Chapitre 26 : Troupeau d'élèves

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Si le sol avait pu l'absorber comme des sables mouvants, Louise se serait jetée dedans tête la première. Elle aurait disparu de la surface de la Terre, effacée comme une simple tache de crayon gommée. Mais tout ce qu'elle pouvait faire, c'était rester là, aussi figée qu'une statue. Pétrifiée, Louise avait maintenant les yeux aussi écarquillés que ceux de Luna. On aurait pu entendre une branche craquer a des kilomètres, tant le silence qui régnait à présent était absolu.

Luna la toisa d'un regard qui, mêlé à l'étonnement permanent de ses yeux, lui donna l'air de trouver la situation très drôle. Si Louise n'était pas aussi sidérée par ce qu'elle venait d'entendre, elle se serait effondrée en larmes. Comment Luna avait-elle pu savoir ce qu'elle était ? Est-ce qu'elle rêvait ? Non, pas besoin de se pincer pour vérifier, Louise savait parfaitement qu'elle était dans le monde réel. Mais alors comment Luna était-elle au courant ?

De sombres pensées commencèrent à ruminer dans la tête de Louise. Et si Luna racontait à tous les élèves qui était vraiment Louise ? Serait-elle renvoyée sur la demande des parents, qui s'inquièteraient pour leurs enfants ? Et si Luna n'était pas la seule à savoir ? Et si de nombreuses personnes étaient au courant, et en profitaient pour la faire chanter, sous peine de tout révéler ? Non, jamais Louise ne céderait au chantage. Elle préférait partir tout de suite, et rentrer avec James.

— Que-Qu'est ce qui te fait dire ça ? bégaya Louise.

Luna éclata d'un rire cristallin, sans que Louise en comprenne la raison. Son éclat sembla résonner dans toute la fôret, se répercutant en écho sur les arbres silencieux. Louise resta droite comme un piquet, redoutant que le moindre mouvement ne la trahisse d'avantage.

— Ton aura, reprit Luna d'une voix fluette. Et puis, je reconnaitrais ces yeux entre mille.

Étrange. Luna était vraiment très étrange. Un sentiment de malaise se répandit dans le corps de Louise en entendant ses paroles.

— « Ces yeux » ? s'étonna-t-elle.

— Oui. Ceux des maledictus.

Louise haussa les sourcils, interloquée. Sa peur avait laissé place à la perplexité. Comment ses yeux pouvaient-ils être caractéristiques de sa malédiction ? Elle n'avait jamais remarqué la moindre différence. Certes, ils étaient d'un bleu étonnamment rare, mais elle avait déjà croisé des personnes avec des yeux encore plus exceptionnels.

A y réfléchir, Louise songea qu'il n'y avait sûrement rien à craindre de Luna. Peut-être était-elle seulement une jeune fille étrange, qui savait visiblement énormément de choses. La maledictus se dit qu'elle n'aurait pas dû s'inquiéter autant tout à l'heure. En la regardant bien, Louise trouva même que Luna avait même l'air très gentille.

— Tu... Tu comptes me dénoncer ? bredouilla Louise.

— Moi ? sourit Luna, tandis qu'elle fixait le ciel d'un air absent.

Son regard rêveur se posa sur les yeux de Louise.

— Pourquoi ferais-je cela ?

Louise soupira, laissant retomber son stress, et voyant que Luna se retournait pour marcher  vers le château, elle ne lui répondit pas.

— On ferait mieux de partir, nous n'avons pas le droit d'être ici, dit-elle à l'intention de Louise.

Louise acquiesça d'un signe de tête tout en se mettant à marcher.

Lorsque Louise et Luna entrèrent dans le château, elles eurent l'impression d'avoir débarqué en plein milieu d'un troupeau de bisons fous

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Lorsque Louise et Luna entrèrent dans le château, elles eurent l'impression d'avoir débarqué en plein milieu d'un troupeau de bisons fous. Une cohue d'élèves paniqués se précipitaient dans les couloirs, allant de droite à gauche sans aucun but précis. Tout le monde se poussait et se bousculait, sans faire attention à quelqu'un d'autre que soi. La foule noire les enveloppa, et bientôt elles se retrouvèrent étouffées sous le trafic d'élèves terrorisés.

Louise et Luna échangèrent un regard, incrédules face à cette scène. Que se passait-il ? Apparemment, il était arrivé quelque chose de grave pendant leur absence. Une chose assez importante pour que tout le château en soit chamboulé.

Compressée au milieu du monde, Louise devait se mettre sur la pointe des pieds et serrer les bras contre elle pour pouvoir respirer. Quel malheur que celui d'être petite ! Luna était certes un peu plus grande qu'elle, mais Louise voyait bien qu'elle aussi peinait à garder l'équilibre. Elle qui s'était imaginé rentrer tranquillement dans son dortoir et prendre une bonne douche d'eau chaude, c'était raté.

Louise attrapa du bras la première personne dont elle reconnut le visage. C'était Neville, encore plus pâle et tremblant que d'habitude.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? lui demanda Luna, obligée de crier pour couvrir le bruit de la foule.

— C'est Sirius Black ! hurla Neville, visiblement affolé. Il est dans le château !

Le sang de Louise se glaça et elle écarquilla grand les yeux. Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Comment Sirius Black avait-il pu rentrer dans le château ?

Elle n'eut pas le temps de poser des questions à Neville que celui-ci avait déjà disparu dans la masse d'élèves. La petite maledictus se retourna pour en dire un mot à Luna, mais elle découvrit avec effroi qu'elle aussi avait disparu. Elle se retrouvait seule. Enfin, seule au milieu d'un monde pas possible. Mais sans personne avec qui parler.

Louise se sentit de plus en plus mal et sa tête se mit à tourner. Elle se prit les mains par réflexe, et se rendit compte qu'elle tremblait. Elle était terrorisée à l'idée que le tueur de sa mère soit là, tapi quelque part, tout près d'elle. En plus, elle ne savait même pas où il fallait aller, et il lui était impossible de suivre des élèves, tant cela était désordonné.

Personne ne semblait faire attention à la petite chose immobile qu'elle était, tremblotante au milieu du troupeau. Elle se fit bousculer, piétiner et marcher dessus, chaque fois sans aucune excuse ni regard. Louise s'accroupit en boule, se bouchant les oreilles si fort qu'elle entendait son cœur battre à tout rompre.

Les secondes passèrent. Elle ne discernait plus rien. Plus que le bruit de son cœur palpitant qui résonnait dans sa poitrine.

Alors que le temps semblait s'être arrêté, Louise sentit deux mains protectrices se poser sur ses épaules, la ramenant à la réalité. Elle releva la tête dans un sursaut, et découvrit le visage inquiet de Lupin penché sur elle. Il la prit par la main pour la relever, sa haute silhouette la protégeant des coups.

— Je vous ai cherchée partout, dit-il les sourcils froncés. J'étais inquiet quand j'ai appris que vous n'aviez pas répondu à l'appel. J'ai bien fait de venir vous chercher.

Louise baissa les yeux, honteuse de la situation dans laquelle elle avait été. Elle s'était laissé emporter par sa peur.

— Venez avec moi. Les élèves doivent tous rejoindre la Grande Salle pour la nuit.

Elle ne répondit pas, et suivit le professeur Lupin à travers les élèves, beaucoup moins denses que tout à l'heure. Sans s'en rendre compte, Louise lui avait pris le bras, comme elle le faisait avec James, pour ne pas se perdre.

La Grande Salle était bondée de monde. Les tables à manger avait été retirées pour faire place à des matelas et des couvertures, où des élèves avaient déjà pris place. Visiblement, ils allaient dormir la nuit ici. Dehors, le temps semblait aussi de la partie : un orage avait éclaté.

Lupin conduisit Louise jusqu'à un matelas restant, à l'écart du bruit et des cris. Louise fût soulagée de voir que les matelas sur lesquels étaient Harry, Ron et Hermione étaient proches du sien. On allait pouvoir répondre à ses questions.

— Je vous laisse ici, chuchota Lupin tandis qu'elle s'asseyait en frissonnant sur le lit de fortune. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas.

Il prit la couverture, et l'enroula autour d'elle.

— Essayez de dormir, lui conseilla-t-il en souriant.

Et dehors, un éclair résonna.

𝐌𝐀𝐋𝐄𝐃𝐈𝐂𝐓𝐔𝐒 ── 𝖜𝖎𝖟𝖆𝖗𝖉𝖎𝖓𝖌 𝖜𝖔𝖗𝖑𝖉Des histoires addictives. Découvrez maintenant