(TW cauchemar lié à des traumas)
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C'est environ deux heures après ma discussion fort particulière avec Eiji que chacun finit par se rassembler au réfectoire pour exposer ses découvertes. Theodosia a du mal à maintenir le calme, chacun voulant apporter sa contribution. Je ne m'inclus pas dedans. Tout le monde baragouine la même chose, il n'y a rien à ajouter, et puis je préfère passer sous silence ma dispute avec Noelle. Elle aussi, heureusement, et aucun des témoins ne décide de faire la balance. Même si Ema me lance des regards goguenards pendant toute la réunion. Petite peste.
Je ne prends même pas la peine de me doucher en rentrant, s'effondrer sur son lit comme une merde est un bien meilleur projet de vie. Trop de socialisation, trop d'émotions, trop des autres, trop de moi. Pour éliminer le trop, j'aimerais qu'il n'y ait plus rien, du tout.
Alors je ferme les yeux.
J'attends le rien.
Mais le rien ne vient pas.
À la place, c'est des pensées qui se mélangent, s'entrechoquent, tentent de se frayer un chemin dans l'étroitesse de ma cervelle, hurlant de tous côtés. Ça hurle mon nom, des insultes, je sais qu'elles me sont destinées, ça hurle d'autres noms, parfois il n'y a pas de mots, juste un long cri entrecoupé de sanglots.
Un enfant qui pleure et à qui on ordonne sèchement de se relever, une murène dans un aquarium, un bruit de chasse d'eau, une maison qui s'éloigne à travers la vitre arrière d'une voiture, une odeur de détergent, un décollage précipité, des applaudissements, ça fait mal, une nuit blanche, un peu de fumée, une brosse à cheveux accrochée dans un nœud, ça fait mal, d'autres enfants, un geste de la main, ma mère, mon père, maman, mon autre père, mon premier père, encore maman, ça fait mal, mal, mal, mal…
Mal à la lèvre.
Je me redresse, aspirant de l'air à grandes goulées. L'air est glacé, mais mon visage brûle. J'ai rêvé, je le sais, enfin plutôt cauchemardé j'imagine, impossible de me rappeler. J'ai mal, ça fait mal. Ça saigne, je suis sûr.e que ça saigne.
Je me précipite jusqu'à la salle de bain, mais le miroir ne me renvoie qu'un regard affolé, et des lèvres sans la moindre trace de sang. Ma cicatrice est propre, nette. Douloureuse. Minuscule.
Je frissonne, et me passe un peu d'eau chaude sur le visage. La douleur repart comme elle est venue. Ça va mieux. J'ai les mains qui tremblent. Un peu. Mes jambes aussi. Mais juste un peu.
… Non, pas moyen de me recoucher. Pas comme ça.
J'entends des rires dans le salon. On est en pleine nuit pourtant, c'est quoi ce bail… J'attrape un sweat qui traîne et me dirige à pas feutrés vers le salon.
– Mais arrête d'essayer de me tuer, on est dans la même équipe, ça marchera pas !!
– T'as dit nonante, moi je dis ça mérite la mort !
Deux têtes blondes sont en train de s'agiter sur le canapé, et un fauteuil roulant traîne près d'un des accoudoirs. Tiens donc.
– Dis donc, ça fait une gaming night et ça m'invite pas ?
Sora sursaute et se retourne, ses cheveux sont en désordre et elle disparaît presque dans un pyjama pilou rose à pois verts qui me ferait presque mal aux yeux si j'avais mes lunettes.
– Hey, Mika ! Je t'aurais bien proposé.e mais quand je suis venu.e dans la chambre tu dorm- Wait, c'est mon sweat ?
Je baisse les yeux et sent mon visage brûler à nouveau, pas de la même façon cette fois. Non, en effet, je porte rarement des sweats Hello Kitty, surtout aussi grands. Mais quel con d'avoir pris le premier truc venu, aussi…
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Danganronpa : Babel's Curse
Aléatoire« Dieu savait. Il savait que s'ils finissaient la tour, alors... les humains pourraient L'oublier complètement. » L'illusion de pouvoir choisir son destin, d'être autre chose qu'un simple rouage dans la sinistre machinerie de ce jeu... Une carotte q...
