31. En route pour une Garden Party

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Eleanore

Dans le quartier de Nothing Hill, le dernier week-end d'août, samedi dans la matinée :

-- Arrête de gigoter, me réprimanda Charlie. Tu es impossible quand tu t'y mets.

-- Cette robe est un tantinet courte non ? demandai-je en me dandinant. J'ai l'impression que tu m'as tartiné de maquillage et ces épingles me font horriblement mal au crâne !

-- Encore en train de te plaindre Kansas, cria Tom de ma cuisine.

-- C'est une séance de torture, criai-je en retour.

-- Arrêtes de bouger, insista Charlie.

J'essayai de rester immobile en soufflant. Qu'elle idée j'avais eu de leur demander de m'aider à me préparer ? Je devais sûrement ressembler à une drag-queen prête pour un show à Vegas.

-- Prête, entonna Charlie.

-- Non, mais je ne tiens plus dans cette salle de bain minuscule, pestai-je.

-- Je vois que Madame s'est habituée au luxe depuis qu'elle fréquente un garçon de la haute, se moqua-t-elle.

-- Pas du tout, me défendis-je en sortant pour rejoindre Tom.

J'arrivai devant lui. Il écarquilla les yeux en restant muet, ce qui ne lui ressemblait pas. Je commençai à flipper. Je devais vraiment ressembler à une vieille chanteuse de country mal sapé.

-- Alors ? s'extasia Charlie en nous rejoignant.

-- Je suis sur le cul, siffla Tom.

-- C'est si horrible que ça, couinai-je en me retournant vers la porte-fenêtre pour essayer de me voir.

-- Tu plaisantes, s'égosilla-t-il presque. Cha tu as fait un boulot magnifique.

-- Je sais, je sais, s'auto gratifia-t-elle en tirant la révérence. C'est inné le maquillage chez les hindous que voulez-vous.

-- Bon je peux me voir ? entonnai-je pressé.

-- C'est bon vas-y, lâcha Tom en levant les yeux au ciel.

-- N'abîme pas mon œuvre, lança Charlie quand j'entrai dans ma chambre.

J'arrivai devant mon psyché. J'en restai ébahie. Charlie avait ramené mes cheveux sur mon épaule droite en les ondulant légèrement. Ils formaient une belle cascade sophistiquée le long de ma poitrine. Pour le maquillage elle avait fait quelque chose de naturel et pas trop tape à l'oeil.

Je ne vis que mes yeux qui ressortaient à côté de ma crinière rousse domptée comme jamais personne n'avait réussi à le faire. La robe trapèze qu'avait choisi Tom était de la même couleur que mes yeux, d'un vert céladon. Elle était à manche courte et m'arrivait au-dessus du genou. Elle était dotée d'un col haut rond. Le tissu léger épousait ma poitrine à la perfection. Elle partait de chaque côté de ma taille pour s'évaser en millier de volants.

Charlie m'avait fait mettre des escarpins rose poudré. Elle m'avait également prêté une grande pochette de la même couleur. Je dus reconnaître que c'était plutôt classe comme tenue. J'avais l'air chic et sophistiqué, je ne me reconnaissais pas. J'espérais qu'Aaron me trouverait jolie dans cette tenue.

Ils arrivèrent tous le deux en courant. Ils restèrent dans l'encadrement de la porte en me fixant.

-- Alors, me demanda Charlie.

-- C'est magnifique, souris-je en me contemplant.

Ils se tapèrent dans la main avant de venir à côté de moi. Ils se placèrent autour de moi devant le miroir.

La Proposition (Correction)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant