Un flocon de neige par-ci, une hache par là et on obtient la recette parfaite d'une vie sans pépins à New Garden. Car oui, ce petit village perdu au fin fond du Maine a tout d'un véritable havre de paix.
C'est du moins ce que pensait Heden Keye. Si...
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Une semaine plus tard, Manchester, Angleterre.
C'était un échec.
D'Oxford à Houston.
De Lev aux étoiles.
D'Heden à Chrystine.
Tout.
Absolument tout.
Parce que cette dernière a raison. Qu'on monte ou qu'on descende, qu'on vit ou qu'on meure... Les étoiles ne sont rien d'autres que des illusions que l'humanité ne pourrait jamais atteindre. Des magnifiques petites bulles étincelantes de rêverie pure, un mensonge qu'on enseigne aux enfants pour les éloigner des rues impitoyables d'une société en crise.
Et bizarrement, alors que je suis écroulée contre la vitre du taxi qui m'entraîne à travers les rues ouvrières un peu brumeuses de Manchester, un sourire ironique fraye son passage sur mon visage.
Je commence de plus en plus à croire en cette légende qui dit que les étoiles ne sont rien d'autre que des trous dans une boîte qui nous permettrait de respirer.
Que nous ne sommes rien d'autre que des jouets dans la poche d'un enfant, traînés jusqu'à ce qu'il soit lassé.
Moi, le premier, je prends poussière. Une partie de moi aurait voulu mourir dans l'explosion de Penrose.
Je n'arrive pas à croire que c'était lui, qui avait raison, depuis le début.
C'est quand on passe notre temps à rêver, qu'on a le plus peur de réaliser que ça n'a jamais été rien d'autre qu'un cauchemar.
— Stott Road, monsieur. Ça fera 25 £.
Je me redresse en grimaçant et écrase l'argent dans la main du chauffeur qui me regarde sortir en arquant un sourcil, jugeur.
Je m'en branle.
Je suis un connard et ce n'est pas nouveau. Il y en a pas mal qui peuvent approuver.
Alors gardons les étiquettes si c'est le seul truc qui me reste dans ma putain de vie.
J'attends que le taxi s'éloigner pour lâcher un lourd soupir et de rabattre ma capuche sur mes cheveux, avant que les mèches blondes ne se mettent à noircir sous la pluie. Voilà quelque chose qui ne m'avait pas manqué... Que j'avais même oublié, avec l'obscurité de l'espace et la neige du Maine...
La pluie.
Froide, elle menace d'arracher mes joues de mon visage dans de petites bourrasques irrégulières.
Rien, ici, n'a changé. L'odeur des pétunias de la maison des Richards embaume toujours autant le quartier où tout est rangé presque maladivement. Les mêmes haies, les mêmes toitures charbonnées...
Un millier d'années pourraient s'écouler, que cet endroit ne frémirait pas d'une brique.
Et pour quelqu'un qui n'y habite pas, c'est quasiment impossible de ne pas s'y perdre, sans adresse.