L'estomac de Louise en était tout retourné. En moins d'une heure, elle avait trouvé une solution pour pouvoir vivre ici tranquillement. Elle allait pouvoir vivre comme les autres enfants, avec en plus le droit d'être logée et nourrie gracieusement. Car le lit sur lequel avait dormi la jeune sorcière était un des plus moelleux et des plus confortables où elle ait eu l'occasion de dormir. Au début de son enfance, alors qu'elle commençait à peine ses nuits sur de la terre battue, son dos la faisait atrocement souffrir. La matin, elle se réveillait après avoir très mal dormi, le dos en miettes et les os douloureux, comme si elle s'était reposée sur un tapis de clous. Au fil des années, son endroit de repos n'ayant pas changé, elle avait fini par s'habituer et ses os étaient devenus moins sensibles aux mauvaises grâces dont elle souffrait.
Mais tout ce luxe et toute cette chance n'étaient pas le détail qui préoccupait le plus Louise. Alors qu'elle s'était apprêtée à partir, le professeur l'avait rappelée à lui, lui offrant un souvenir de son père, un bracelet d'argent. Le directeur avait été clair, il avait annoncé que c'était un professeur qui avait demandé de lui remettre le bijou. Ce qui voulait dire, que quelqu'un ici connaissait le père de Louise, peut-être même connaissait-il ses parents ?
Louise n'avait jamais songé au fait de les revoir un jour. Pour elle, c'était soit des êtres odieux qui l'avaient abandonnée pour ce qu'elle était, soit ils étaient morts. Elle ne s'était pas attardée à imaginer une autre histoire plus douce en sa faveur, comme le fait qu'ils n'aient pas eu le choix. Elle avait préféré se faire une idée fixe et nette de la chose, afin de ne pas se donner de faux espoirs. Beaucoup d'enfants pleuraient leurs parents, racontant qu'un jour ils viendraient les chercher et que tout serait fini. Sauf que Louise, elle, savait que les contes de fées n'existaient pas. Personne n'était jamais venu reprendre un enfant, personne n'était jamais sorti de cette triste réalité. En ne s'imaginant pas des parents aimants, Louise s'était endurcie à ce sujet et n'avait jamais eu à subir de faux espoirs brisés comme la majorité des autres enfants.
Marchant silencieusement dans un des couloirs interminables du château, Louise prit d'une main le bracelet offert par Dumbledore qu'elle avait soigneusement rangé dans une des larges poches de sa cape. Le bijou était assez simplet, mais en le regardant attentivement Louise fût prise d'une véritable affection pour lui.
En argent brillant, il scintillait et reflétait contre le noir de sa robe. De fines gravures étaient tracées dans le métal, comme des écritures en d'autres langues. Louise les fixait, comme si elle connaissait cette langue, mais se résolut à ne voir finalement que des triangles et autres formes étranges. Assez grand pour y passer sa main, elle le glissa autour de son poignet et rabattit sa manche. Étrangement, malgré le fait qu'elle ait réussi à y passer son bras sans problèmes, une fois mis il ne retombait pas.
Elle continua de marcher, se laissant libre de rêver à une famille. Et si, au bout du compte, ils l'aimaient toujours ? Et s'ils n'avaient pas eu le choix de se séparer d'elle ? Cela réparerait tout, elle ne leur en voudrait pas le moins du monde. Mais la question cruciale, qui tourmentait Louise chaque fois qu'elle pensait à ses parents, c'était s'ils étaient vivants. Car oui, peut-être qu'ils l'avaient abandonnée contre leur gré, peut-être que cela les hantaient jour et nuit, peut-être qu'ils aiment la jeune fille de tout leur cœur. Mais s'ils étaient morts, alors pour Louise, ça ne changerait rien. Mieux valait encore qu'ils soient morts et qu'ils ne l'aimaient pas, plutôt que l'inverse.
Elle partait dans des possibilités trop éloignées, qui commençaient à être de plus en plus mauvaises pour elle. Elle secoua la tête. Il fallait qu'elle pense à autre chose. Alors qu'elle vidait son esprit de toutes ces idées, une série de coups sourds retentit. Étonnée, Louise les compta et comprit qu'il s'agissait alors de l'heure. Neuf coups. Neuf heures.
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𝐌𝐀𝐋𝐄𝐃𝐈𝐂𝐓𝐔𝐒 ── 𝖜𝖎𝖟𝖆𝖗𝖉𝖎𝖓𝖌 𝖜𝖔𝖗𝖑𝖉
Fanfic❝ 𝐉𝐄 𝐍𝐄 𝐒𝐔𝐈𝐒 𝐐𝐔'𝐔𝐍 𝐌𝐎𝐍𝐒𝐓𝐑𝐄 ❞ ─ 𝐥𝐨𝐮𝐢𝐬𝐞. Louise a toujours détesté ce qu'elle était. Depuis sa tendre enfance, la jeune fille est maltraitée pour sa malédiction de sang qui l'oblige à se transformer en animal involontairement...
