– Mika, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
La voix d'Eiji me tire de ma transe. Elle se tient accroupie à côté de Tritri, une main sur son épaule, et me fixe en attente d'une explication. Mes mains tremblent.
– Le drone de Tritri… Monokuma l'a fait exploser lorsqu'il est allé trop haut dans le ciel.
Son regard s'assombrit alors qu'elle remarque les débris métalliques tout autour de nous.
– … Je vois. Tritri, on le réparera, je te le promets.
Comment est-ce qu'elle veut réparer un massacre pareil ? Le drone est littéralement en miettes.
– On pourra p-
– On le réparera, me coupe Eiji. Mais maintenant, il faut y aller, d'accord ?
Oh. Bien sûr. Elle non plus n'y croit pas, mais Monokuma nous a demandé de venir dans un quart d'heure. Si Tritri refuse de bouger, alors on est dans la panade. Heureusement, après quelques mots d'Eiji, elle se relève. Complètement mutique, à nouveau.
Mon estomac fait des nœuds, qui se resserrent à chaque déglutition. C'est moi qui ai suggéré à Tritri d'aller voir plus haut. Est-ce que Monokuma m'a entendu.e ? Ou bien est-ce qu'elle a simplement des caméras partout et qu'elle a voulu nous montrer qu'il n'y a pas d'échappatoire ?
– Mika, tout va bien ?
Putain, ça sert à rien de me poser ce genre de questions maintenant, elles sont déjà parties devant. J'accélère le pas pour les rattraper, jusqu'à notre arrivée dans le réfectoire.
Apparemment, on est les derniers. Personne n'est assis et pourtant l'ambiance est écrasante. Tout le monde debout au milieu des tables et des chaises, et tout au fond, un espace vide. Là où Monokuma et Monoaku devraient se tenir.
– Mika !!
Une exclamation, et on me saute au cou. Je reconnais l'odeur. Sora.
– Eh ça va, je vais bien…
Putain, je sais pas s'il m'entend.
– On a cru que c'était l'annonce d-de découverte du corps et… et tu étais pas là !!
Je l'écarte, le plus doucement possible. Iel ne pleure pas, mais encore quelques secondes d'attente en plus et c'était les grandes eaux.
– Je vais bien, Sora, j'articule.
Iel me regarde en silence, l'air de ne pas vraiment réaliser que je suis là, puis me reprend dans ses bras. Allons bon.
– Elle est là.
La voix de Noelle est toujours égale, mais je sursaute brutalement avant d'écarter Sora de moi. Il me fixe avec surprise, puis suit mon regard.
Monokuma vient d'arriver. Son pas est incertain, ses yeux cernés, mais elle tient encore debout. Malheureusement. Monoaku suit quelques secondes plus tard, et referme la porte du réfectoire derrière lui. Du coin de l'œil, je vois que Tritri s'est mise en trembler et la réalisation que je fais me donne la nausée.
Elle est en retard parce qu'elle a pris le temps de gentiment éclater le drone depuis une sorte de salle de contrôle, probablement. Putain de connasse de merde.
– Quinze, ils sont tous là, annonce un Monoaku égal à lui-même, c'est-à-dire beaucoup trop souriant.
Monokuma ne lève même pas les yeux vers nous, bidouillant dieu sait quoi sur sa tablette.
– … On va pouvoir annoncer le mobile.
Mon sang se glace en même temps que l'atmosphère de la pièce. Des murmures affolés retentissent de toute part, telle une espèce de brume rampante au niveau du sol.
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Danganronpa : Babel's Curse
Random« Dieu savait. Il savait que s'ils finissaient la tour, alors... les humains pourraient L'oublier complètement. » L'illusion de pouvoir choisir son destin, d'être autre chose qu'un simple rouage dans la sinistre machinerie de ce jeu... Une carotte q...
