Chapitre 41 : le réconfort

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Je n'hurlerai pas

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Je n'hurlerai pas.

Je ne pleurerai pas.

J'aimerais, pourtant.

Mais dès qu'une larme ose frayer son passage sur ma joue, je m'empresse de l'essuyer. Étouffée dans les coussins qui bordent le canapé du petit salon chaleureux de mon père, je regarde le petit matin se lever à travers les grandes baies vitrées.

Les flocons de neige dansent, aujourd'hui. Et tout est incroyablement silencieux.

Tout ce qu'il faut pour que je puisse entendre mon cœur battre frénétiquement dans mes veines saillantes.

Et les derniers mots de Caleb, aussi.

"Tu m'attendras ?"

Je ricane, au point que mes joues se contractent dans une crampe immonde.

Parce que bien sûr, j'attendrai.

Je suis l'abrutie finie qui attends pour tout le monde. D'ailleurs, quand ma mère s'était agenouillée en face de moi, ce soir-là, elle m'avait demandé la même chose.

Près de deux décennies plus tard, je n'ai toujours aucune putain de nouvelle.

J'attends pour qu'elle revienne.

J'attends pour que Colby soit raisonnable.

J'attends que Caleb redescende sur Terre.

J'attends que mon cœur arrête de saigner pour ces personnes qui croient que je suis un putain de cactus.

Même ces foutues plantes ont besoin d'eau, parfois. Même celles qui sévissent dans des déserts pendant des siècles et qui pèsent plus d'une centaine de tonnes...

Je secoue la tête pour chasser mes idées, ainsi qu'accessoirement des nouvelles larmes et me redresse sur mes coudes. La capuche de mon pull, jusque-là férocement enfoncé sur mes cheveux roux, s'écroule sur mes épaules et la brise chaleureuse du chauffage s'infiltre dans mon cou.

C'est ce que j'ai toujours aimé chez moi.

Pas mon chalet, perdu au fin fond des bois.

Mais ce petit appartement au centre de New Garden, qui donne vue sur tous les autres habitants et des hauteurs forestiers, a quelque chose de plus que le reste.

Il y dégage une chaleur exquise, presque rassurante.

Et comme un animal blessé, je suis venue m'y réfugier.

Parce qu'à la maison, il n'y avait pas Ollie.

Parce que sur mon canapé, il n'y avait pas mon astronaute squatteur.

Et je ne pouvais pas supporter la solitude.

Colby a raison sur ce point.

Je renifle avec violence, en manquant de peu de me vriller les sinus et passa ma main sur mon visage lourdement marqué par des heures d'oppression de la part des coussins.

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