Ayona Hills
31/05
Édimbourg, écosse.
Une lumière éclatante m'aveugle, quelques minutes, m'enveloppant paisiblement. Mes paupières clignent plusieurs fois pour reprendre une vision normale pendant qu'une sensation de légèreté s'empare de moi. Je me sens étrangement bien dans cet endroit inconnu.
Je hausse un sourcil en réalisant que je me trouve dans un vaste champ où des marguerites décorent le paysage magnifique. Un petit sourire triste se plaque sur mon visage, c'était les fleurs préférées de ma mère. Je ne sais pas comment je suis arrivée dans cet environnement paradisiaque mais étrangement, je ne me préoccupe pas de ça.
Un soupçon de curiosité me submerge lorsqu'une silhouette féminine apparaît dans mon champ de vision. Elle est vaguement similaire à celle de ma défunte mère, remarquais-je. Soudainement, mon sang se fige dans mes artères quand cette personne tourne la tête dans ma direction. Maman.
Non ! C'est impossible ! Ma mère est décédée. Pourtant, mon intuition m'ordonne de rejoindre cette personne qui me semble de plus en plus familière. Où sommes-nous ? Les mots restent bloqués dans mes cordes vocales lorsque je constate qu'il s'agit de ma mère. Elle m'adresse un sourire rayonnant mais ses iris trahissent un soupçon de tristesse.
- Maman. soupire-je, ne comprenant pas.
- Je suis heureuse de te revoir ma chérie, mais tu ne devrais pas être ici, l'heure n'est pas encore arrivée pour toi.
- Où sommes-nous ? Suis-je morte pendant mon sommeil ? l'interroge-je, apeurée.
- Tu ne te souviens de rien, Ayona ? Tu as eu un grave accident, tu es à l'hôpital.
- Non ! m'écrie-je, fortement. Ce n'est pas possible ! Je suis sûrement dans un rêve !
- Suis-moi. m'ordonne-t-elle, avec gentillesse, en prenant ma main.
Je ne sais pas ce qu'il se passe. Mais une chose est évidente, ce n'est pas un rêve. Le contact de la main froide de ma mère se fait ressentir sur la mienne, comme si elle était réelle. Tout à coup, une porte boisée apparaît au milieu du champ de marguerites augmentant mon incompréhension. Un sentiment de panique se propage dans mon corps.
- N'ait pas peur Ayona, tout va bien se passer. me rassure-t-elle, avec un sourire.
Je m'attends à me réveiller d'une seconde à l'autre, confortablement blotti dans les bras de Lilian, lorsque nous dépassons la porte imaginaire. Je réprime un sentiment de surprise quand nous apparaissons dans une chambre.
Les murs blanchâtres et les bruits incessants des machines m'indique que nous nous trouvons à l'hôpital. Je me fige instantanément quand mon regard pivote légèrement vers la gauche. J'observe attentivement mon visage pâle et mes paupières fermées, je suis inconsciente. La machine, qui contrôle les battements de mon coeur, bipe lentement.
- Je suis morte. murmure-je, comme pour moi-même, effrayée.
- Tu es entre la vie et la mort, ma chérie. rectifie ma mère, tristement.
Mon rythme cardiaque loupe un battement quand la carrure imposante de Lilian pénètre dans la petite chambre où une odeur de désinfectant règne dans l'atmosphère. Une douleur vive se propage dans ma cage thoracique quand mes pupilles se posent sur son visage. Je peux lire ce qu'il ressent: de la colère, de la souffrance et de la culpabilité.
- Comment dois-je faire pour revenir à la réalité ? questionne-je ma mère, impatiente.
- Il faut que tu sois en paix avec toi-même, Ayona, pour revenir à la vie. Et ce n'est pas le cas maintenant, je le ressens.
- Tu sais pourquoi je suis dans cet état ?
- Andrew t'a renversé avec sa voiture volontairement, il voulait priver Lilian de son bonheur avec toi puisqu'il ne pouvait pas le vivre.
- Comment tu peux le savoir maman ? lui demande-je, intriguée et choquée.
- Ayona. soupire-t-elle, désespérée. La vie ne s'arrête pas après la mort, nous vivons juste dans l'invisibilité des mortels, je veille toujours sur toi. D'ailleurs, félicitations pour ton projet de boutique, Lilian est une bonne personne pour toi, il était temps.
Je m'apprête à lui répondre au moment où mes prunelles se posent à travers la vitre, qui sépare le couloir de ma chambre, une chevelure rose dos à nous. J'interroge du regard ma mère qui m'offre un sourire radieux.
- C'est Ashley, elle t'attend, vous avez des choses à vous dire Trésor.
Je commence à me diriger vers la porte de la chambre quand un poids me serre dans la poitrine. Je sursaute en entendant la machine qui contrôle mon rythme cardiaque s'affolait. Ma mère me regarde, les larmes aux yeux, pendant que les hurlements de Lilian transpercent douloureusement l'atmosphère. Les médecins arrivent, quelques secondes, plus tard avec un défibrillateur.
Je m'évanouis subitement quand une décharge électrique se propage dans ma cage thoracique.
VOUS LISEZ
SECONDE CHANCE
Romance« Seul l'amour peut garder quelqu'un vivant. » O.W Dans la charmante ville d'Édimbourg, Ayona Hills emménage dans la maison de sa tante suite au décès de sa mère. Habituée au paysage écossais, elle a passée toutes ses vacances scolaires chez Paola...
