Chapitre 13 : le retour d'un astronaute

706 107 25
                                        

Cela fait déjà à présent plusieurs jours que je suis arrivé chez Heden

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

Cela fait déjà à présent plusieurs jours que je suis arrivé chez Heden. Plusieurs jours que je reste cloîtré dans son chalet, me purgeant et m'accoutumant petit à petit à nouveau à l'attraction terrestre.

Mais bordel, je n'en peux plus. Je n'en peux plus de ce foutu canapé, de ces coussins trop flashs, de la chaleur sèche, de manger, de dormir, de me disputer avec Heden et de recommencer. Encore et encore.

Même si je dois avouer que lorsque ses pommettes pâles se teintent de pourpre, sous la fureur, c'est tout de suite plus satisfaisant.

Mais lorsqu'elle part, l'ennui revient en galopant et tout ce que je peux faire, c'est regarder Ollie faire sa vie, à travers le chalet. Dans un sens, je l'envie. Parce qu'elle, au moins, peut sortir lorsque sa maîtresse se décide enfin de rentrer de son travail. D'ailleurs, celle-ci passe la santé de son animal de compagnie avant même la sienne. Peu importe si elle est plus couverte de copeaux de bois que de cheveux, peu importe si elle a faim ou qu'elle est trempée...

Et moi, tout ce que je peux faire, c'est de prendre de grandes inspirations, lorsqu'elle ouvre la porte. 

Et puis merde. Rien à foutre.

D'un geste de main furieux, je me débarrasse des plaids et m'essuie le front d'un revers de manche. L'effort est déjà insupportable et les tiraillements dans mon ventre n'annoncent rien de bon. Mais tant pis. Je vais devenir fou, sinon.

Ollie se redresse immédiatement de son panier et vient gémir en posant le bout de sa truffe noire sur ma cuisse.

- Quoi ? Si je te promets de venir avec moi, tu promets de ne pas me balancer à ta furie ?

Comme seule réponse, je reçois un jappement joyeux.

- Marché conclu.

Je serre les mâchoires et une jambe après l'autre, je pose un pied au sol. Les rayons de soleil sont chaleureuses aujourd'hui et elles pénètrent le salon dans de petits faisceaux lumineux, faisant onduler des filaments de poussière sur la fourrure immaculée de l'animal. Si Ollie se redresse dans un bond, il m'en faut un peu plus pour faire de même. 

Putain, je suis trop grand pour ces conneries.

Ma taille ne me permet pas de rester debout trop longtemps et je suis obligé de me raccrocher sur les meubles boisés si je ne veux pas me retrouver joue contre sol très vite. Mes migraines fusent dans ma tête et j'ai littéralement l'impression de me faire assommer, encore et encore, par une enclume.

Cependant, je reste déterminé et j'avance doucement.

Allez, Caleb. C'est comme les tests à la NASA. Le tout, c'est de rester debout.

Plus facile à dire qu'à faire.

Alors que je tends ma main vers un sweat à capuche gris frappé du même logo de bûcheron que portait le géant, l'autre jour, je me retiens de ne pas me mettre à rire. Bordel, si Lev me voyait, il se moquerait royalement de ma pomme. Il le faisait toujours, lorsque je recevais mes compte-rendus après les exercices. Il riait comme une hyène en voyant ma grimace et les réprimandes des docteurs. Selon lui, il n'y avait pas un seul humain qui était apte à aller dans l'espace. Il fallait qu'on devienne plus que ça, pour pouvoir supporter un tel choc. 

Winter ✅Des histoires addictives. Découvrez maintenant