Premiers mots

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    Mon coeur battait la chamade, j'étais essoufflée devant elle, devant l'angoisse d'aller lui parler, ou même de lui sourire. Mais, elle me poussa vers mon courage en posant le plus doux des regards vers moi. Elle avait l'air d'un ange.
"Mademoiselle, tout va bien ?  murmurai-je en tremblant.
-Euh, je cherche la mairie... me confia une voix mal assurée.
-Je suis désolée, mais vous en êtes loin. Il faut marcher encore trois kilomètres pour l'atteindre.
-Est-ce que... Est-ce que vous... auriez le temps de m'emmener ?
-Je... Oui, bien sûr."
  Je lui souriais, souhaitant la rassurer, l'etreindre, la bercer du regard. Elle avait une voix magnifique, presque grave, un peu rauque, mais infiniment féminine. Je lui balbutiai de me suivre, attrapant mon sac à dos d'une main, lui indiquant la direction de l'autre. Elle me sourit.
"Vous... Je m'appelle Louisa. Je suis ici parce que je suis née là. Je recherche des informations sur ma naissance.
-Oh... Moi, c'est... Violette..."
   Malgré le climat de confiance qu'avait installé la jeune femme en prenant la parole, je ne me sentais toujours pas à l'aise, j'étais effrayée par le sentiment qu'elle m'inspirait. Je tremblait plus encore sous ses mots presque chaleureux. J'avais honte de me sentir perdue alors que c'était elle qui avait besoin d'être guidée.
"Violette ? Ce n'est pas courant. Tu... Pardon, vous êtes de la région ?
-Vous... pouvez me tutoyer si vous voulez... Je... Oui, je suis née et j'ai grandi... dans cette ville... Il faut tourner par là..."
   Je lui indiquai la direction en la prenant moi même. Son pas était de plus en plus lent. Je crois qu'elle se fatiguait. Et moi, je m'essouflait.
Je me sentie obligée de m'arrêter quelques secondes. Le dos courbé, les mains sur les genoux, je m'en voulais de lui montrer ma faiblesse, de ne pouvoir mieux l'aider qu'en étant moi.
"Tu veux qu'on fasse une pause ? Me demanda mon accompagnatrice d'un ton inquiété.
-Je... Oui... S'il vous plaît..."
    Louisa posa alors sa main sur mon épaule, comme pour me soutenir. La chaleur de sa main me fit sursauter. Un frisson parcouru tout mon corps.

Elle... Et Moi ?Où les histoires vivent. Découvrez maintenant