« Dieu savait. Il savait que s'ils finissaient la tour, alors... les humains pourraient L'oublier complètement. »
L'illusion de pouvoir choisir son destin, d'être autre chose qu'un simple rouage dans la sinistre machinerie de ce jeu...
Une carotte q...
Lorsque je débarque dans la salle de réception, carnet en main, je ne vois qu'une foule de pieds. Et pour cause, mes yeux sont fixés au sol. Les chuchotements s'arrêtent, je sens leurs yeux sur moi et toute l'attente anxieuse qu'ils contiennent. Des escarpins rouges apparaissent dans ma vision périphérique.
- Ça va, Mika ? Tu veux t'asseoir ?
La voix de Theodosia me donne envie de pleurer. Je voudrais me jeter dans ses bras, tout abandonner, la laisser se charger du procès, m'endormir et me réveiller seulement quand toue cette merde sera terminée. Mais je secoue la tête. C'est trop tard pour me reposer, et j'ai toujours la haine contre elle pour m'avoir caché sa suspicion vis-à-vis de Sora...
Sora.
Je relève un peu la tête, balaie du regard les visages qui m'entourent. Sora est debout à l'écart avec Eiji, les yeux rouges d'avoir pleuré lors de l'interrogatoire et la tête baissée. Ses mains sont jointes devant luel alors même qu'elles ne sont pas menottées, iel a des pansements partout sur le visage, les vêtements déchirés.
Mais que quelqu'un lui amène quelque chose de potable à se mettre sur le dos, nom d'un chien ! C'est comme si... comme si l'accusé.e ne pouvait pas être humain.e. C'est ça, hein ? C'est pour ça que personne ne bouge.
Je me dirige vers luel à grands pas, enlève mon trench et lui pose sur le dos. Iel relève rapidement des yeux emplis de larmes vers moi avant de les baisser de nouveau. Je me mets à signer, tant bien que mal.
- T'inquiète. Je sais que t'es innocent.e. Je vais leur montrer à quel point ils sont cons.
Iel laisse échapper un faible rire, rauque et brisé, qui me serre la gorge. Quel meurtrier a ce genre de rire ?
Quel meurtrier se jette dans les flammes pour sauver celuel qu'il a essayé de tuer ?
- Comme c'est mignon. On peut y aller ?
Je ne sursaute même plus.
C'est que le condamné finit par s'habituer à la voix de son bourreau.
- Ouvre cette porte, Monokuma, grince Judicaël. Qu'on en finisse.
Avec des gestes d'une lenteur insupportable, la Chirurgienne fait tourner une énorme clé dans la serrure et pousse la porte.
Cette fois, pas de fresques over the top. Juste un carrelage en noir et blanc des murs tapissés uniquement de nuances de rouge, du rouge vif au carmin. C'est d'un mauvais goût crasse, et en plus Inquisiteur fait caméléon dans ce décor. Ça doit le faire marrer.
Les pupitres en bois sont toujours à la même place. Sauf que cette fois, deux portraits en noir et blanc se sont ajoutés à celui de Benedikt.
Hibiki, dont la photo disparaît presque sur des barres verticales, cruel rappel de son passé, de sa mort. Michiru et Tritri, coincées entre ce portrait et celui de Benedikt, ont l'air de deux prisonnières.
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