❝ 𝐉𝐄 𝐍𝐄 𝐒𝐔𝐈𝐒 𝐐𝐔'𝐔𝐍
𝐌𝐎𝐍𝐒𝐓𝐑𝐄 ❞ ─ 𝐥𝐨𝐮𝐢𝐬𝐞.
Louise a toujours détesté ce qu'elle était. Depuis sa tendre enfance, la jeune fille est maltraitée pour sa malédiction de sang qui l'oblige à se transformer en animal involontairement...
Louise ne s'était pas imaginé que la recette pour faire des cookies était aussi compliquée. Même si elle n'en avait jamais fait, les voir directement dans son assiette semblait bien plus simple qu'en réalité. Cela faisait deux bonnes heures qu'elle et Dorothy étaient dans la cuisine, toutes les deux aussi couvertes de farine que si elles s'y étaient baignées, et pour l'instant cela ressemblait plus à des mollusques bruns pâteux que des gourmandises comestibles.
— Ils avaient dit deux cents ou deux milles grammes ? s'horrifia Dorothy.
Louise toussa, émanant un nuage de poudre blanche autour de sa bouche. Elle se l'essuya, mais ses mains en étaient tant remplies elles aussi que cela n'eut comme résultat que de la salir encore plus. Ces cheveux, rattachées en chignon, avaient miraculeusement échappé à la teinte blanche poudrée, mais ses joues étaient maintenant encore plus claires qu'avant. Comme si elle s'était blanchi le visage à la manière de la renaissance.
La jeune fille s'était rarement aussi amusée. Bien que cela tournait à la catastrophe et qu'elle était persuadée qu'ils n'auraient pas de biscuits mangeables pour ce soir, cette après-midi lui plaisait énormément. C'était la première fois qu'elle s'occupait d'une tache qui semblait aussi banale et anodine pour les autres et qui pourtant, pour elle, était si rare. La tante avait débarquée dans sa chambre le matin pour lui annoncer, après avoir sermonné James sur la maigreur de Louise, qu'elles cuisineraient cette après-midi. Cela permettait aussi à la petite Maledictus de se changer les idées et de gouter à la vie d'une enfant normale. Et elle était reconnaissante à Dorothy de lui offrir cela. James était sorti dehors, surement pour ne pas assister au carnage.
L'auror entra justement dans la cuisine, qui était encore plus en pagaille qu'avant. Lorsqu'il vit cela, on aurait dit un père qui découvre son enfant après que celui-ci ait fait une bêtise. Ces sourcils se froncèrent et il leva les yeux au ciel, exaspérée par l'attitude de sa tante. Son soupir aurait pu faire trembler les murs de la maison.
— Je ne comprends pas pourquoi vous n'utilisez pas un sort, souffla-t-il en regardant l'état des lieu. C'est pire qu'un champ de bataille. On dirait que vous vous êtes battues avec de la farine.
Louise pouffa, tandis que Dorothy fit un geste de main outrée. James s'avança, et essuya délicatement le visage enfariné de Louise avec ses mains.
— Tu vas t'en mettre plein dans les yeux, murmura l'auror.
Ses yeux d'un bleu assorti aux siens. Qu'elle aimait tant. Il repartit ensuite, leur disant de penser à tout nettoyer. Dorothy lui cria quelque chose que Louise ne comprit pas, encore perdue dans ses pensées, puis les deux sorcières se remirent au travail, ensevelies sous des couches de blancs et d'ustensiles. Elle n'avait jamais passé des vacances aussi merveilleuses.
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— Ils ne sont pas si mauvais, finalement, déclara James après avoir pris un cookie parmi ceux dans l'assiette.
Louise s'était affalée contre lui, lisant un livre, tandis que celui-ci était assis sur le canapé à discuter avec Dorothy. Elles avaient finalement réussi à terminer leur cuisine, sans même mettre le feu à la pièce pour les cuire. Après ça, Louise était allée se laver, se demandant qui avait le plus de farine entre elle et le gâteau. La journée était passée si vite que Louise le regrettait, tant elle lui avait plu.