Milo se tient devant moi, son regard lourd de curiosité et d'impatience. Tout autour de nous, l'air est vibrant de chaleur, un souffle d'été que même les ombres des arbres n'arrivent pas à apaiser. Les objets sont disposés devant lui avec une précision calculée, comme des instruments mystérieux en attente de leur heure. Ils brillent doucement sous la lumière crue de la journée. Un verre d'eau, une branche taillée à la main, des galets polis, des feuilles vertes qui semblent respirer d'une vie propre. Chacun de ces objets semble avoir son propre pouvoir et leur propre utilité.
Milo prend une profonde inspiration, son expression devient sérieuse. Il se gratte le menton et regarde le sol un instant, comme s'il se préparait lui aussi à ce moment décisif.
— Je vais être direct, annonce-t-il d'une voix posée mais ferme. Nous allons procéder à la première activation de ton lense. C'est un moment crucial, et je le considère comme l'une des étapes les plus déterminantes de l'entraînement. Il va falloir réveiller cette force en toi. Tu es prêt ?
Je hoche la tête, une petite boule d'angoisse se formant dans mon ventre. Un frisson d'anticipation me parcourt. Je n'ai même pas le temps de réfléchir à quoi que ce soit avant qu'il ne me guide.
— Bien sûr. Ne prends pas de détours, j'ai hâte de voir comment ça fonctionne.
Milo sourit légèrement avant de se mettre en position, ses yeux perçant la lumière comme des éclats d'acier. Il me fixe, une lueur d'intensité dans le regard.
— Très bien, alors écoute bien. Ferme les yeux. Calme-toi. Concentre-toi sur tes sens. Sur ton souffle d'abord. Inspire lentement... plus lentement... Maintenant, ressens l'air autour de toi. Il est chaud en sortant, frais en entrant. Sens le contact du sol sous tes pieds, chaque grain de sable, chaque racine, chaque fibre qui te soutient.
Je ferme les yeux, mon souffle se fait plus lent. L'air entre et sort de mes poumons comme une caresse chaude. Je laisse la chaleur m'envahir, un parfum d'herbes et de bois flottant dans l'atmosphère. Je me sens ancré dans le sol, comme une partie de cet endroit qui vibre de vie. Tout mon corps se calme à mesure que je respire, mon cœur ralentit.
— Continue à respirer calmement, souffle Milo. Pose ta main sur ton cœur. Ressens-le battre. Ressens chaque pulsation. Respire profondément... Sois en paix avec toi-même. Maintenant, pense à ce moment où ton lense s'est déclenché pour la première fois. Repasse-le dans ta tête encore et encore, chaque détail, chaque sensation. Concentre-toi sur tes doigts. Dis-moi, que ressens-tu ?
Je fronce les sourcils, cherchant à comprendre. Petit à petit, une sensation de chaleur commence à émaner de mes doigts. Je me concentre, encore plus intensément.
— Ça... ça pulse. Comme un léger picotement, une douleur sourde qui s'intensifie... Qu'est-ce que... ?
— Ne panique pas. Concentre-toi. C'est la première activation c'est normal. Respire encore. Tu vas gérer. Maintenant, rapproche-toi des objets. Touchez-les un à un. Fais-le sans réfléchir, laisse tes mains guider ton esprit.
Je regarde mes doigts. Ils semblent émettre une faible lueur violette, comme un halo qui danse doucement autour de moi. Je tends une main, hésitant. J'effleure un galet. Rien. Un peu plus tard, je touche la branche, mais toujours rien. Mes yeux cherchent ceux de Milo. Il me sourit doucement, me faisant signe de continuer. Je ressens l'air autour de moi, je laisse mes sens m'envahir. Un frisson d'excitation me traverse. Je touche chaque objet, un par un, comme s'ils pouvaient tous être la clé du mystère.
Une fois tous les objets touchés, je fais un pas en arrière et attends, une angoisse grandissante dans la poitrine. Mon cœur bat de plus en plus vite. Je regarde Milo, qui reste silencieux, mais son regard est intensément fixé sur moi. Il ne montre aucune émotion, et ça m'effraie. Peu à peu, un sourire s'étire sur ses lèvres.
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Le lense
ParanormalDes mutations génétiques peuvent se produire dans notre corps. Il ne suffit que d'une seule particulière et c'est tout l'organisme qui s'emballe afin d'accueillir une faculté magique extraordinaire: le lense. Apprendre à le manier est vital car un m...
