Chapitre 47 : Manchester, la gargantuesque

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Prescott croit aux miracles de Noël

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Prescott croit aux miracles de Noël. C'est insupportable, d'ailleurs. Elle est ce genre de personnes qui accrochent le gui au-dessus des portes, parce qu'un baiser peut s'avérer être magique.

Toute notion d'abracadabra a cependant été effacé de mon cerveau, en l'espace de quelques heures.

Ma valise a été perdue sur un vol en direction de Paris.

Un taxi m'a déposé au mauvais hôtel.

On a essayé de voler mon sac à mains, mais après une course épuisante à travers des rues brumeuses, j'ai pu le récupérer... J'y ai laissé la lanière et la moitié de mes phalanges et à présent, je suis agenouillée devant un égout pour essayer de récupérer mon passeport qui a essayé de se faire la malle.

Bordel !

Ma langue claque contre mon palais, quand je remarque que la moitié des passants me décochent des regards.

Je déteste les villes. Au moins, à New Garden, si on fait tomber quelque chose, on n'a pas honte. À part deux bûcherons bourrés en fin de journée au pub des Tropes et une biche, on n'a rien à craindre. Ici, je suis à découvert.

C'est un danger plus considérable encore, lorsque je réalise à quel point je suis perdue. Je me redresse avec difficultés et me plaque contre un mur pour laisser quelques passants, sans me faire bousculer.

C'était une mauvaise idée. D'abord, celle d'essayer de me souvenir de quelle ville Caleb venait. Tout ce dont je me souvenais, c'étaient les disputes qu'on avait à ce sujet. Ensuite, de convaincre mon père et les autres que je devais y aller... Parce que partir sans même avoir une seule assurance qu'il y était bel et bien, était comme rouler des dés au bord d'une falaise.

Pourtant, je suis bien ici, à Manchester, en train de secouer mon passeport pour essayer de le sécher.

Peinée, je renifle et regagne la sécurité de ma chambre d'hôtel où je m'enferme en m'écroulant devant la porte. La pluie qui retentit contre mes fenêtres est un son que je laisse m'envahir, dans l'espoir qu'il remplace les milliers de questions qui me squattent.

Manchester est trop grand pour que j'y retrouve un astronaute déchu. Je ne vais pas y arriver.

Je dois retourner chez-moi.

Mes doigts se perdent dans mes cheveux et je tire sur mes mèches, comme si j'allais mettre du bon sens dans mon crâne. Ce ne sera jamais le cas, sinon, je ne serai pas ici.

Je lâche un grand soupir et me redresse avec fatigue pour retrouver le peu d'affaires qui ont fini par me suivre. Je n'ai plus de vêtements, à part quelques changes dans mon sac que j'étale sur un lit défait. J'attrape mollement la carte de Manchester et m'assois sur le rebord pour l'étudier.

Ce n'est en rien le Maine, ses forêts, ses lacs et ses phares. Je n'y retrouve aucune de mes routes que je pourrai tracer du bout de mes doigts, même aveugle. À la place, j'y retrouve des ports, des zones industrielles, des avenues et des rues, des quartiers par milliers. Frustrée, je fronce les sourcils et essaye de me concentrer sur les noms qui se dressent devant mes yeux.

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