Chapitre 50 : ce que nous décidons

587 98 24
                                        

Il pleut toujours dehors

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

Il pleut toujours dehors. Malgré l'obscurité nocturne qui cache les nuages bien au-delà des rideaux tirés de la chambre d'hôtel d'Heden, je sais que la pluie est là.

Qu'elle nous trempe, d'une façon ou d'une autre.

La tête pendue dans la vide, je fais passer mes doigts dans la chevelure rousse d'Heden, sans quitter la fenêtre du regard.

On s'est dit beaucoup de choses.

On s'est fait beaucoup de choses.

Et maintenant, on reste couchés, l'un près de l'autre, sans respirer, par peur de ruiner un moment qui semble parfait.

Ancré dans les draps du lit, je laisse les mains d'Heden se presser contre mon torse dénudé. Y compris sur les cicatrices qu'elle a elle-même aggravé avec ses soins si primitifs.

Je ne lui en veux pas.

D'ailleurs, j'en souris même.

Ça me fait remonter dans un temps où, quand je me réveillais, je voyais le monde s'écrouler sous mes pieds. Littéralement, qui plus est, à cause de ces putains d'effets d'apesanteur qui déréglaient ma balance cérébrale.

Mes saignements constants ne me manquent pas.

Moins encore les fièvres qui se succédaient et les migraines tenaces qui manquaient de m'écraser le cerveau.

Ce qui me manque, en revanche, c'est la sensation de bienvenue que j'avais grâce à une communauté qui travaillait d'arrache-pied dans un présent magnifique.

Le passé est une cicatrice, pour les habitants de New Garden.

Le futur, une possibilité.

Mais l'instant présent ? Il est doré.

J'aimerais dire à Heden que je veux revenir avec elle. Parce que si elle se tait, elle aussi, c'est que rien d'autre ne sortira de ses lèvres à part cette question.

Mais je ne suis pas sûr de pouvoir lui donner cette réponse, encore.

Tout comme elle n'est pas prête à me le demander.

Je bascule légèrement la tête pour la plaquer contre la sienne et vient prendre son corps dans mon étreinte, réfugiant tous mes maux dans sa chaleur naturelle.

Bordel. Elle m'a vraiment manqué.

La faible lumière qui meurt dans la cheminée de sa chambre éclaire ses grands yeux émeraude ainsi que son sourire étincelant lorsqu'elle hausse les doigts à mon visage. La pulpe de son pouce dégage l'une de mes mèches blondes de ma vision et je me retrouve démuni face à son emprise.

Je l'aime.

Je l'aime.

Putain, je l'aime.

Winter ✅Des histoires addictives. Découvrez maintenant