13. Un interlude sous un vieux chêne

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Eleanore

Samedi vers 17h00, dans la campagne du Kent :

Fatiguée de faire semblant de m'amuser ou de répondre aux questions intrusives de Wendy avec enthousiasme, je décidai d'aller faire une promenade. Je n'arrivai plus à tenir. Je bouillonnai intérieurement de voir Gemma lui faire les yeux doux et le toucher à tout va.

Tom voulut m'accompagner, mais je refusai catégoriquement. J'étais toujours en colère après lui pour sa dernière traitrise. Et j'avais également besoin de me retrouver seule pour faire le point loin de tout ça. Alors je retirai mes chaussures que je laissai dans le jardin avant de prendre le petit sentier à côté de la maison.

Ce chemin verdoyant donnait accès directement à un lac en contre bas qui se situait à la limite de la propriété de Chris et Wendy. Je savourai les brins d'herbes qui me chatouillèrent les orteils en arpentant tranquillement la distance qui me mènerait à ma destination. Je m'imaginai déjà sur place à profiter du silence que la nature m'offrirait.

J'avais découvert cet endroit en me baladant la première année où nous étions venu avec Charlie et Tom. Depuis j'aimais y retourner pour écrire quand j'avais une idée qui me venait. Ou pour simplement profiter de cette nature qui me rappelait les grandes plaines sauvages du Kansas.

J'arrivai près du vieux chêne qui surplombait ce lieu tranquille. Je m'assis à son pied en appuyant mon dos contre son tronc. Je regardai le vent poussé doucement l'eau en laissant mes larmes couler le long de mes joues. Lassée de ma propre tristesse, je les essuyai avant de fermer les yeux.

-- La place est prise ? demanda Aaron qui venait de me rejoindre.

-- Oui, déclarai-je doucement en gardant les yeux fermés.

Il ne prit pas en compte ma réponse puisqu'il s'installa à côté de moi en me collant. La proximité de son corps redevenait un vrai calvaire. Une vague de chaleur revint dans mon corps.

-- Pourquoi tu es là, lui demandai-je.

-- On m'a invité à un week-end barbecue et margaritas.

-- Non, pourquoi tu es à côté de moi sous ce vieux chêne ? le repris-je.

-- Tu veux qu'elle réponse, s'amusa-t-il.

-- La vérité.

Il prit ma main qu'il caressa. J'étais incapable de me reculer de son toucher qui m'enflammait complétement. Alors je le laissai faire. Le contact de sa peau m'avait manqué, j'avais espéré de nombreuses fois le sentir à nouveau.

C'est une réelle torture. Laisse-moi et pars, si tu ne comptes plus me toucher ou m'embrasser encore. Mais ne joue pas avec moi.

-- Certainement pour la même raison qui t'a poussé à venir te cacher ici, me répondit-il calmement.

-- Je ne pense pas, non.

-- Et bien dis-moi pourquoi toi tu es là dans ce cas.

J'ouvris les yeux en tournant mon visage pour le regarder. Il souriait en me fixant.

-- Ça ne fonctionne pas comme ça, toi d'abord. Je t'ai posé la question en premier.

-- Je te répondrai seulement si tu me dis pourquoi je te contrarie autant, susurra-t-il en s'approchant de moi.

Tout mon corps réagit instantanément. Alors pour ne pas lui avouer tout ce que je ressentais et grâce aux bienfaits de l'alcool, je me jetai sur sa bouche que j'embrassai.

La Proposition (Correction)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant