Un homme marchait dans la forêt. Un homme inconnu mais qui ne savais rien. Il marchait paisiblement entre les arbres, profitant de la fraicheur de la nuit qui disparaissait peu à peu avec le soleil. Il était heureux, et paisible. Il regardait les animaux gambader au-dessus des racines, des cerfs, des lapins, des écureuils... Il savourait ce moment. Soudain, il sentit une odeur désagréable, une odeur âcre. Il avait beau essayait de regarder au loin, il ne voyait rien ; seulement des arbres. Cette odeur l'opressait, et ce monde si calme il y a quelques minutes était devenu un monde horrible : l'odeur était nauséabonde, l'air lourd et le froid trop prenant. Cependant, cet homme était très curieux, et il voulut absolument savoir d'où provenait cette atmosphère. Il continua son chemin droit devant lui, suivant cette odeur qui se montrait de plus en plus persistante. Enfin, il arriva sur une clairière ; ce qu'il aperçut defia toute son imagination.
Devant lui s'étendait une très grande clairière. un bruit; le cri de la mort.
La clairière était une grande étendue de cendres, qui par endroits étaient encore rougeoyantes; cela signifiait que ce désastre ne s'était pas passé il y a longtemps. Des cadavres de tentes épars étaient tombés sur le sol gris, et du sang se laissait apparaitre sur des rochers ou des restes de tentes. L'homme se risqua dans cet endroit cauchemardesque, horrifié chaque instants plus encore de ce qu'il voyait. Une bataille avait eu lieu. Mais où étaient les corps ? L'homme s'avançait vers le centre de la clairière, soulevant à chacun de ses pas des tonnes de cendres qui s'envolaient. Il cherchait de ses yeux des traces humaines, mortes ou vivantes. Mais où étaient les corps ? Soudain, il aperçut derrière une masse de débris un énorme trou, un trou creusé à la main. Il enjamba un reste de tente et regarda le contenu du trou. A la vue de sa quête, il faillit défaillir : des centaines de cadavres étaient entassés les uns sur les autres, tous rougis par le sang coulé et les blessures béantes. Des centaines de corps de citoyens qui étaient déchirés et meurtris.
Tout était calme, pas un seul bruit ne se faisait entendre. L'homme seul avait entendu un bruit; le cri de la mort.
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Dans le vaste château du sorcier, des tintements de fer se faisaient entendre. Aucun autre son à part des râles n'était distinguable. Seuls les chaines qui attachaient Drinn et ses amis pouvaient être entendus dans ce monde silencieux.
Drinn et quelques hommes étaient escortés vers la salle du trône. Ils se laissaient faire, car une vingtaine de gardes les encerclaient sur leur chemin ; ils ne pouvaient donc pas les attaquer pour fuir. Cependant, Drinn guettait le moment parfait, une brèche dans la garde pour tenter de s'échapper ; mais elle ne vint jamais. Ils arrivèrent au bout d'un long moment à marcher dans un dédale de couloirs dans la salle du trône. Drinn, sur le coup, ne la reconnut pas : le marbre blanc et les étendards dorés et argentés avaient laissé place à de la pierre sombre, presque noire avec des rideaux bouchant la plupart des immense fenêtres. Ils étaient comme dans une grotte. Tous les prisonniers furent lourdement jetés au sol, puis laissés à l'abandon par les gardes. Ils étaient maintenant seuls. Ils restèrent pendant un long moment couchés ou accroupis sur le marbre noir, guettant chacun des mouvements suspects du moindre objet ; puis quand passa une dizaine de minutes, ils se décidèrent à se lever. Ils allèrent se diriger vers la grande porte quand une voix retentit.
« Vous me quittez déjà ? »
Tous les hommes se levèrent et se mirent en posture de défense, prêts à attaquer. Drinn, lui, restaient agenouillé, à moitié choqué par ce bref filet de voix. Il lui semblait connaitre cette voix, mais autrefois, elle était plus douce, plus calme, plus chaleureuse. Le bruit qu'il venait d'entendre était froide, sans aucune émotion. Il fut d'autant plus troublé quand il vit sa sœur apparaitre dans la lumière. Elle était presque méconnaissable : ses cheveux étaient plus sombre et plus rèche, sa robe qui était autrefois souvent coloré et sofistiquée était confectionné avec du tissus noir et simple et son visage était creusé, ridé, déformé par la colère et le pouvoir. Tous les soldats frémirent. Drinn était abattu.
« Eh bien, grand frère ? N'es-tu pas content de me voir ? »
Drinn ne répondit pas, trop submergé par ses pensées. Devant ce silence, Alda se rapprocha de lui pendant que les autres hommes reculaient vers le fond de la salle. Elle s'agenouilla devant lui, lui prit le visage avec une main et lui dit :
« Qu'as-tu ? La séparation avec ta fratrie t'a ramolli à ce que je voie. A moins que ce soit la fréquentation de cette fille. Heureusement que tu es revenu ; je vais enfin pouvoir m'occuper de toi.
- Tu... tu as changé...
- Ah ? Tu as remarqué ? Oui, je semble plus épanouie, plus resplendissante depuis que je m'occupe de ce royaume.
- Tu... es aussi plus laide. Le pouvoir te métamorphose en quelque chose de mal. »
A ces mots, Alda grimaça et se leva. Il épousseta sa robe puis se racla la gorge.
« Tu me trouves plus laide ? Penses-tu à un seul moment que tu viens de dire cela à ta sœur cadette ? Je vais te faire changer d'avis, Drinn ! Samaris galinoa ! »
Le ton méprisant laissa place à des éclairs sortis des mains d'Alda. Ils touchèrent le thorax de Drinn qui se trouva projeté en arrière, sur ses hommes. Presque tous tombèrent sous le poids de leur chef. Alda, quant à elle, restait debout, avec une expression calme qui était étrange dans cette situation.
« Alors ? As-tu changé d'avis ? »
Drinn se leva avec beaucoup de mal ; ses os avaient dû se casser avec le choc. Une fois face à se sœur, un seul mot sortit de sa bouche.
« Pourquoi ?
- Que veux-tu savoir, mon cher frère ?
- Pourquoi fais-tu tout ça, Alda ? Pourquoi as-tu attaqué notre camp et réduit en cendres tout ce que nous avions construit ? Pourquoi gères-tu ce royaume, que dis-je, cette dictature de la sorte ? Tu peux faire tellement mieux, et tu le sais. C'est toi qui, quand nous étions enfants, parlait de paix et d'un monde utopiste ! Que s'est-il passé pour que tu changes à ce point ? »
Alda ne parut pas surprise par tant de questions. Elle se contenta de regarder ses ongles puis de dire en regardant son frère :
« Tu veux savoir ? Depuis toute petite, je suis bercée par un désir de fierté. Il n'y en avait que pour le roi, sa femme et sa fille, Adana. Pendant un temps il est vrai, j'ai rêvé de paix. Mais c'était seulement pour que je sois appréciée du roi notre frère. Puis soudainement Malvor a prit le pouvoir, et je l'ai suivi. Encore une fois, je voulais qu'il ne se sente pas seul dans sa démarche. Lui voulait gouverner par la force ; alors je me suis mise à penser comme lui. Un jour, tu es partie pour cette fille déchue et tu as monté un groupe de résistant contre tes frères et sœurs ! Malvor l'a très mal pris et était devenu fou : il voulait te tuer ! J'ai cependant réussi à le calmer, et il voulait ensuite que tu reviennes. Il a élaboré des sorts pour te téléporter au château mais une fois un sort établi, il a disparu, envolé. Il me donne des nouvelles, c'est vrai, mais je ne savais pas à un certain moment comment me comporter. Comme je veux qu'à son retour, le royaume soit comme Malvor l'avait laissé, j'ai continué à gouverner comme il le faisait ; et cela m'a épanoui : je sais maitriser mes pouvoirs, tuer des gens et surtout, gouverner. Je veux que mon frère soit fier de moi et qu'il se dise « je peux être chanceux d'avoir une sœur comme ça ».
Drinn, en pleurs, n'osait pas la couper. Cette histoire, il la connaissait mais il y avait tant d'autres chemins que la guerre et le sang. Lui était aussi son frère et pourtant, jamais il ne dirait cela de sa sœur. Elle était devenue mauvaise.
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Bonjour bonjour !
Je m'excuse pour ce silence ce week-end ; je n'ai pas trouvé le temps d'écrire avant hier...
j'espère que ce chapitre vous ravira (ou pas, c'est assez sombre). Moi, en tout cas, je continue mon histoire et je vous dis "à ce week-end !"
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Le conte des héros
Fantasy"Un conte n'est pas fait pour endormir un enfant mais pour éveiller un homme." Léo, un jeune homme timide et lâche, se retrouve amnésique dans un monde merveilleux et inconnu. Il va vivre des aventures incroyables remplies de magies et va tenter de...