Eleanore
Dans des cuisines fourmillantes de personnel qualifié, dans l'après-midi :
Je cherchai un endroit ou me cacher. J'avais contacté les différentes entreprises de taxi du secteur, aucunes ne pouvait me ramener à Londres. Je me retenais de ne pas m'effondrer depuis un moment, depuis le moment où stupidement je lui avais dit que je l'aimais. A partir de ce moment-là tout était parti à la dérive. Je n'avais plus rien contrôler du tout.
Mais pourquoi j'ai fait ça ? Je suis tellement bête, on n'a pas idée de sortir ça comme ça.
J'entrai dans une petite pièce remplie de provisions en tout genre, le garde-manger sûrement. Je refermai la porte derrière moi avant de me laisser aller contre une étagère en pleurant comme une madeleine. Je savais qu'ici personne ne me trouverait alors je déversai tout ce que je contenais depuis des heures.
Bien sûre qu'il ne m'aimait pas, il me l'avait déjà dit. Pour me le prouver aujourd'hui, il était allé jusqu'à s'afficher devant tout le monde avec celle qui s'était moquée de lui et qui lui avait brisé le cœur alors qu'il n'était qu'un adolescent. C'était peu dire de la considération qu'il avait pour moi. À ses yeux je valais encore moins qu'elle.
C'était vraiment stupide de ma part de croire qu'il pourrait m'aimer, c'est Cha qui avait raison depuis le départ.
Tout ça pendant que moi j'essayais de donner le change avec toutes les personnes qui me questionnaient sur ma relation avec lui. Sa tante avait fait répandre la bonne nouvelle auprès de tous ses invités. Elle m'avait présenté à tout un tas de personnes dont je n'avais même pas retenu les prénoms en mettant en avant mon statut dans cette famille. Statut qui n'avait pas durer longtemps finalement.
Je voulais me cacher, m'enfuir le plus loin possible de cet endroit, de ce pays. Ma poitrine me faisait souffrir. J'avais ce trou béant au niveau de mon coeur qui ne faisait qu'augmenter. Si j'avais été anéanti le jour où Aaron m'avait dit qu'il ne ressentait rien pour moi, aujourd'hui ce que je ressentais était indescriptible. Ma douleur était insupportable.
Maggy me manquait terriblement. Elle aurait certainement sorti son fusil pour le menacer. Comme elle l'avait fait avec mon premier petit ami qui m'avait plaqué devant tout le lycée en se moquant de moi. A l'époque je n'avais pas été triste qu'il me quitte mais plutôt qu'il m'humilie publiquement.
Pourquoi ce genre de chose n'arrive qu'à moi ? Pourquoi il a fallu que le premier homme dont je tombe amoureuse soit Aaron Neill et qu'il ne m'aime pas ?
Je me laissai tomber au sol en continuant de pleurer. J'étais sur le point d'appeler Charlie quand la porte s'ouvrit. Je me redressai d'un bon en cachant mon visage. J'essayai de contenir mes sanglots en espérant que la personne qui venait d'ouvrir cette porte me laisserait un peu d'intimité.
Je n'avais pas vu qui était entré, je n'osai pas regarder. J'entendis la porte se refermer ainsi que la respiration bruyante de quelqu'un qui venait de fournir un effort surhumain. Je reconnus cette respiration, c'était celle d'Aaron. Je gardai mes mains devant mon visage pour le cacher en essayant de réprimer mes larmes qui refusaient de s'arrêter de couler.
Non, pas toi. Pars, laisse-moi. Tu en as déjà assez fait.
J'entendis sa respiration se rapprocher de moi jusqu'à sentir son souffle sur mes mains. Son corps n'était qu'à quelques centimètres du mien. Il prit mes mains qu'il enleva doucement de mon visage. Je fermai les yeux, refusant de le voir. Il releva mon menton vers lui.
-- Regarde-moi Eleanore, déclara-t-il en essayant de reprendre sa respiration. S'il te plaît.
Je ne peux pas te regarder, ne m'obliges pas à le faire.
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La Proposition (Correction)
RomanceQue repondriez-vous si un bel inconnu vous faisait une proposition indécente en pleine rue? La proposition est claire: juste une nuit où tout serait possible. Une seule nuit sans aucuns tabous, sans aucunes retenues. Où chacun pourrait s'exprimer s...
