Chapitre 6

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À 9h, la remplaçante nous annonce que nous pouvons ranger nos affaires. Jules et Thomas sortent en courant pour aller au CDI finir un exposé, Mila aussi est pressée, une amie à elle l'attend. Jonas reste devant la porte pour m'attendre. Mme Picot m'adresse un regard froid.

— Jeune homme, reste s'il te plaît, je dois te parler. Attends ton copain ailleurs, dit-elle d'un ton sec en s'adressant à Jonas.

Jonas fait une moue, mais obéit sans poser de questions et sort. La porte se ferme dans un claquement qui résonne dans la pièce, et l'atmosphère devient lourde. Mme Picot se rapproche lentement de moi, un sourire étrange sur les lèvres.

— Oui ? je demande, ma voix soudainement sèche et tremblante, sans trop savoir pourquoi.

Sans me laisser le temps de réfléchir, elle s'élance d'un geste rapide et m'enroule un foulard épais autour de ma bouche. Une vague de panique m'envahit alors que je tente de me dégager, mais c'est trop tard. Je n'ai pas le temps de crier. Je tente de lutter, mais la panique me paralyse presque. C'est à cet instant que je vois quelque chose d'effrayant : six choses étranges, semblables à des pattes d'araignée, émergent de son dos. L'image me fige sur place, mes jambes deviennent soudainement aussi lourdes que du béton.

Je tente de fuir en courant, mais avant que je puisse faire un seul pas, elle bondit sur moi comme une prédatrice, me rattrapant en un éclair. D'un geste brutal, elle me plaque contre le mur, et je sens une substance visqueuse me maintenir fermement, m'empêchant de bouger. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. L'adrénaline est montée d'un coup, mais mes efforts sont vains. Je suis pris au piège.

Elle se rapproche alors de son sac, en sort une petite boule de la taille d'une balle de tennis. En appuyant sur un bouton, elle la transforme en un cerceau métallique qu'elle fait glisser autour de mon corps. Ma respiration se coupe. À ce moment précis, je me sens totalement impuissant, comme une proie sans défense. Le cerceau serre autour de moi, et une sensation étrange de froid envahit mon corps, comme si un mécanisme invisible était en train de s'activer en moi.

Une fois le cerceau passé, elle me décolle du mur, mais la terreur me paralyse. Je n'ai pas la moindre idée de ce qui se passe. Soudain, une copie exacte de moi-même se matérialise là où le cerceau était. C'est comme si la réalité se distordait devant mes yeux. Le clone se tient là, parfaitement figé, et je ne comprends rien à ce qui m'arrive. Je tente de crier, mais rien ne sort de ma bouche, et la peur me paralyse encore plus.

La femme se tourne vers moi, et d'un geste de la main, elle me colle de nouveau contre le mur. Mais cette fois, elle redevient celle que j'avais rencontrée au début, avec son sourire accueillant, comme si rien ne s'était passé. Les pattes ont disparu. Elle ouvre la porte, et je n'y vois rien de plus. Soudain, j'entends la voix de Jonas, qui me fait frémir.

— C'est bon ? demande-t-il, d'une voix inquiète.

— Oui, répond-elle calmement. Sohan, viens.

Je suis presque prêt à hurler, à me débattre, mais je suis trop effrayé et trop désorienté pour réagir. Un mauvais pressentiment m'envahit. Quelque chose dans cette situation ne colle pas. Je sens une sueur froide sur ma peau, une angoisse qui me serre la gorge.

— Au revoir, dit une voix qui semble être la mienne, mais je n'arrive pas à la reconnaître.

— Au revoir, lance Mme Picot, toujours avec ce ton calme, comme si elle venait de me libérer d'un simple mal de tête.

Je veux fuir, crier, mais je suis totalement paralysé. La copie qui se tient devant la porte, et moi, tout en moi me crie que quelque chose est terriblement faux, mais mes jambes refusent de bouger.

Le lenseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant