Chapitre 27 : Match de Quidditch

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— On a retrouvé le portrait de la grosse dame poignardé, expliqua Hermione. Heureusement, la grosse dame va bien. Elle dit que Sirius Black voulait entrer dans le dortoir de Gryffondor, et comme elle a refusé de le laisser passer, il s'est énervé. Il a littéralement lacéré le tableau.

Louise déglutit. Elle se souvenait de l'explication de Lupin sur ce meurtrier. Il avait déjà tué douze personnes au cours de sa misérable vie. Il était capable d'agir avec une violence effrayante, et sans éprouver de pitié. L'idée qu'il ait pu faire la même chose à la grosse dame qu'à une vraie personne la fit frissonner de tout son dos.

— Alors il... Il est dans le château ? s'inquiéta Louise.

Le trio d'Harry, Hermione et Ron se regarda, puis Hermione hocha la tête, tous les trois aussi pâles et silencieux que des morts.

— Mais je ne comprends pas, s'exclama Ron qui semblait apeuré, que ferait Sirius Black à Poudlard ?

Louise devina la réponse au regard qu'Hermione lança à Harry. Comme le garçon l'avait dit dans le train, le criminel le recherchait. Il était là pour lui. Plus proche que jamais.

Louise posa sa tête sur l'oreiller de son matelas, et resserra la couverture autour d'elle en guise de protection. La peur lui tordait de ventre et de sombres pensées remuaient dans son imagination fertile à la peur. Si elle avait été à la place d'Harry, si elle avait été sûre que le meurtrier était là pour elle, elle était certaine qu'elle se serait enfuie au plus vite du château, et se serait cachée très loin. Bien sûr, c'était plus facile à penser qu'à faire.

La grande salle était parasitée d'élèves qui chuchotaient entre eux sur les récents événements. Impossible pour Louise d'essayer de s'endormir. De toute façon, elle n'avait pas la tête à ça. Pourquoi Poudlard ne pouvait-il pas être le lieu tranquille et sécurisé dont lui avait parlé James ? Si un criminel en fuite n'avait aucun mal à y entrer, alors la sûreté de l'école n'était peut-être pas celle qu'elle prétendait être.

— Vous pensez qu'ils vont l'attraper ? demanda Ron.

Louise releva la tête, écoutant à nouveau la conversation.

— A mon avis non, souffla Hermione. S'il a réussi à entrer dans l'école sans se faire voir, alors il est assez malin pour ne pas se faire attraper.

Louise s'allongea sur le dos, reposant sa tête sur l'oreiller. Elle n'avait pas remarqué à quel point le plafond magique de la grande salle pouvait détendre. Elle soupira longuement, perdue dans ses pensées. Et si jamais le meurtrier se souvenait de sa mère ? S'il savait que la femme qu'il avait tuée avait une fille, ici même, à Poudlard ? Se pourrait-il qu'à elle aussi il veuille lui faire du mal ? Elle n'avait aucune raison de penser à un tel scénario, et pourtant elle était incapable de ne pas imaginer d'éventuels déroulements.

Non, c'était impossible. Il était capable d'être assez sans cœur pour ignorer jusqu'aux noms des personnes dont il avait ôté la vie. Et, quand bien même il serait au courant, il n'aurait aucun avantage à vouloir en tuer les enfants.

Louise pencha la tête vers les trois Gryffondors.

— Vous pensez qu'on est en sécurité ici ? s'inquiéta la petite sorcière.

— Bien sûr, lui répondit Harry. Poudlard est l'endroit le plus sûr au monde. Surtout que Dumbledore est avec nous, on ne craint rien.

Et ça pourtant, Louise eut du mal à le croire.

Le lendemain, tout le monde à Poudlard était encore inquiet, et on n'avait encore jamais vu les couloirs bondés d'élèves aussi calmes et disciplinés

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Le lendemain, tout le monde à Poudlard était encore inquiet, et on n'avait encore jamais vu les couloirs bondés d'élèves aussi calmes et disciplinés. Les professeurs avaient affirmé ne pas avoir trouvé Sirius Black, ce qui inquiéta encore plus. Louise quant à elle ne parlait à personne de plus que d'habitude, et ne cessait de se retourner au moindre bruit suspect.

Mais la peur de savoir le prisonnier dans le château s'évanouit bien vite chez les autres élèves de l'école. Aujourd'hui avait lieu le premier match de quidditch de l'année : Poufsouffle contre Gryffondor.

Louise ne s'était jamais vraiment captivée par le sport. Elle connaissait bien évidemment le quidditch, puisqu'elle avait quand même évolué dans un environnement rempli de sorciers. Mais cela ne l'avait jamais intéressée. Même si le match de la journée était joué par l'équipe de sa maison, elle n'éprouvait pas autant de hâte et d'excitation que la plupart des élèves. Peu lui importait que les Poufsouffles gagnent ou non.

Pour elle, l'idée d'une compétition de la sorte n'était qu'une autre invention stupide de la part des hommes pour se créer des tensions entre eux.

A vrai dire, elle se demandait si elle voulait véritablement aller au match. Elle savait d'avance que ce serait un endroit envahi de monde, où chacun essaierait d'hurler plus fort que son voisin. Elle se sentirait étouffée. Oppressée. Écrasée. Non, à bien y réfléchir, elle serait mieux au château, au calme. Personne ne lui en voudra de ne pas s'être détruit la voix, et les oreilles par la même occasion.

Ainsi, lorsque Louise se leva ce matin là dans la grande salle pour prendre son petit déjeuner, elle ne fut pas surprise de voir que tout le monde était presque déjà levé et discutait joyeusement. Le professeur Flitwick fit réapparaitre d'un coup de baguette les quatre grandes tables, ainsi que celles des professeurs, après avoir fait disparaitre les matelas où les élèves avaient dormi.

Louise s'assit silencieusement à la table des Poufsouffles, en face de Cédric. Elle savait déjà qu'il jouait dans l'équipe de sa maison tout à l'heure, et que son rôle était suffisamment important pour lui mettre une énorme pression. La maledictus le salua sans rien vouloir ajouter de plus de peur de le déranger, et commença à manger.

— Ça va, Louise ? lui demanda doucement Cédric. Tu as l'air bien fatiguée.

La petite sorcière n'avait pas eu le temps de se regarder dans une glace ce matin, mais elle se doutait que de longues cernes devaient pendre à ses joues pâles. La nuit n'avait pas été très bonne.

— Je n'ai pas très bien dormi, souffla-t-elle. La nuit a été longue.

Cédric lui adressa un hochement de tête.

— Je suis bien d'accord. Au fait, j'espère que tu me feras l'honneur de venir me voir au match tout à l'heure ? la taquina-t-il d'un ton jovial.

Louise releva la tête rapidement. Cédric comptait-il vraiment sur sa présence ? Gênée, Louise ne savait pas comment lui dire qu'elle préférerait rester au château.

— Je... En faite, je pensais rester ici, dit-elle en replongeant la tête sur son assiette.

— Tu ne viendras pas ?

Louise perçut un soupçon de déception dans sa voix.

— Je n'aime pas l'ambiance qu'il y a. Ces cris et ces bousculades... Je sais que je ne tiendrai pas.

Du coin de l'œil, elle vit les lèvres du garçon réprimer un sourire.

— Si ce n'est que les tribunes le problème alors je pense que je peux y remédier, dit-il. Les vestiaires de l'équipe sont des tentes qui donnent directement sur le terrain. Tu n'auras qu'a venir avec moi, et rester là pour regarder le match d'en bas. Je te promets qu'on voit aussi bien que d'en haut. Et en plus, tu n'auras personne pour crier à côté de toi.

— Les élèves qui ne font pas partie de l'équipe ont le droit d'y aller ? dit-elle étonnée.

Cédric se pencha vers elle, et chuchota à son oreille :

— Normalement non. Mais on a le droit à un accompagnateur. Et puis, étant donné que je suis le capitaine, personne ne me dira rien. Alors, qu'en penses-tu ?

Louise réfléchit. Pourquoi pas, après tout ? Si cela pouvait faire plaisir à Cédric, alors elle n'avait aucune raison de refuser.

Elle hocha vigoureusement la tête en signe d'approbation, ce à quoi il répondit par un sourire. Ils terminèrent ainsi leur déjeuner, heureux d'avoir trouvé un compromis. Puis, ils partirent en direction du terrain, pour assister à un match qu'ils n'étaient pas près d'oublier.

𝐌𝐀𝐋𝐄𝐃𝐈𝐂𝐓𝐔𝐒 ── 𝖜𝖎𝖟𝖆𝖗𝖉𝖎𝖓𝖌 𝖜𝖔𝖗𝖑𝖉Où les histoires vivent. Découvrez maintenant