Je reste muet devant cette révélation qui me paraît irréelle. Milo... le sixième meilleur combattant de tout un pays ?
Impossible.
Ça ne colle pas avec tout ce que je vois de lui : son allure un peu négligée, son air détaché, sa façon nonchalante de vivre. Il me fixe calmement, un petit sourire en coin, presque moqueur, puis il se détourne et reprend sa marche tranquille sur le sentier, comme si de rien n'était.
Je reste figé quelques secondes, incapable de savoir ce que je dois ressentir. De la fierté, parce que c'est lui qui m'a pris sous son aile ? Ou bien de la peur, car je côtoie au quotidien quelqu'un d'aussi dangereux sans même m'en rendre compte ?
Je me rends compte que mes poings sont légèrement serrés. Pourtant, depuis notre rencontre, il était déjà Top 6.
Rien n'a changé.
C'est la même personne.
Je me ressaisis et le rattrape d'un pas rapide, le silence s'installant de nouveau entre nous. Un silence ni gênant, ni confortable. Plutôt... flottant, suspendu. Peut-être qu'il sait, lui aussi, que sa carrure ne laisse en rien présager d'une telle puissance. Et pourtant... l'image me revient, comme un flash brutal : son geste précis et rapide pour me sauver du monstre, comme si c'était une simple formalité.
Je finis par oser rompre le silence :
— Alors... tu travailles vraiment au CDL ?
Il tourne légèrement la tête vers moi, un rictus au coin des lèvres.
— Ce n'est pas exactement ça, répond-il d'un ton léger. Ce n'était pas le CDL. Tu étais sous ma responsabilité, donc je t'ai emmené directement aux bureaux de La Parma. C'est eux qui ont pris le relais.
Je fronce les sourcils.
— Mais... si tu as un bureau là-bas, pourquoi on est passés par toute cette galère de sécurité ?
Milo rigole doucement, un rire rauque et bref.
— Parce qu'ici, il existe des pouvoirs de métamorphose, d'illusion, de copie... Personne ne peut vraiment être sûr de la personne qu'il voit en face de lui.
Il marque une pause avant d'ajouter, l'air presque complice :
— Si j'avais voulu, on aurait pu passer en force. Tabasser les gardes, passer par-dessus les barrières... mais bon, ce n'est pas vraiment recommandé.
— Ah ouais... logique... murmuré-je, un peu honteux de ma question.
J'avance encore quelques pas à ses côtés avant de risquer une autre question, plus basse :
— Et... donc tu sais bien te battre ?
Il hausse les épaules avec indifférence, comme si la réponse n'avait aucune importance.
— Il paraît, ouais.
Puis, soudainement, il s'anime :
— Bon allez, on se dépêche ! La nuit tombe, et j'ai faim !
Il se met à courir, d'abord tranquillement, puis de plus en plus vite. J'essaie de suivre, mais très vite mes jambes protestent. La fatigue accumulée et l'humidité du crépuscule me ralentissent considérablement.
Ici, la nuit ne tombe pas comme sur Terre.
Elle s'effondre.
Le ciel se gorge de noirceur en quelques instants, comme si quelqu'un avait soufflé sur la lumière. Tout autour, les arbres, les pierres, même les sentiers disparaissent dans une obscurité épaisse.
Je ralentis malgré moi. Mes jambes flanchent légèrement sous l'effort.
Soudain, je sens une poigne ferme m'agripper.
— T'es vraiment pas endurant, toi, grogne Milo en riant.
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Le lense
ParanormaleDes mutations génétiques peuvent se produire dans notre corps. Il ne suffit que d'une seule particulière et c'est tout l'organisme qui s'emballe afin d'accueillir une faculté magique extraordinaire: le lense. Apprendre à le manier est vital car un m...
