Ecrit le 10 janvier 2017, dans Madmoizelle.
"Ce témoignage est écrit sous le signe de la honte. De la honte qui me prend le cœur, me noue l’estomac et me donne envie de fuir.
Plus que fuir, des fois j’ai envie de détruire mon corps car il me fait honte. Ce corps que maintenant je déteste, à cause d’elle.
Mais avant de parler d’«elle», il faut que vous explique la situation, aussi douloureux que cela puisse être.
Une soirée et une rencontre
C’était en 2010. Je sortais du lycée, encore tout jeune, tout confiant et surtout un peu innocent. Oui, c’est un peu cliché de dire innocent, mais c’était le cas.
Je faisais confiance à tout le monde, filles et garçons, sans méfiance aucune. J’étais de nature distante mais quand je me sentais à l’aise, je pouvais facilement m’abandonner à mes potes, et surtout aux filles.
Alors quand je suis entré en hypokhâgne (première année de prépa littéraire), je me suis tout de suite épanoui. C’était une promo sympa, avec des cours intéressants et une stimulation importante — de quoi être encore plus en confiance.
En novembre, une semaine avant mon anniversaire, une amie m’a proposé de l’accompagner à une soirée. J’y suis allé, sans hésiter. Je me suis montré assez à l’aise, même si je ne connaissais pas grand monde; à vrai dire je ne connaissais que ma pote.
J’ai enchaîné les verres en discutant, jusqu’au moment où une fille est venue me parler.
Elle m’a lancé un classique: «Tu bois quoi ?». Je lui ai répondu, un peu froidement. Ensuite, volubile, elle s’est mise à m’asséner des questions sur ce que je faisais, qui je connaissais ici, sur ma vie plus généralement.
Malgré mon peu d’entrain initial, je me suis vite senti à l’aise.
Après tout, elle était pas mal cette fille. Vraiment pas mal. Elle sortait du lot. Très jolie, bien fringuée et une confiance en elle qui débordait, et qui, je dois dire, m’a impressionné.
On s’est assis sur le canapé. La musique était forte donc on parlait fort, je m’entendais mal, et au bout de quelques instants j’ai commencé à avoir mal au crâne et le coeur soulevé par l’alcool.
J’ai également commencé à subir la discussion. J’ai remarqué qu’elle papillonnait des yeux, et je me suis dit que c’était un sacré cliché. Je suis vite devenu passif, et je me suis montré complètement ailleurs.
Je sais pas ce qu’il s’est passé dans sa tête, mais franchement je ne donnais pas l’impression d’être intéressé.
Quand l’impensable se produit
Pourtant après un bon quart d’heure de discussion difficile, elle s’est levée et m’a demandé de la suivre. Sans raison, je me suis exécuté. Je me demande encore pourquoi… Elle m’a emmené dans une chambre.
Tout de suite elle a posé ses bras sur mes épaules. J’ai haussé les sourcils. C’est à ce geste, pourtant pas équivoque de ma part, qu’elle s’est baissée. Elle s’est mise à genoux, a ôté ma ceinture.
J’ai clairement dit: «Non non, j’ai pas envie, non». Elle a immédiatement baissé mon pantalon, puis mon caleçon.
Prostré, pétrifié, je ne disais plus rien. Immobilisé, j’étais capable de rien. Elle a mis mon sexe dans sa bouche. Le choc s’est intensifié, et je n’arrivais plus à exprimer quoi que ce soit.
Mais quelle folie m’a amené à ne plus pouvoir parler ? Je me sens tellement honteux de mon incapacité à dire quelque chose, je m’en veux tellement. Cinq ans après, j’y pense tous les jours.
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Les sujets tabous
RandomCe que j'aime ? Le mystère. Ce qui m'insupporte ? Ne pas avoir de réponses. Le but de ce recueil ? Que les sujets tabous soient dévoilés. Qu'espères-tu ? Que les gens puissent apprendre de nouvelles choses et aussi faire tourner les informations hah...
