Aaron
Dans un autre quartier de Londres, ce même vendredi à 19h00 :
Je fis mes étirements dans le jardin. Je venais de courir un peu plus de vingt kilomètres en faisant plusieurs fois le tour de South Kensington. Cette banlieue m'insupportait au plus haut point. Elle me rappelait tout de mon enfance et de la vie de privilégié à laquelle j'appartenais et que je détestais. Elle me rappelait surtout mes devoirs ainsi que l'avenir que Duncan avait tracé pour moi.
Malgré ma course, je n'arrivais pas à faire redescendre ma pression. À peine une semaine que j'étais de nouveau sur le sol anglais, qu'il me tapait déjà sur les nerfs. Je devais trouver une solution et un logement pour ne pas rester sous le même toi que lui. Ou l'un de nous deux finirait par perdre la vie.
J'aimerais autant que ce soit lui.
-- Salut frangin, lança Alister, mon petit frère, en arrivant à ma hauteur.
-- Salut petit con, fis-je en le prenant dans mes bras.
-- Maman m'a dit que tu étais rentré lundi. J'ai pensé que ça valait le coup de venir le voir de mes propres yeux, se galvanisa-t-il en se décalant de moi.
-- Inès est aussi arrivée ? demandai-je en reprenant mes élongations au niveau des cuisses sur le banc à côté de la terrasse extérieure.
Il s'appuya sur le dossier de ce dernier en croisant les bras avant de me répondre en me regardant faire.
-- Elle ne devrait plus tarder.
-- Je vois que ce soir la famille va être au grand complet, grinçai-je amèrement en forçant un peu plus sur ma cuisse droite jusqu'à en avoir mal.
Mon agacement du moment remonta d'un cran. Comme à son habitude Duncan avait dû exiger que ma mère organise un dîner pour notre famille qu'il voulait parfaite. Jusque-là j'avais évité de me retrouver plus de trois minutes dans la même pièce que lui, ce soir j'allais devoir endurer tout un repas en sa compagnie.
Qu'elle plaie !!! Qu'elle torture ce diner !!!
Sur le papier nous étions une bonne famille d'aristos qui avait le monopole mondiale des dernières technologies. Ma petite soeur Inès avait épousé le second de l'entreprise familiale, Robert, un connard prétentieux. Ils avaient eu deux enfants ensemble, elle avait dû renoncer à une carrière dans le marketing pour devenir mère au foyer et accessoirement sa boniche.
Elle était tellement brillante. Comment elle a pu accepter cette condition ?
Alister, lui, travaillait dans la branche innovation et développement de l'entreprise familiale. Il passait son temps libre à sortir et à se taper tout le menu gratin de Londres et des autres capitales européennes. Il était le fêtard de notre fratrie.
Ma mère, Live Neill, supportait un mari violent qui la dégradait en permanence. Elle cachait les coups qu'elle recevait sous des habits et du maquillage qui couvraient le plus possible sa peau. Elle occultait avec facilité ce qu'il lui faisait subir. Elle n'avait pas son pareil pour mentir en trouvant des raisons valables à ses différentes blessures, la maladresse étant son alibi préféré.
-- Tu pourrais être un peu plus enthousiaste, se renfrogna Alister. Ça fait plus de dix ans que tu es parti, il est normal que père souhaite nous réunir et
-- Ne commence pas avec lui, claquai-je en serrant la mâchoire.
Je me redressai pour me remettre sur mes deux jambes en me retournant vers lui, le visage crispé.
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La Proposition (Correction)
CintaQue repondriez-vous si un bel inconnu vous faisait une proposition indécente en pleine rue? La proposition est claire: juste une nuit où tout serait possible. Une seule nuit sans aucuns tabous, sans aucunes retenues. Où chacun pourrait s'exprimer s...
