toute façon, alors autant me jeter à l'eau. Plus qu'à espérer qu'Altaïr ne m'ait pas emmené.e sur une fausse piste, ça pourrait bien être l'instigateur pour tout ce que j'en sais.
Allez. On inspire un grand coup, et on y va. Trois coups. Une voix retentit depuis l'intérieur.
- Entrez ! Je ne peux pas venir ouvrir, j'ai les mains prises.
Bon, elle est là au moins. Je fais quelques pas à l'intérieur, presque intimidé.e, mais ça ressemble en tous points à mon chalet. À l'exception des cartons entassés dans un coin du salon, les affaires d'Hibiki sans doute. Putain, ça me fout le bourdon.
- Maekawa...?
Eiji lève la tête vers moi, mais elle a l'air... différente de d'habitude ? Oh. Ça doit être parce qu'elle a les cheveux relevés en queue de cheval aujourd'hui. Elle est assise à la table de la salle à manger, les mains gantées de plastique et entourée de bouts de cartons découpés en forme d'étoile et d'un pot de peinture. Elle m'indique la chaise en face d'elle d'un mouvement de pinceau.
- Mika, bonjour. Asseyez-vous, mais essayez de ne pas parler trop fort, je crois que Tritri fait la sieste dans sa chambre.
Je m'exécute, un peu intrigué.e.
- D'accord... Hem, qu'est-ce que tu fabriques avec tout ça ?
- Tritri a peur du noir... Je dois rester à côté d'elle toutes les nuits jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Je me demandais comment changer ça et puis je me suis rappelée que j'avais des étoiles en plastiques qui brillaient dans le noir, petite. J'étais toujours terrifiée de l'obscurité, alors ma tutrice les avait achetées pour moi. Peut-être que ça aidera Tritri aussi, qui sait. Monokuma a pu me procurer du carton et de la peinture phosphorescente, c'est rudimentaire mais ça devrait suffire.
Eiji ? Peur du noir ? Décidément, elle me surprend tous les jours. Le fait qu'elle n'en dit jamais beaucoup sur elle doit aider, parce que forcément quand je suis laissé.e à imaginer sa vie... Mais bon. C'est quelqu'un de gentil, ça au moins c'est sûr.
- ... C'est sympa. Je peux t'aider ?
Une esquisse de sourire se dessine sur ses lèvres alors qu'elle hoche la tête.
- Bien sûr. Attends, je vais te chercher des gants. Il vaut mieux éviter de se mettre ce genre de peinture sur la peau.
Elle se lève et revient avec des gants similaires aux siens, puis se rassoit en faisant glisser des étoiles et un pinceau vers moi.
- Essaie de faire en sorte que la peinture soit répartie également. Oh, et n'hésite pas à mettre des couches très épaisses.
Le pinceau tremble un peu entre mes doigts, mais plus je peins et mieux c'est. Ça me fait me sentir... plus calme. C'est juste du remplissage tout con, pas besoin de me servir de ma tête. Les mots sortent de ma bouche presque naturellement.
- Ta tutrice... Elle a l'air gentille.
Eiji laisse un sourire apparaître sur son visage. Elle regarde son étoile, pensive, avec l'air plus détendu que d'habitude.
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Danganronpa : Babel's Curse
De Todo« Dieu savait. Il savait que s'ils finissaient la tour, alors... les humains pourraient L'oublier complètement. » L'illusion de pouvoir choisir son destin, d'être autre chose qu'un simple rouage dans la sinistre machinerie de ce jeu... Une carotte q...
