8. Un dur retour à la réalité

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Eleanore

Des rames de Métro plus loin, dans le quartier de Nothing-Hill,

Je rentrai chez moi en reniflant. J'avais les yeux rougis par mes larmes que je n'avais pas pu me retenir de verser alors que je rejoignais mon appartement. Je savais que je n'avais qu'une nuit avec Aaron quand je lui avais dit oui.

Si au début la perspective de ne pas avoir à supporter pendant des semaines un idiot de plus, ajouté à cela qu'elle m'était faite par un homme à tomber par terre, avait rendu cette proposition des plus intéressantes. Maintenant que je venais de passer la plus belle de toutes mes nuits avec cet Adonis aussi passionnant qu'attentionné, j'avais un sentiment d'inachevé qui me rendait triste.

Je ne savais pas si c'était l'effet lâchage complet devant un inconnu que l'on ne recroiserait probablement jamais, mais le sexe entre ses mains expertes avait été indescriptible. Pourtant tout n'avait pas été qu'une question physique entre nous. Je m'étais sentis tellement bien que je n'avais eu aucun mal à me confier un peu à lui et à lui parler sans me trouver ridicule. Je m'étais également sentis spéciale à ses yeux pour qu'il en vienne à partager avec moi ce qu'il ne semblait pas avoir dit à d'autres.

Une partie de moi avait espéré qu'après avoir vécu ces moments inoubliables, il aurait peut-être eu envie d'en partager d'autres avec moi et que cette nuit incongrue se transformerait en quelque chose de plus sérieux. J'avais attendue qu'il me propose de le revoir en déchantant lorsqu'il m'avait fait comprendre que non, pour lui je n'avais sûrement été qu'une banale nuit de plus.

Alors je m'étais sauver pour ne pas perdre la face. En même temps je ne savais pas ce qui m'avait pris d'espérer une telle chose. Je n'aurais pas dû en être autant peinée comme maintenant, rare étaient les personnes biens qui avaient réellement voulus de moi, j'avais l'habitude. Malgré tout, je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir une petite fissure dans ma poitrine, j'aurais aimé que lui veuille de moi, et pourquoi pas vivre mon propre conte de fée.

Ah mes abominables rêves romantiques, voilà où j'en suis : pleuré un homme que ma médiocre petite personne n'a pas réussi à intéresser plus que ça.

Je pris une douche et passai mon vieux jogging tout doux pour me réconforter. Je me fis un thé avant de récupérer mon téléphone dans mon sac pour aller lamentablement me vautrer dans mon canapé. J'avais une dizaine d'appels en absence de Charlie et de Tom, ainsi qu'un message vocal de ma belle-mère.

Aucuns de mes deux parents n'avaient réellement pris la peine de m'appeler ou de m'envoyer un message pour mon anniversaire. Ce qui ne me surprenait pas mais me rendis encore plus triste. J'écoutai le message de ma belle-mère en pleurant comme une madeleine :

" Allo ... Eleanore..., mince Phil c'est son répondeur... Heu oui, coucou Eleanore, c'était pour te souhaiter un joyeux anniversaire. On pense fort à toi. Ton père va t'envoyer des billets d'avion pour l'anniversaire de Trishia au mois de décembre... Tu te souviens, elle fête ses 35 ans. Je t'avais envoyé la liste qu'elle avait faite des cadeaux qu'elle désirait, tu l'as bien reçu ? ... Au fait j'ai lu ton dernier livre, il est comment dire, un peu plus osé que le autres. Tu sais ici ça parle beaucoup alors il serait peut-être bien que tu ralentisses sur certaines scènes, si tu vois ce que je veux dire. Rappelle-nous quand tu auras un moment. On t'embrasse fort, hein Phil ? ... Phil ? ... "

J'avais complètement oublié l'anniversaire de cette peste. J'avais envie de vomir, si cette journée était déprimante, ma belle-mère Madison venait de la plomber complètement. Je n'avais pas envie de retourner au Kansas, encore moins de faire des courbettes en souriant à la femme de mon père et à sa fille aussi détestable qu'elle.

La Proposition (Correction)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant