« Nous y sommes, s'écria Alda ! »
Les trois personnages se trouvaient au centre de ce qu'il semblait être un ancien temple. Les pierres étaient disposées en cercle, rejoints à la vasque centrale par des lignes de dalles grises. La vasque était d'une simplicité déconcertante : il ne s'agissait seulement que d'une pierre creusée sur le dessus. Tout autour d'eux s'étendaient à perte de vue des troncs rêches supportant des épines d'un vert impérial.
Sans tarder, Alda s'affaira aux différents préparatifs requis pour ramener son frère : elle commença par poser une veste noire dans la grande vasque. Ensuite, elle prit une bourse de cuir : elle en sortit une poudre noire aux reflets bleutés.
« Tu vas voir, ce qu'elle s'apprête à faire est d'une beauté remarquable, dit Drinn à l'oreille de Léo. C'est ce qu'on appelle le sort de l'étoile de Maiana. »
En effet, le sort qu'Alda allait faire était un des plus beaux qu'il n'ait jamais existé. Le silence tomba d'un seul coup, le vent aussi. Alda souffla, inspira, et commença : elle lança dans les airs la poudre qu'elle tenait dans les mains, ce qui forma un nuage bleuté. Ensuite, du bout de ses doigts, elle dessina des formes devant elle, dans le vide. Alors, au fur et à mesure de ces mouvements gracieux, la poudre forma des dessins, similaires. Elle s'agglutinait, formant peu à peu une sorte de soleil où s'entremêlaient des signes compliqués. Au centre, un mot était écrit dans un alphabet inconnu, sans doute très ancien. Alda, les yeux fermaient, faisait aller et venir ses doigts devant elle, comme un chef d'orchestre. Soudain, elle s'arrêta ; l'étoile était complète. Alors, elle leva les bras vers le ciel, et son œuvre fut projetée dans les cieux, au-dessus de leur tête. Alda baissa ses bras, et son dessin la suivit. Il se calqua alors au sol, épousant parfaitement la forme du temple. Alda, quoi semblait épuisée, tendit une main vers Léo.
« A toi, maintenant. »
Léo s'avança à travers l'étoile, en faisant attention à ne pas faire envoler la poussière. Il s'arrêta près de la vasque, où Alda l'attendait, un poignard mystérieusement apparu dans ses mains. Après un sourire encourageant échangé, Léo tendit son bras au-dessus du récipient. Il ne vit pas la blessure arriver, ni saigner : en quelques secondes à peine, Alda coupa au niveau du poignet d'un geste sec, laissa à peine cinq gouttes tomber et cicatrisa aussitôt d'un passage de la main. Léo n'eut pas le temps de sentir la douleur. Une fois ceci fait, il se recula jusqu'à l'extérieur du cercle de dolmen, où l'attendait Drinn.
« Le cycle magique est complet, dit enfin Alda. D'après ses lettres, quand le soleil se couchera, son âme reviendra. Il ne reste plus que quelques instants... »
En effet, le soleil laissa apercevoir ses derniers rayons, comme hésitant à plonger dans les ténèbres ce monde. Plusieurs minutes passèrent où l'astre s'attachait encore à ce lieu, puis vint le moment de la faille : comme poussé, il tomba alors de l'autre coté de la terre.
L'étoile de Maiana se mit à briller d'une douce lumière blanche. La vasque produisit une fumée de même couleur qui bientôt recouvrit le sol. Drinn était intrigué ; Alda souriait ; Léo était émerveillé. Le jeune homme s'attendait à voir apparaitre tout près d'eux un homme, aussi beau qu'intelligent, comme l'avait décrit Alda. Il s'attendait à voir des pleurs, des rires, comme à chaque belle retrouvaille. Mais rien ne vint. Rien ne se passa. Aucune apparition ou évènement, même des moindres.
Les trois personnages attendirent longtemps, très longtemps. Si bien qu'ils finirent par apercevoir l'aube se dessiner. Alda, restée pendant tout ce temps près de la vasque, finit par désespérer. Ce fut Drinn qui vint la chercher.
« Alda, il n'est pas venu. Ce n'était peut-être pas le moment...
- Quel sibore* ! Comment ose t-il me faire ça à moi, la seule personne qui l'ai vraiment aimé ! »
Drinn recula, comme s'il était apeuré par sa sœur. Il rejoignit Léo, lui adressant au passage un regard anxieux. Pendant ce temps, Alda se bouchait les oreilles, comme pour faire taire une voix. Elle criait sans cesse le nom de son frère Malvor, de plus en plus fort. Soudain, elle se tourna. Léo eut un frisson : Alda avait les traits déformés par la colère, les traits creusés ou distordus. Ses yeux étaient grand ouverts, ses membres tendus. Elle s'avança d'un pas rapide et lourd vers les deux hommes, qui reculèrent d'un pas, de peur d'être la victime de cet ouragan de désespoir. Elle fit par choisir Léo, en le prenant par sa veste. De l'autre main, pointée vers sa tête, elle commençait à créer un sort, qui sans doute pouvait le tuer à chaque instant. Quand elle parla, sa voix était déformée, enraillée et plus grave.
« Toi ! C'est ta faute si mon frère n'est pas revenu ! Tu as saboté mon sort !
- Comment ? fit Léo, un peu surpris par une telle accusation.
- Tu as très bien entendu ! Qu'as-tu fait ? Tu as défait l'étoile de Maiana ? Peut-être n'es-tu pas qui tu prétend être ...
- Ca suffit maintenant, Adana ! »
La voix de Drinn avait retenti comme une explosion. Personne ne s'y attendait ; mais elle eut un effet sur Alda : elle lâcha Léo, défit le sort dans sa main et se recula. Cependant, elle garda cette expression de colère et ce regard haineux envers Léo.
« Arrête, Alda, continua t-il. Il n'y est pour rien. Malvor est coincé dans un monde étrange et dangereux, certes. Mais ne mets pas cela sur le compte des autres. Il y a forcément une raison qui vaille la peine de cet échec. Léo a eu la gentillesse de vouloir t'aider ! Remercie-le au lieu de vociférer ! Même si le sort n'a pas marché. »
Alda se calma instantanément. Son visage se radoucit, au point de devenir rouge de honte. Elle fit perdre son regard vers le sol, cherchant par tous les moyens à ne pas regarder les deux hommes en face d'elle. Un moment passa, dans un gène absolu. Finalement impatienté, Drinn toussa pour accélérer les choses. Alors, un peu confuse, Alda formula des excuses :
« Hum... je suis désolée, Léo... J'espérais tellement que le sort marche que j'ai été aveuglée par ma propre colère. Acceptes-tu mes excuses ? »
Léo, encore un peu haletant par le geste d'Alda, dessina un léger sourire.
« Bien sur ! Je pense que c'est normal de réagir comme cela, mais tâche d'être moins agressive la prochaine fois ! »
Finalement, les deux personnages rirent ensemble, contents de s'être pardonné. Ils prirent ensuite le chemin du retour, par le même moyen que l'aller. Arrivés au château, chacun partit dans sa chambre respective, allant faire leurs activités. Une fois sa porte fermée, Alda souffla. Elle s'approcha de la fenêtre, regardant de loin les prisons du château, encore en ruine. Ses traits se transformèrent alors, pour prendre le même visage fermé et colérique du temple ancien. Elle redevint le monstre qu'elle était encore quelques instants avant. Soudain, comme éprise par une rage soudaine, elle frappa le mur de son point.
« Tu ne paye rien pour attendre, sale petite vermine. Tu as détruit mon sort, empêché de faire revenir mon frère et tu m'as brisée... Tu croyais que j'allais te pardonner ? Quelle erreur ! Je vais te faire souffrir comme tu n'en auras jamais pris conscience, Léo ! Oh oui, je vais être méchante ! »
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Bonjour bonjour !
Après une longue absence sur Wattpad, je reviens en tant que père noël sur mon histoire ! OhOhOh, aujourd'hui, vous aurez ... eh oui, deux chapitres (dont le deuxième particulièrement long) ! Alors, je sais que nous ne sommes plus noël, ni le nouvel an, mais il faut faire durer les fêtes ! hihihi
Nouveaux chapitres, qui précèdent un nouveau le week-end dans deux semaines !
Bon, je vous laisse avec un autre chapitre, j'espère que vous apprécierez ! Raph'
(je suis conscient que c'est horrible...)
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Le conte des héros
Fantasia"Un conte n'est pas fait pour endormir un enfant mais pour éveiller un homme." Léo, un jeune homme timide et lâche, se retrouve amnésique dans un monde merveilleux et inconnu. Il va vivre des aventures incroyables remplies de magies et va tenter de...