— Allez, debout !
La voix de Milo m'arrache à un sommeil profond. Les soleils ne sont même pas encore levés, et pourtant, il est déjà en pleine forme. La table est dressée, des affaires sont pliées avec soin sur le canapé. Je me frotte les yeux, encore engourdi, mais Milo ne me laisse aucun répit : il me secoue sans ménagement.
— Vite ! Après, quand les soleils taperont trop fort, tu viendras te plaindre de la chaleur.
Il me désigne les vêtements avec un sourire.
— Programme du jour : tu suis le chemin que j'ai balisé avec des fleurs. Tu cours, tu t'arrêtes le moins possible. L'entraînement commence.
Je cligne des yeux, encore un peu sonné. Il ne m'avait pas prévenu... mais malgré la surprise, je ressens une excitation que je n'avais pas éprouvée depuis longtemps. Cela fait une semaine que je passe mes journées à manger, dormir et récupérer. Aujourd'hui, enfin, les choses sérieuses commencent.
Je me lève et pars m'habiller dans la salle de bain. Le short et le t-shirt laissés sur le rebord du lavabo sont faits d'une matière étrange. Enfilés, ils sont si légers que j'ai presque l'impression de ne rien porter. Peut-être est-ce fait exprès.
Lorsque je rejoins Milo sur la terrasse, il m'attend, accroupi, à côté d'une petite créature volante, minuscule, pas plus grande qu'une main. Tous deux tournent la tête vers moi en même temps.
— Prêt ?
J'acquiesce. Milo pose ses mains sur une large branche soutenant la maison, et soudain, sous mes yeux ébahis, des petites fleurs roses éclosent en un chemin délicat qui serpente à travers la forêt. C'est la première fois que je le vois utiliser son lense. Les fleurs sont simples, mais elles irradient une beauté discrète, presque irréelle.
Milo se redresse et me lance :
— Tu suis les fleurs. Pas d'embuscade prévue, juste une petite montée sur la fin. Allez, en piste !
Il appuie sur la petite créature qui émet un "couic" strident, et sans réfléchir, je me mets en mouvement.
Je passe le portillon et m'élance. Sous mes pieds, la branche est large, presque comme une route naturelle. Même si nous sommes à près de cent mètres de hauteur, je ne vois pas le sol. Les bosses du bois rendent la course un peu chaotique, mais au moins, je ne risque pas de tomber.
Un virage m'oblige à traverser un rideau de lianes. Mon rythme est bon. L'air est frais, chargé d'une odeur de sève et de mousse.
Puis, au détour d'un autre virage, la branche se rétrécit. Pas dangereusement, mais assez pour que le vertige me frôle. Heureusement, des cordes bordent les côtés pour sécuriser le passage.
À travers les arbres, j'entends un grondement. Une cascade. Plus je m'approche, plus le bruit s'intensifie jusqu'à devenir assourdissant. Les fleurs m'amènent droit devant.
Je m'arrête, soufflé.
Devant moi, la cascade se jette du haut des falaises. Des oiseaux rouges et jaunes tournoient dans la brume. Des fleurs aquatiques, énormes, tapissent les rochers humides. L'endroit est irréel, un tableau vivant. Un vent frais chargé d'humidité vient caresser mon visage. Des chants d'oiseaux me parviennent et le bruit de l'eau se mêle parfaitement au vent dans les feuilles des arbres.
Je reste là, hypnotisé, oubliant complètement la course, Milo, tout le reste.
Un éclair de lucidité me traverse : Milo ! Je suis censé m'entraîner ! Qu'est ce qu'il va penser de moi ?
Je reprends ma course précipitamment. Le chemin grimpe soudain, raide et glissant. Mes cuisses brûlent, mes poumons réclament une pause, mais je serre les dents. Une petite montée ? Tu parles.
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Le lense
ParanormalDes mutations génétiques peuvent se produire dans notre corps. Il ne suffit que d'une seule particulière et c'est tout l'organisme qui s'emballe afin d'accueillir une faculté magique extraordinaire: le lense. Apprendre à le manier est vital car un m...
