Le son du coup frappé par le heurtoir contre la porte en chêne résonna longtemps entre les murs de pierres menant au bureau du directeur. Un long murmure éternel qui vibrait. Louise resta là, figée comme une statue, à attendre de savoir si elle devait entrer ou non. L'écho retentissait dans un silence glaçant, comme une lame qui le brisait. Elle avait la sensation qu'il se propageait jusqu'au plus profond de son crane, la frigorifiant sur place.
C'était un miracle pour elle d'avoir réussit à passer la gargouille en pierre, dont elle n'avait au passage pas apprécié les retrouvailles. Heureusement, Madame Pomfresh lui avait donné le mot de passe, et elle n'avait pas du ruser comme la dernière fois pour se faufiler à l'intérieur. Et pour ne pas refaire la même erreur, elle préféra toquer à la porte plutôt que d'entrer par effraction.Au moins, elle apprenait de ses fautes, bien que la véritable raison soit surtout qu'elle ne voulait plus être aussi pathétique qu'elle l'avait été.
La tête du griffon en cuivre servant de heurtoir sembla fixer Louise comme s'il vérifiait l'identité des visiteurs. C'était très désagréable, et la jeune fille n'arrivait pas à soutenir le regard de la statue sans détourner le sien. Elle resta là à attendre, quand elle entendit une voix provenant de l'intérieur. Comme elle pensa qu'on l'invitait à entrer, elle poussa timidement la porte, qui s'ouvrit en grinçant.
— Entre Louise, entre, s'éleva la voix de Dumbledore. Je t'attendais.
Louise s'avança dans la pièce circulaire, gênée. Albus Dumbledore se tenait derrière son bureau, les mains croisées devant ses yeux, en partie voilés par ses lunettes en demi-lunes. Louise nota avec satisfaction l'absence du modullus, et que le bureau était maintenant couvert par ci par là d'étranges instruments en argents, ainsi qu'une pile de vieux livres aux couvertures en cuir. Sa présence aurait rendu la conversation encore plus tendue et malaisante pour Louise, et c'était bien mieux qu'elle ne le revoie jamais.
Ce rendez vous était déjà la source d'une grande angoisse. Elle n'arrêtait pas de remuer dans sa tête les différents scénarios qui pouvaient se passer. Pourquoi Dumbledore voudrait-il la voir après sa transformation, si ce n'était pas pour lui annonce quelque chose de mauvais ? Il était évident qu'il n'allait pas juste la féliciter. C'était forcement pour la renvoyer, ou quelque chose de ce type. Lui demander de boire des potions de contrôle ? De passer des tests ? De s'enfermer ? Elle n'arrivait pas à savoir si derrière les yeux souriants du vieil homme se cachaient des pensées beaucoup moins agréables à son égard.
Son corps s'était remis de la transformation, et ses bleus s'étaient atténués en seulement quelques jours. La potion de Madame Pomfresh avait fait son effet. Pour une fois, la jeune fille n'avait pas du attendre des semaines avant de pouvoir articuler ses bras sans grimacer de douleur. Si bien qu'elle avait pu se lever beaucoup plus tôt que prévu, pour foncer directement tout droit vert le bureau du grand sorcier. Mais maintenant qu'elle y était, la boule au ventre, elle regrettait de n'être pas restée plus longtemps dans son lit à se reposer. La mine pâle qu'elle affichait la trahissait.
Toujours face à lui, Louise s'éclaircit finalement la gorge.
— Vous avez... demandé à me voir.
— En effet, admit-il d'une voix calme.
Il se leva de sa chaise, croisant les mains dans son dos, et commença à arpenter la pièce en admirant les murs, comme s'il découvrait celle-ci pour la première fois, tandis que Louise restait droite à la même place, raide comme une baguette. Comme si ses pieds s'étaient ancrés dans le sol tels des racines.
— On m'a rapporté ton... incident, poursuivit Dumbledore.
Louise déglutit. Le sorcier avait semblé hésiter sur le terme à employer.
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𝐌𝐀𝐋𝐄𝐃𝐈𝐂𝐓𝐔𝐒 ── 𝖜𝖎𝖟𝖆𝖗𝖉𝖎𝖓𝖌 𝖜𝖔𝖗𝖑𝖉
Fanfiction❝ 𝐉𝐄 𝐍𝐄 𝐒𝐔𝐈𝐒 𝐐𝐔'𝐔𝐍 𝐌𝐎𝐍𝐒𝐓𝐑𝐄 ❞ ─ 𝐥𝐨𝐮𝐢𝐬𝐞. Louise a toujours détesté ce qu'elle était. Depuis sa tendre enfance, la jeune fille est maltraitée pour sa malédiction de sang qui l'oblige à se transformer en animal involontairement...
