34 - Hauts et Bas. Eau et balles

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Point de vue de Kayden

Je trouve enfin ma place sur le lit de ma chambre. Le matelas douillé absorbe mon corps et, en même temps, ma fatigue ; comme une immense passoire, laissant couler la colère pour garder le calme bien au fond de mon épiderme. Je ne serais pas surpris de voir mon jus de rage d'aujourd'hui sous mon lit.

Cette journée a été plus calme que d'habitude, mais elle n'a été qu'une tornade et des montagnes russes de sensations fortes. Je n'oublierai jamais le sourire victorieux qu'adoptait Hazar durant toute notre discussion, aussi fière qu'un paon en costume brodé d'or durant la fête des paons. J'ai dû redoubler d'effort pour ne pas enfoncer mon poing dans cette bouche pulpeuse et moqueuse.

Néanmoins, aussi bizarre que ça puisse paraitre, elle n'a pas été rancunière. Quatre mots ont suffi pour me couper la parole alors que je récitais mon discours d'excuse que j'ai préparé quelques minutes à l'avance. « Ca va... c'est oublié » m'a-t-elle coupé en regardant ailleurs, indifféremment. Je ne me suis pas fait prier deux fois, et je n'ai pas insisté.

La pluie de la matinée fait son comeback en force maintenant, à deux heures du matin. Je sens la puissance de chaque goutte d'eau frapper les vitres de la fenêtre de ma chambre. La tempête à l'extérieur m'apaise, je sens que la colère et la rage sont logées dans ce temps de chien, loin de moi qui suis bien à l'abri dans ma chambre chauffée.

 La tempête à l'extérieur m'apaise, je sens que la colère et la rage sont logées dans ce temps de chien, loin de moi qui suis bien à l'abri dans ma chambre chauffée

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Un bruit strident éveille mes sens presque endormis. Je me redresse sur mon lit, mon réflexe me débarrassant de ma couverture qui me tenait chaud jusque-là. Mon sang bouillonne alors que j'observe les fenêtres de ma chambre être ravagées par des centaines de balles frappant cette surface devenue aussi trouée qu'un gruyère. Je remarque maintenant que le verre anti-balle n'est pas du tout efficace devant des centaines de balles visant celui-ci.

Je me lève à toute vitesse de mon lit, me dirigeant rapidement vers une surface où je serais en sécurité. Les morceaux de verre éparpillés un peu partout sur le sol deviennent plus dangereux que les balles qui arrivent enfin à entrer dans ma chambre privée, éveillant la colère dont je m'étais débarrassé il y a quelques minutes. Le mur portant la fenêtre bombardée de balles semble ma seule issue, mon dos droitement collé à cette surface lisse, j'essaye de jeter un coup d'œil à l'extérieur en vain. Si je regarde encore un peu, je pourrais visiblement me prendre cinq ou six balles dans l'œil !

C'est le bordel...

Point de vue de Hazar

C'est le bordel...

La base est ravagée de tous les côtés par une pluie de balles. Comparée à elle, la tempête de pluie liquide devient absolument insignifiante. J'ai été entrainée pour ça depuis des années. Je sais exactement ce que j'ai à faire sans même perdre du temps à aller voir Jonigan ou un autre responsable.

J'ouvre mon placard d'arme, mais - cette fois - aucun sourire n'étire mes lèvres, juste une grimace qui montre que le pire est à venir. C'est surprenant comment de simples mouvements corporels peuvent deviner ce que tu penses ou ce que tu attends plus rapidement que ton propre cerveau. Je prends deux fois plus d'armes que d'habitude, c'est peut-être l'adrénaline et mon amour pour ces objets meurtriers, ou peut-être le fait que j'attende un cauchemar et que j'estime que plus je suis armée plus j'ai des chances de réussir. Bref, les causes sont insignifiantes maintenant.

BraveryOù les histoires vivent. Découvrez maintenant